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mallox Si ça peut te rassurer Sigtuna, t'es pas le seul à t'être par moments, ou globalement, emmerdé devant. En témoigne ce mail reçu d'un pote à qui je l'ai prêté il y a quelques jours de cela : "J'ai oublié de te mettre le dvd d'Andromède dans la boite !! Alors que je l'ai vu hier soir. Bon, bof bof au final. C'est un peu longuet, pas bcp de rythme et un final très moyen... Bref, un peu chiant en fait. Dommage." ce que je comprends parfaitement, je trouve le film assez mal-aimable dans le sens où il prend un parti-pris très clinique. (A ce titre, même si je comprends ta comparaison avec "L’affaire Thomas Crown", j'aurais plutôt rapproché l'utilisation faite ici du split screen de "L'Étrangleur de Boston", tout de même moins romantique et utilisé par Fleischer avec une froideur plus proche de celle de Wise. Dans le Fleischer, elle servait à épouser la psyché schyzo tourmentée du personnage, ici, elle sert à filmer l'épidémie et son "éradication" de plus plusieurs points de vue différents, ce qui pour une épidémie, me paraît extrêmement judicieux et ne s'arrête pas à un simple effet de mode, ce que le passage à ce sujet dans ta critique, laisse selon moi un peu penser). Je ne suis pas trop d'accord non plus avec les soit-disant grosses ficelles du scénario ; au temps que je me souvienne, le passage où la clé est léguée s'inscrit dans la logique même de l'histoire et ne m'avait pas paru faire pièce rapportée pour aider à une conclusion facile ou expédiée du film (je crois même de mémoire encore une fois, que c'est dans le roman initial de Crichton et que cela fonctionne parfaitement car juste logique). Je trouve aussi que tu vas un peu vite en besogne sur le cas de Michael Crichton cinéaste, lequel a apporté -toujours selon moi- quelque chose non seulement d'inédit dans le cinéma d'anticipation des années 70-80, mais dont les films ne m'ont jamais semblé pourvu d'un traitement si décevant que ta phrase lapidaire le laisse entendre. En plus du fait que de thématiques récurrentes, sa mise en scène n'est pas mauvaise. (Mondwest, Morts suspectes, Looker, sont des films soit, par moments inégaux, mais globalement bien menés, tant et si bien que le temps passant, je trouve qu'ils méritent leur statut de petits classiques - en passant, je préfère de loin "Looker", même au niveau de la mise en scène, que "Matrix" des frères Wachowski. D'ailleurs, tout était déjà dit dans "Looker", et les deux frangins n'ont fait que reprendre le concept du film de Crichton en le pourvoyant d'une réalisation plombée et pseudo novatrice). Sinon, ça semble vous poser un problème à Flint et toi que Robert Wise ne soit qu'un filmmaker et non un auteur. Sa mise en scène est pourtant solide, certains thèmes récurrents (la course à l'armement nucléaire par exemple, un humanisme qui suinte dans ses films sans pour autant en faire des films guimauve), sa mise en scène, malgré l'inégalité de sa filmographie est souvent costaude, efficace, puissante (et ça, c'est pas donné à tout le monde-. Et si elle semble dénuée de style (quand est-il donc par exemple d'un Clint Eastwood aujourd'hui constamment encensé de par son choix de mise en retrait de sa mise en scène au service de ses histoires ou sujets ?), c'est selon moi une très grande qualité. C'est ce qui fait que ses films vieillissent très bien, qu'ils deviennent pour certains, des classiques au fil du temps. Que dire de films comme "Nous avons gagné ce soir" (l'un des plus beaux films noir sur la boxe), de "La canonnière du Yang-Tsé" carrément incompris et conspué à l'époque et pourtant génialement désabusé et désespéré. Le superbe "Coup de l’escalier", etc. Non, à l'instar de Fleischer que justement je citais pour les split screen (qui peut prétendre que Fleischer avait un style immédiatement identifiable ?), Wise était un artisan très doué, qui parvenait même assez souvent à instiller nombre de ses préoccupations sociales ou politiques dans ses films. En cela, il reste -toujours selon moi- un réalisateur personnel (en plus du conteur habile que Flint et toi reconnaissez). Et pour revenir à ce film en particulier, il a aussi l'avantage, en plus d'anticipation, de s'inscrire dans la vague (et même d'être précurseur en ce domaine) du thriller paranoïaque avant ceux de Sydney Pollack et Alan J. Pakula auxquels pourtant on l'attribut. La fin du film, à ce titre, me paraît d'ailleurs très judicieuse...
Commentaire : dim. 25-09-11