Taxidermie

 
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Sinok
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MessagePosté le: Mar Juil 24, 2007 2:53 pm    Sujet du message: Taxidermie Répondre en citant

Taxidermie




Réalisé par : György Pálfi


Avec :
Csaba Czene, Gergely Trócsányi, Piroska Molnár, Adél Stanczel, Marc Bischoff, Gábor Máté, Zoltán Koppány, Iván Dengyel, ...

Film hongrois, français, autrichien.
Genre : Drame
Durée : 1h 31min.
Année de production : 2003
Titre original : Taxidermia
Distribué par Memento Films


Taxidermie est un film étrange. Taxidermie est un film difficile à regarder (comme tous les bons films selon moi…). Taxidermie est une énorme bombe que je n’oublierais jamais.
Se dire que Taxidermie n’est que le second film de György Palfi est une chose très rassurante pour ceux qui s’inquiéteraient de l’avenir d’un certain cinéma. Après Hukkle (en vf : Hic, de crimes en crimes), Palfi nous raconte une histoire tridimensionnelle et générationnelle sur le corps et l’héritage familial.

Nous suivons donc trois destins en Hongrie au cours du XXéme siècle : le premier comte l’existence misérable et malsaine d’un homme au bec de lièvre dans l’austère Hongrie du début du siècle : il est l’assistant d’une sorte de colonel résidant dans une ferme et passe le plus clair de son temps à se brûler le corps à la bougie, quand il ne s’imagine pas faire l’amour avec une petite fille ou ne copule pas une vielle et grosse femme dans une carcasse de cochon… Il aura un fils.

Ce fils en question est une espèce de baleine triste qui participe de son mieux à des concours de « bouffe sportive », qui consistent à ingérer un maximum de nourriture infecte en un temps record, le tout à la gloire du communisme. Il tombera amoureux éperdu de la championne incontestée de la catégorie viande, avec qui il aura également un fils….

….Taxidermiste de son état. Il vit à l’époque actuelle, et maîtrise l’art savant d’empailler avec amour des animaux. Il est amoureux d’une petite caissière et passe le plus clair de son temps à s’occuper de son père (la baleine susnommée), qui n’a de cesse de l’insulter car il n’a pas repris le flambeau de la bouffe sportive.

Ces trois histoires nous sont comptées par un narrateur qui ne se dévoilera qu’à la fin, et qui fermera le métrage d’une façon totalement inattendue et glaçante.

Voila pour le résumé succint de ce film… De fait, il ne se passe pas grand-chose dans ce film en terme d’ »action » : tout est axé sur les personnages, leur étrangeté, les liens de parenté qui les unissent et surtout, surtout, le rapport qu’ils ont à leur propre corps. L’un se mutile, l’autre se détruit et le dernier… je ne vous dis rien et vous laisse l’immonde surprise.

Parlons du film en lui-même : l’image est sublime, le travail de photographie en laissera plus d’un pantois, et je doute qu’on ai jamais filmé aussi bien des choses aussi dégueulasses.
Je suis du genre extrême et j’ai essayé de montrer ce film à tous les gens que je connaissais susceptibles d’aimer ce film… résultat : soit ils étaient incapables de le regarder, soit ils avaient rarement vu un film de la sorte.

C’est le genre de film qu’on a envie de montrer au détracteurs des films choquants : c’est beau visuellement (très beau même), c’est émouvant, c’est carrément malsain au dernier degré et comble du gâteau sous la cerise : ça fait réfléchir ou tout du moins ressentir.

La réflexion sur le rapport au corps a rarement été aussi poussée : que ce soit le rapport avec soi et l’image qu’on a de soi, de notre corps dans son rapport à la société et plus généralement, le rapport de notre corps à sa saleté, sa faiblesse et sa fin : la mort.

Du vomi, du sperme, du sang, des organes, de la chair… c’est un film a déconseiller aux âmes sensibles (qui doivent se faire rare sur Psychovision tout de même), même pour ceux qui croient qu’avoir vu deux trois films d’horreur suffit… C’est un film assez dur psychologiquement et somme toute assez désespéré et acide.

J’ai été très franchement étonné qu’Arte participe à la production au départ, mais à la fin du film, je n’étais plus étonné du tout, tant ce film vous marque à un niveau intellectuel, en plus de défoncer pour de bon la rétine…

Les acteurs sont tous fabuleux : je préviens tout de suite ces demoiselles : inutile de partir à la chasse au beau gosse dans ce film, c’est peine perdue. Si par contre, vous recherchez du bec de lièvre, de l’obèse slave, des corps difformes et décharnés, courez-y vite donc voir cet hallucinant film, qui fera que j’irais au cinéma voir son prochain sans même chercher à savoir de quoi ça parle… J’achète direct n’importe quel film à moitié aussi bon que celui-ci.

Si quelques geeks électro trainent par ici, sachez que l’intégralité du score du film a été réalisée par les soins d’ Amon Tobin, qui semble ici signer un score acoustique, mais tout à fait dans l’esprit de certains de ses anciens morceaux.

Enfin, pour les réalisateurs en herbe, vous apprécierez la maîtrise carrément confondante de la caméra et des effets spéciaux (très classes et d’autant plus dérangeants). Je pense, niveau réalisation, à la scène de la baignoire, à la transition entre la scène du bébé à la queue de cochon et celle avec les avions de chasse, au zoom final nombriliste, et ainsi de suite…

A noter : Erwin Leder fait une apparition dans le film… Ca ne peut donc qu’être bon signe, non ?


9/10

N’hésitez pas à cliquer sur ce lien pour aller jeter un petit coup d’œil au site officiel du film, tout de flash vétu, très complet et rès beau… Voila !

http://www.taxidermia.hu/flashfr.htm


Sinok

Quelques images ? Bien sûr…
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MessagePosté le: Mer Juil 25, 2007 3:34 pm    Sujet du message: Répondre en citant

pour reprendre ce que je disais sur les influences mutuelles, tu m'as grandement donné envie de voir ce film enaccord8

dans le genre "rapport à son corps et à la société" dérangeant, je te recomande Dans ma Peau si tu ne l'as pas déjà vu.
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mallox
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MessagePosté le: Mer Juil 25, 2007 3:53 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Taxidermie que j'ai vu il y a un mois environ, en fait c'est donc un film en 3 parties assez inégales, dont la première reste la plus réussie me concernant, je dirait même qu'elle crache du feu (hein sinok?!).
Trois générations se succèdent en famille (le gd-père, le père, le fils) et quelle famille ! tout y est bestial et c'est ce qui fait son grand intérêt de voir ainsi l'être humain quasiment traité que sous ce bout de la lorgnette.
Maintenant perso, j'avoue m'être lassé un chouïa au fur et à mesure vu que c'est assez répétitif et le film ressemble d'avantage à un exercice de style talentueux qui se regarde pas mal faire. Pas mal d'humour heureusement. beaucoup d'excès mais on est là pour ça, on va pas s'en plaindre, pour arriver au final à une sorte de rencontre entre Kusturica et greenaway.
je conseille "Hic" le film précédent de son auteur, un Thriller dans un petit village paysan avec un cochon...

Disons que pour le moment le cinéma de György Pálfi fonctionne, mais vu l'effet qu'il semble faire dans les festivals, il ne faudrait pas que ses films tournent au procédé, la limite est parfois très proche...

si tu revois dans ma peau de Marina de van, regarde le générique côté musique, t'auras peut-être une surprise... [size=1](Narco Polo) la sacem m'a payé merci....
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princesse.rosebonbon
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MessagePosté le: Lun Sep 17, 2007 12:41 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Vu ce week-end...
Je dirais comme mallox que les parties sont inégales. Après tout il ne faut pas s'en étonner puisque le réalisateur a voulu son film comme un triple court-métrage.
C'est effectivement la première qui reste la plus impressionnante car vraiment frénétique, même si la dernière se défend aussi assez bien. Coincée entre ces deux, la partie intermédiaire semble bien longue et laborieuse tout simplement parce qu'elle est chiche en idées loufoques : hormis les athlètes obèses de la "bouffe sportive", il n'y a rien de bien folichon.

il serait bon de préciser en "à propos du film" qu'il est tiré d'un mélange de deux nouvelles de Lajos Parti Nagy que je n'ai pas lues et vous non plus icon_cool
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