[M] [Critique] Sangraal

 
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The Omega Man
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MessagePosté le: Sam Avr 20, 2019 5:34 pm    Sujet du message: [M] [Critique] Sangraal Répondre en citant

Sangraal, l’Épée de Feu

The Sword of the Barbarians
Sangraal, la spada di fuoco
Das Schwert des Barbaren
La espada salvage de Krotar

Origine : Italie
Genre : Aventure / Fantastique
Année : 1982






Réalisation : Michele Massimo Tarantini (alias Michael E. Lemick)
Casting : Pietro Torrisi, Yvonne Fraschetti, Mario Novelli, Xiomara Rodriguez

Scénario : Piero Regnoli
Musique : Franco Campanino
Image : Pasquale Fanetti
Montage : Alessandro Lucidi
Accroche : Sangraal emballe

Distribution :
Peter McCoy (Sangraal), Yvonne Fraschetti (Aki), Hal Yamanouchi (Li Wo Twan), Sabrina Siani (La Déesse), Anthony Freeman (Nanuk), Xiomara Rodriguez (Leni), Margareta Rance (Rani), Lou Kamante (Belam), Massimo Pittarello (Rudak)

Résumé :
Sangraal est le fier roi d'un humble peuple itinérant. Mais sa pacifique tribu est attaquée par une bande de barbares sanguinaires, elle-même aux ordres d'une belliqueuse Déesse. Ayant assisté, prisonnier et impuissant, au massacre de ses gens, Sangraal va tout mettre en œuvre pour se venger et mettre fin aux exactions du chef des crapules qui terrorisent la région...

En 1982, le succès de « Conan le barbare » réanime provisoirement un genre qui avait disparu, c'est-à-dire le péplum, et la résurrection s’accomplit sous l'appellation de "Sword & Sorcery". Soyons honnêtes, les Italiens n'ont pas été les seuls à profiter de cette renaissance inopinée, mais ils sont ceux qui ont le plus nivelé le genre vers le bas. Cependant, l’Heroic Fantasy italienne nous a au moins gratifié d’affiches magnifiques et de Sabrina Siani (« Ator l'Invincible » / « Conquest » / « Gunan, the Warrior » et « Le Retour du Barbare », actrice qui reste encore aujourd’hui l'icône du genre. Si dans ce film sa contribution est limitée, elle est cependant remarquable et remarquée. Habillée comme la reine du disco, elle est censée incarner une déesse version transalpine (c'est à dire qu'elle ressemble à une présentatrice de la RAI) pour une prestation qui rappelle les chorégraphies d’Amanda Lear chanteuse !

L'autre "star" de « Sangraal » n’est autre que Peter McCoy, alias Pietro Torrisi. Culturiste de son état, il est sacré Mister Italie en 1963 et participe à Mister Univers en 1965 (finissant à la cinquième place). Il fait ses débuts au cinéma en 1960 dans le genre péplum avec notamment « Hercule contre les tyrans de Babylone », « Le Triomphe d'Hercule », « Spartacus et les dix gladiateurs », « Les Dix gladiateurs », « Le Géant à la cour de Kublai Khan », avant d’enchaîner tous les genres à la mode comme l'eurospy (« Superargo contre Diabolikus » / « Agent 3S3 : Massacre au soleil » / « Agent 3S3, Passeport pour l'enfer » / « Opération Frère Cadet » / « Bob Flemming Mission Casablanca », « Le Monde Tremble »), le western (« On l'appelle Trinita » / « Bonnes funérailles, amis, Sartana paiera » / « Django et Sartana » / « Les Vengeurs de l'Ave Maria » / « La Horde des salopards » / « Django le bâtard »), et même l'érotisme ( « Emanuelle Nera », « Salon Kitty »).
Bref, durant presque trente ans, avec comme spécialité le fait d’être doublure de cascades et second couteau, il plastronne sous des pseudos aussi divers que variés (Peter Barclay, Fred Huston, Peter McCoy, Piero Torrisi, Peter Thorris, Peter Thorys, Peter Torres). Réputé pour son agilité dans les bagarres, capable de prouesses physiques, ses talents conjugués ont fait de lui l'un des cascadeurs les plus demandés, notamment pour nombre de bobines illustrant les exploits du duo Spencer / Hill et pour lesquelles il fait des merveilles (« Deux super-flics », « Attention, on va s'fâcher ! », « Si ce n'est toi... c'est donc ton frère » ...). Mais c’est le retour inespéré du péplum 2.0 qui propulse enfin Pietro en tête d'affiche avec « La guerra del ferro », « Il trono di fuoco », « Gunan il guerriero » et ce « Sangraal la spada di fuoco ». Une fin de carrière certes courte mais qui apporte à l'acteur une petite notoriété dans le monde aussi héroïque que fantaisiste du bis.

À la réalisation, Michele Massimo Tarantini est surtout connu pour être l’un des spécialistes de la sexy comédie italienne, et on lui doit à cet égard quelques titres de (non) gloire tels que « L'insegnante viene a casa », « La Prof connait la musique », la trilogie « La poliziotta (La Flic)» avec la belle Edwige Fenech ou bien encore « La liceala /La Lycéenne » avec la mignonne Gloria Guilda. Seules exceptions dans sa filmographie, deux poliziottesci avec « Poliziotti violenti / Policiers violents » (1976) » et « Calibre magnum pour l'inspecteur » (1977), qui bénéficient d'une bonne réputation aux yeux des aficionados du genre. Au début des années 80, le succès des comédies érotiques commence à s'effriter sous l'assaut du porno et le réalisateur, comme la plupart de ses collègues, tente alors de se diversifier. C’est alors qu’il se tourne vers l’action (« The Hard Way »), l’Heroic Fantasy, le WIP (« Femmes en Cage ») ou l’aventure (« Prisonnières de la vallée des dinosaures »).

En 1981, la dernière pellicule du « Conan » de John Milius était à peine imprimée que le producteur italien Pino Buricini (« La Bête tue de sang-froid »)) sort « Gunan il barbaro » de Franco Prosperi, histoire de profiter vite fait bien fait des retombées du film de John Milius. Coup de poker réussi puisque le film connait un succès, certes relatif, mais rapporte pas mal d’argent, notamment en Italie. Assez en tout cas pour lancer une suite avec « Sangraal » qui se veut donc la suite indirecte de « Gunan ». Tourné entièrement en décors naturels, avec une image soignée due à Pasquale Fanetti (« Malombra », « Gunan »), le film ne ménage pas ses efforts pour divertir le spectateur : hommes-singes, zombies cavernicoles, amazones, une déesse du Mal, quelques seins nus par-ci, par-là et nombre de lieux communs repris de films en films mais qui font toujours leur effet (« Game of Thrones » n’a rien inventé !). Il est vrai que « Sangraal » est torché un peu n’importe comment mais, par moments, certains plans font mouche et l’on reconnaît vite fait la « Massimo’s touch », c’est-à-dire le gros plan gratuit sur les fesses des actrices (et parfois des acteurs, voir le duel final aux allures très gay !). Il n’est pas facile d’effacer des années de sexy comédie, ce qui nous vaut, du coup, qu’une grande partie du casting féminin se retrouve les seins à l’air… En même temps, le genre aurait tort de faire mentir ses affiches !

Les affres de la distribution demeurant parfois insondables, « Gunan » est resté mystérieusement inédit chez nous. Certains avancent l’idée que c’est à cause de la nullité de l’œuvre en question, mais de là à en décréter que c’en est la raison… (?). Concluons en affirmant que la filiation entre les deux films n'était pas si aisée à assurer, ni si flagrante à ces deux films. Mais le fait que les distributeurs aient donc sorti ce « Sangraal » de leur besace reste une heureuse initiative car il est un cran au-dessus de « Gunan ». Certes, le niveau n’est pas exceptionnel, mais entre « Thor le Guerrier » et « Le Trône de feu » « Sangraal » ne paraît pas si mal !


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