Scream... and Die
Genre: Giallo , Thriller
Année: 1973
Pays d'origine: Angleterre
Réalisateur: José Ramon Larraz
Casting:
Andrea Allan, Karl Lanchbury, Maggie Walker, Peter Forbes-Robertson, Judy Matheson, Annabella Wood, Alex Leppard...
Aka: Psycho Sex Fiend / The House that Vanished
 

Valérie Jennings est une très belle fille qui tente de faire carrière dans le mannequinat. Résidant dans un quartier de Londres, elle prépare un press-book avec l'aide de Kent, un photographe de mode qui en pince pour elle, même s'il se garde bien de lui dire. Tout juste essaie-t-il de la convaincre de faire des photos de nu, ce qu'elle refuse obstinément. Dans le privé, Valérie fréquente une petite frappe du nom de Terry. Le voyou a été tuyauté sur une maison isolée dans des bois à la sortie de la capitale. Le but consiste à pénétrer dans la bicoque et faire main basse sur des objets précieux, ce qui ne devrait pas poser de problème dans la mesure où la demeure n'est pas habitée.
Un soir, Terry et Valerie se rendent donc sur les lieux. Ils y parviennent avec difficulté à cause d'un épais brouillard. Une fois dans la maison, la déception est grande, car les objets de valeur censés s'y trouver ne sont pas là.
Alors qu'il s'apprête à partir, le couple entend le bruit d'un moteur de voiture. Quelqu'un vient. Une femme aux allures de prostituée accompagnée d'un homme dont on ne voit pas le visage font irruption dans la chambre où Valérie et Terry se sont cachés. Seule la fille parle. Les deux personnes paraissent se connaître depuis un bon moment, mais l'homme, vêtu de noir et ganté, reste silencieux, se contentant de fumer une cigarette. Sa partenaire se déshabille, s'assoit sur les cuisses du type, face à lui, essaie de l'exciter. Soudain, l'homme sort un cran d'arrêt et se met à larder la fille de plusieurs coups de couteau, jusqu'à la mort. Puis, tranquillement, il s'éloigne dans une autre pièce pour nettoyer la lame. Valérie en profite pour s'échapper. Elle parvient à sortir, mais Terry a disparu. La voiture est toujours là, mais elle n'a pas les clés. Son seul recours est de s'enfoncer dans la forêt. Elle sait que le tueur est parti à sa rencontre. Finalement, elle arrive dans un cimetière de voitures et réussit à échapper à l'assassin. Au petit matin, elle retourne à Londres et rentre chez elle. Une fois remise de ses émotions, elle regarde par une fenêtre de son appartement et aperçoit la voiture de Terry garée dans la rue. Mais le cambrioleur ne se manifeste toujours pas, il s'est volatilisé. Dans le véhicule, elle récupère son press-book. A l'intérieur, il manque une photo. Si le tueur l'a récupéré, elle est certainement la prochaine victime...

 


Originaire de Barcelone, José Ramon Larraz s'est exilé en Angleterre à la fin des années 1960. Dessinateur et photographe, l'espagnol est passé ensuite à la réalisation, en 1969 avec "Whirlpool", premier d'une série de quatre thrillers glauques avec "Deviation" (1971), Scream... and Die (1973) et "Symptoms" (1974). De ces quatre films, seul Scream... and Die a connu une distribution en France, en vidéo, et de façon très confidentielle. Par contre, "Whirlpool" (sous-titré "L'Enfer de l'Erotisme", en 1972) et "Symptoms" (en 1976) ont connu une exploitation dans les salles de cinéma françaises. Cela dit, les oeuvres les plus connues du cinéaste restent à ce jour ses films d'horreur à forte connotation érotique, à savoir Vampyres et "Black Candles".
Pour en revenir à Scream... and Die, la première chose qui saute aux yeux dans ce film est son atmosphère troublante. Indéniablement, Larraz sait filmer la campagne anglaise et mettre en valeur sa beauté, ce qui ne fait qu'accentuer le paradoxe eu égard aux événements sordides s'y déroulant. Cette atmosphère, on la retrouvera également dans Massacre des morts vivants de Jorge Grau, lui aussi natif de Barcelone, et de la même génération que Larraz (les deux hommes n'ayant qu'un an de différence). Mais si Grau a tourné un pur film d'horreur, Larraz s'est inspiré fortement du giallo, dont il reprend les principes de base (assassin ganté tuant à l'arme blanche, trauma d'enfance). Les points positifs de Scream... and Die se situent donc au niveau de l'ambiance, accentuée par une musique très discrète, voire même en retrait, afin de créer une certaine tension. En l'absence de musique, l'attention du spectateur se concentre sur les personnages et les décors. C'est habile, car la lumière est belle, la photographie soignée, et les acteurs crédibles. Un casting par ailleurs constitué de personnes peu connues ou presque (tout juste pourra-t-on reconnaître Judy Matheson qui a joué dans Les Sévices de Dracula). Néanmoins, Karl Lanchbury est un habitué du metteur en scène, puisqu'il avait joué précédemment dans "Whirlpool" et "Deviation", et on le reverra ensuite dans Vampyres. Dans Scream... and Die, il incarne Paul, un jeune homme inquiétant qui vit une relation incestueuse avec sa tante. Cela nous vaut d'ailleurs une scène d'amour presque effrayante, où plaisir et souffrance paraissent étroitement mêlés, à l'image des protagonistes.
Le thème de l'inceste avait déjà été abordé par le cinéaste dans "Whirlpool", où Lanchbury incarnait un personnage amoureux de sa mère adoptive.

 

 

S'il n'y a pas grand-chose à redire au scénario (signé Derek Ford, dont l'implication réelle semble douteuse selon certaines sources), la réalisation est malheureusement loin d'être parfaite. A trop avoir voulu installer un climat, Larraz n'a pas su insuffler de rythme, de dynamisme dans le déroulement de l'action. Il en résulte beaucoup trop de longueurs, rarement interrompues par un meurtre ou une scène érotique. Le second point noir, et c'est surtout là que le bât blesse, concerne le nombre de suspects potentiels, incroyablement réduit. En fait, dès la première moitié du film, seules deux personnes peuvent prétendre au statut de coupable, une tendance qui n'évoluera pas jusqu'à la fin. Cela signifie qu'il est assez facile de trouver l'assassin, et de deviner ses motivations. Dommage, parce que Scream... and Die dégage une ambiance inquiétante, et réaliste grâce à l'interprétation parfaitement dans le ton des personnages. On peut regretter aussi de ne pas avoir eu l'occasion de voir plus souvent Andrea Allan dans le cinéma de genre, car sa beauté et son talent naturels y auraient fait merveille.

 

 

Flint
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