[M] [Critique] Dominique, les yeux de l'épouvante - 1980

 
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mallox
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MessagePosté le: Lun Jan 16, 2012 11:22 am    Sujet du message: [M] [Critique] Dominique, les yeux de l'épouvante - 1980 Répondre en citant




Dominique (Les yeux de l'épouvante) - 1980
(Dominique is dead)

Origine : Grande-Bretagne
Genre : Thriller / Epouvante

Réalisé par Michael Anderson
Avec Cliff Robertson, Jean Simmons, Jenny Agutter, Judy Geeson, Simon Ward, Flora Robson, Jack Warner...






Dominique (Jean Simmons), la femme du riche homme d'affaires David Ballard (Cliff Robertson), s'est à peine remise d'une chute dans l'escalier qu'elle commence à voir puis à entendre des choses singulières, voire surnaturelles, dans sa maison. Un cadavre pendu dans la serre, des bijoux qui disparaissent mystérieusement... Les occasions ne manquent pas de juger ses visions et son comportement troublant. Dominique craint en effet que ce soit son mari qui lui fasse subir toutes ces horreurs. Poussée au désespoir, elle se suicide. Mais la quiétude de Ballard ne dure pas, puisqu'il commence à voir des apparitions de sa femme, revenue d'entre les morts pour le hanter...




Rien de neuf, il convient de le dire, dans ce "Dominique is Dead" qui finalement reprend tous les poncifs qu'on a pu voir et parfois subir durant les deux décennies précédentes.
Avant d'être un film de Michael Anderson, réalisateur solide mais on ne peut plus impersonnel, le problème de "Dominique" est qu'il s'agit avant tout d'un film de producteur : celui de Milton Subotsky en premier lieu. Logique dès lors que l'on cite certaines de ses productions à base de machinations et autres plans machiavéliques, le plus souvent basés sur des héritages, des intérêts pécuniaires. On rajoute une pincée d'association criminelle amoureuse, laquelle se délite dès que l'intérêt personnel prend le dessus ou que l'un des deux trahit l'autre pour partir avec son amant ou sa maîtresse. Sans bien sûr oublier le pèze !
Bref, on retrouve ici tout un pan des thrillers de la Hammer tels "Paranoïac" ou "Nightmare", toute une mouvance du giallo courant machination, ainsi que des canevas qu'on a vu fleurir mille fois au cinéma depuis le "Soupçons" d'Hitchcock, le "Hantise" de Cukor, en passant par des "Strange Illusion" d'Ulmer sans oublier "Les Diaboliques" de Clouzot. Par rapport à tous ces films cités, il n'y a aucune innovation dans "Dominique" qui lui permettrait de se démarquer de ses modèles et prédécesseurs. Rajoutons un poil de méfiance de circonstance puisqu'il s'agit d'une nouvelle collaboration entre Anderson et Subotsky, qui venaient d'engendrer les calamiteuses "Chroniques martiennes" d'après Ray Bradbury.




On aura donc beau vouloir jouer le jeu, se complaire à se croire dans un conte surnaturel, fantomatique et vénéneux se déroulant dans un cadre plus victorien que gothique (ah, que ces vastes demeures ont beau dos avec leurs moult pièces et leurs longs corridors !), lequel trouvera une issue dans le fantastique, qu'on n'y croira guère. Des déambulations de nuit d'une Dominique censée revenir d'entre les morts jusqu'à un piano qui se met à jouer seul alors que des voix se font entendre pour perturber la psyché des victimes à venir, tout cela tient d'effets les plus éculés qui soient. C'est le principal reproche à faire à ce "Dominique" dont le problème se trouve à sa base, spoliant d'entrée toute crédulité d'un public qui, en 1980, en a déjà vu passer bien d'autres.
A cet égard, la persistance des auteurs à vouloir nous expliquer tous les ressorts d'une machination déjà suffisamment transparente dans un épilogue frôlant l'absurdité (pour qui, hormis le spectateur, le ou les coupables font-ils démonstration de leurs astuces et leurres qui leur ont permis de parvenir à leur fin ? Ces scènes n'ont aucun sens dans un récit qui se voudrait crédible). Quant à Michael Anderson lui-même, on le sait, c'est un louable artisan s'étant assez souvent frotté au cinéma dit de genre avec des films plutôt moyens : "1984" d'après Orwell, "L'âge de cristal", "Orca"... Mais c'est pourtant à l'un de ses anciens thrillers que ces "Yeux de l'épouvante" ressemblent le plus : "La lame nue", dans lequel Deborah Kerr, à l'instar de Jean Simmons ici, soupçonnait son mari (Gary Cooper) de meurtre et de préméditation de meurtre.
Rien de neuf donc à se mettre sous la dent à la vision de cette bobine trop tardive pour faire illusion. Pourtant, en dépit de ses carences et d'un script dépassé, "Dominique" n'est pas mauvais pour autant...




En effet, il y a dès le début du film un rythme et une atmosphère qui jamais ensuite ne se démentent. Un rythme lent mais maîtrisé qui force le spectateur à attendre le plan suivant, puis le suivant et ainsi de suite jusqu'à son dénouement. Les personnages sont présentés de manière plutôt habile dans un rapport de soupçons réciproques tous en non-dits. Dominique, à la vue d'un faux squelette pendu dans le jardin, soupçonne David de vouloir la faire passer pour folle. Idem lorsque ce dernier lui apprend, alors qu'elle n'en garde aucun souvenir, qu'elle a elle-même renvoyé leur chauffeur la nuit précédente, celle d'après sa chute dans l'escalier, laquelle lui aurait donc laissé des séquelles. De l'autre côté, David la soupçonne réellement de perdre la tête. Ou peut-être pas...
C'est là toute la réussite du film de Michael Anderson qui, sans amener quoi que ce soit d'original, ni en terme scénaristique, ni en terme de mise en scène, parvient à livrer un film plutôt prenant. Les effets, à l'instar des ficelles utilisées, ont beau être eux aussi éculés, ils ne fonctionnent jamais tant qu'ils se font discrets comme un bruit répétitif amenant un personnage vers l'obsession. Au crédit du film aussi, une somme d'interprétations d'un bon niveau. Si, décidément, Simon Ward ("Holocaust 2000") dégage une aura diabolique par sa simple présence, et si Jenny Agutter ("La Randonnée") ne semble en revanche pas très à l'aise ici, Jean Simmons se montre convaincante en sacrifiée de début de pellicule, tandis qu'ailleurs Cliff Robertson joue avec un grand professionnalisme, jusqu'à carrément remorquer un film qui sans lui ne vaudrait parfois pas tripette. Pour un simple plaisir cinéphilique, on signalera les sympathiques présences de Judy Geeson ("Le cercle de sang"), de Ron Moody ("Legend of the Werewolf"), ou de l'excellente Flora Robson ("Le narcisse noir", "L'œil du malin").




Si par moments, l'utilisation de gros plans sur une arme blanche aiguisée et scintillante achèvent de le rapprocher du genre giallo tandis qu'ailleurs c'est le film de revenants qui est convoqué, inutile de s'attendre, ni à des flots d'hémoglobine, ni à des crises de tétanie. "Dominique" est à voir avant tout comme un chant du cygne trop tardif, ce qui lui valut un accueil plutôt frais à l'époque et sans doute quelque peu injuste, mais qui dégage toutefois son petit lot de charmes et d'envoutement le temps passant. Pour conclure, signalons qu'il ne se montre, malgré sa banalité déjà évoquée, pas ennuyeux du long des 99 minutes.
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Dernière édition par mallox le Lun Mar 11, 2013 7:18 am; édité 1 fois
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flint
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MessagePosté le: Mar Fév 19, 2013 2:11 pm    Sujet du message: Répondre en citant

C'est vrai qu'à lire le pitch, on pourrait croire que le film a été tourné dans les années '50 ou '60. En 1980, le genre était usé jusqu'à la corde depuis longtemps, et il aurait été nécessaire d'y apporter autre chose pour surprendre quelque peu le spectateur.
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