[M] [Critique] The Gorgon - 1963

 
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The Omega Man
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MessagePosté le: Dim Juin 26, 2011 11:43 am    Sujet du message: [M] [Critique] The Gorgon - 1963 Répondre en citant

The Gorgon/La Gorgone - 1963
(La gorgone : déesse de la terreur)

Origine : Grande-Bretagne
Genre : horreur



Réalisateur : Terence Fisher
Scénario : John Gilling
D’après une histoire de J. Llewellyn Devine
Producteur : Anthony Nelson-Keys
Image : Michael Reed
Musique : James Bernard
SFX : Syd Pearson
Maquillage : Roy Ashton
Accroche : je reste de marbre

Distribution :
Richard Pasco (Paul Heitz), Barbara Shelley (Carla Hoffman), Peter Cushing (Dr Namaroff), Christopher Lee (Professor Karl Meister), Michael Goddliffe (Professor Jules Heitz), Patrick Troughton (Inspector Kanof), Jack Watson (Ratoff), Jeremy Longhurst (Bruno)…

Résumé :
En 1910, le village de Vandorf est témoin d'une bien étrange série de meurtres : les cadavres sont devenus des statues de pierre. À la découverte de la dernière victime, la fiancée de l'artiste Bruno Heitz, ce dernier se suicide, laissant ainsi croire aux autorités qu'il était le coupable. Son père, persuadé de son innocence, se heurte à l'hostilité des habitants au point qu'on met le feu à son habitation. Il se rend dans les ruines du château local et, confronté à la gorgone Magaera, sent qu'il se change progressivement en pierre. Avant de mourir, il parvient à écrire un ultime message à son frère aîné Paul qui, aidé de son mentor, le professeur Meister, tentera de percer ce mystère au péril de sa vie.



Les gorgones sont des créatures de la mythologie grecque. D’après la légende, elles sont tellement laides que quiconque ose les regarder en face meurt pétrifié sur le champ. Les gorgones sont au nombre de trois : Sthéno, Euryale et la plus célèbre, Méduse, la seule qui ne soit pas immortelle. Le scénariste John Gilling transpose donc cette légende grecque en Europe centrale (cette idée de délocalisation sera reprise dans « L’invasion des morts vivants », avec son culte vaudou en Cornouailles).
L’idée est plutôt originale, et permet au studio anglais d’exploiter un personnage inédit hors de son contexte habituel (la Grèce antique). Le scénario de Gilling reprend les bases de nombreux films Hammer, comme le petit village isolé pétrifié de peur face à une menace indicible et séculaire (la gorgone). Si le suspense est vite éventé (car le seul personnage féminin pouvant interpréter la gorgone est celui de Barbara Shelley), pour Fisher cela n’a guère d’importance. Ce qui l’intéresse, c’est plutôt la dualité des personnages et des situations, l’éternelle lutte entre le bien et le mal. Cette dualité entraîne évidemment un affrontement tout d’abord psychologique pour la pauvre Carla (Barbara Shelley), qui ignore son état, mais surtout physique avec le célèbre duo Cushing/Lee, dont le réalisateur s’est amusé à inverser les valeurs.
En effet, Lee se retrouve du côté du bien, son personnage est pour une fois hautement sympathique et tranche avec la sobriété de son adversaire de toujours, Cushing, encore impeccable et réjouissant en comploteur dont les motivations (l’amour ?) sont plutôt vagues. Son interprétation du Dr Namaroff n’est pas sans rappeler certains aspects du Dr Frankenstein, dont il sera le meilleur et inoubliable interprète. Le réalisateur fait d'ailleurs un clin d'œil à son personnage fétiche dans une scène totalement gratuite où Cushing enlève le cerveau du cadavre d'une pauvre patiente, sous le regard dégouté de son assistante.



Mais au-delà de l'affrontement entre ces deux vedettes qui ne sont que des seconds rôles (Lee intervient aux deux tiers du film), Fisher s'intéresse particulièrement à la destinée tragique d'une famille qui va être décimée par la gorgone, mais aussi, et surtout, par la lâcheté et la couardise des autochtones et des autorités. La première victime sera Bruno, retrouvé pendu ; il devient alors le coupable idéal. Son père, venu assister au procès, sera la seconde victime Son obstination à prouver l'innocence de son fils lui coûtera la vie. Un rôle tenu par Michael Goddliffe, impérial, notamment lors d'une mémorable scène de procès où il prend la défense de son défunt fils envers et contre tous. Malheureusement, lui aussi sera victime du regard de la créature ; mais avant de se transformer en pierre il aura le temps d'écrire une lettre pour prévenir son second fils Paul. Hélas, le sort tragique de la famille semble scellé, et ce malgré l'intervention du Professeur Meisteir, un ami de la famille qui viendra aider Paul.



Cela dit, au-delà du fond il y a aussi l’aspect esthétique du film, qui joue habilement avec les rares couleurs (la robe verte de la gorgone, les cheveux roux de Barbara Shelley) et les décors (le château abandonné - repaire du monstre, les apparitions de celui-ci …), le tout souligné par le travail remarquable du chef opérateur Michael Reed (« Au service secret de sa Majesté »), dont la photographie splendide allie parfaitement macabre et poésie. Une nouvelle fois, Fisher nous prouve son talent de réalisateur, notamment lors du combat entre Peter Cushing et Richard Pasco, aussi réussi que l'affrontement entre Cushing et Lee dans « Le cauchemar de Dracula ». Le film regorge de plans magnifiques, dans lesquels Fisher joue littéralement avec sa caméra. La belle Barbara Shelley (vue dans « Le village des damnés et « Le sang du vampire ») semble particulièrement inspirée. Le réalisateur soigne chacune de ses apparitions, comme la scène du cimetière où elle se tient dans l'obscurité, observant Richard Pasco. On retrouvera avec plaisir l’actrice dans plusieurs autres productions « maison » comme « Dracula prince de ténèbres », « Les monstres de l’espace » ou « Raspoutine ».

Succès mitigé à l’époque, que le réalisateur attribua un peu vite à la faiblesse des effets spéciaux (notamment la décapitation finale, où la tête de la gorgone rebondit comme un ballon de foot), le film est l’un des moins connus du réalisateur. Il est d’ailleurs resté longtemps invisible en France, ce qui en fait une curiosité mais aussi une œuvre à découvrir, car c'est un film désespéré et pessimiste, dans lequel le mal est certes vaincu, mais au prix de plusieurs vies (presque la totalité du casting), à l'exception du personnage de Lee. C'est aussi une histoire d'amour impossible et tragique, que le réalisateur illustre avec maîtrise par des plans d'une rare poésie. Un film à voir assurément.

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Candyman
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MessagePosté le: Dim Juin 26, 2011 12:07 pm    Sujet du message: Répondre en citant

C'est voulu que tu ais choisi un avatar encore plus effrayant que la gorgone du film ?
_________________

Un site cinématographiquement bien
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The Omega Man
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MessagePosté le: Dim Juin 26, 2011 2:45 pm    Sujet du message: Répondre en citant

En fait c'est la quatrième Gorgones Céline dont la voix te pétrifie frank_PDT_10

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flint
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MessagePosté le: Dim Juin 26, 2011 8:24 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ah, c'est Céline Dion ! ico_mrgreen
(René porte-t-il la même robe ?)

Bon, "La Gorgone", c'est un must de la Hammer, du grand Fisher (comme toujours, ou presque). On attend une distribution dvd de ce film en France depuis bien longtemps, d'ailleurs. Il est sorti chez Sony en Angleterre, dans le coffret "Icons of Horror".


(A part çà, la gorgone Stheno avait aussi une cousine, la fameuse Dactylo)


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The Hard
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MessagePosté le: Dim Juin 26, 2011 8:53 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Un must-have de la Hammer effectivement et dont la scène finale ne me dérange pas. Je le préfère à "The Reptile" ("La femme reptile" - 1966), réalisé sur une trame quasi à l'identique par John Gilling, le scénariste de ce "The Gorgon" ("La Gorgone" donc). L'arrivée de Christopher Lee au 2/3 re-dynamise le film sans qu'il en ait besoin ; il y est géant. Peter Cushing ? J'en parle même pas.
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sigtuna
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MessagePosté le: Lun Juin 27, 2011 7:39 am    Sujet du message: Re: [Critique] The Gorgon 1963 Répondre en citant

enaccord8
The Omega Man a écrit:
Christopher - Flint - Lee (Professor Karl Meister),
frank_PDT_16 frank_PDT_10

Les monstres de l'espace c'est le "dernier des quatermass"?
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mallox
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MessagePosté le: Ven Juil 22, 2011 7:45 am    Sujet du message: Re: [Critique] The Gorgon 1963 Répondre en citant

The Omega Man a écrit:

Genre : horreur

Distribution: Christopher - Chouvel - Lee (Professor Karl Meister)

La première victime sera Bruno retrouvé pendu


Bien fait ! new_diable

Je déplace cette excellente critique dans la section "horreur" vu que c'est le genre auquel appartient le film...

Revu hier soir, c'est, je trouve, d'un point de vue purement esthétique, le plus beau film de la Hammer. cette Gorgone verte est une splendeur.
Reste un passage à vide à mi-parcours, ce, avant l'arrivée de Christopher - Chouvel -Lee. Le film se fait moins ébouriffant, plus théâtral et patine au niveau de l'intrigue, avant de se reprendre avec 10 dernières minutes, elles aussi magnifiques.
La musique de James Bernard est également très inspirée.
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mars1379
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MessagePosté le: Lun Oct 29, 2012 8:34 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Une production Hammer très correcte, il est juste dommage qu'il faille attendre que Christopher Lee soit mis en valeur après 50 minutes de métrage, mais sinon, tout à fait regardable !

Et cette Gorgone me fait irrémédiablement penser aux Livres dont vous êtes le héros, collection "Défis fantastiques" ! icon_wink
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Valor
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MessagePosté le: Ven Nov 01, 2019 12:49 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Il est d’ailleurs resté longtemps invisible en France, ce qui en fait une curiosité mais aussi une œuvre à découvrir


Hé ben voilà, il suffisait d'attendre un peu... à peine 56 ans ! frank_PDT_10 :


https://www.esc-distribution.com/british-terrors/1860-la-gorgone-brd-3760247207071.html

Cela dit, si l'on en croit cette mystérieuse jaquette, le film serait bien sorti en VHS en France (?) frank_PDT_16



Merci à Bastien pour la trouvaille ! icon_wink
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