The Omega Man 99 % irradié


Inscrit le: 25 Juil 2006 Messages: 1155 Localisation: Belgique
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Posté le: Jeu Jan 01, 2015 4:34 pm Sujet du message: [M] [Critique] Rituals |
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Rituals / The Creeper / Ils étaient cinq
Pays : Canada, États-Unis
Année de sortie : 1977
Genre : Aventure, horreur


Réalisation : Peter Carter
Scénario : Ian Sutherland
Images : René Verzier
Musique : Hagood Hardy
Maquillage SFX : Carl Fullerton
Accroche : Promenons-nous dans les bois !
Avec:
Lawrence Dane (Mitzi), Robin Gammell (Martin), Hal Holbrook (Harry), Ken James (Abel), Gary Reineke (D.J.)
Résumé :
Cinq docteurs : Harry (Hal Holbrook), Mitzi (Lawrence Dane), Abel (Ken James), Martin (Robin Gammell) et son frère DJ (Gary Reineke) sont déposés par un avion dans les forêts de l’Ontario. Après avoir découvert un bon endroit pour camper, ils commencent à se détendre en s’amusant. Mais lorsque les médecins se réveillent, ils découvrent que leurs bottes ont disparu. DJ, le seul qui avait prévu une paire de chaussures supplémentaires, décide d'aller à un barrage hydroélectrique à proximité pour obtenir de l'aide tandis que les autres attendent au camp. Après une journée d'attente, les médecins découvrent que quelqu'un a infiltré leur camp pour planter une tête de cerf sur un bâton. Ils décident alors de partir à la recherche de DJ qu’ils pensent coupable de cette mauvaise blague.
Réalisé quatre ans après "Delivrance", le film de Peter Carter s’est vu d'emblée taxé de démarquage opportuniste, en grande partie à cause de son point de départ similaire : un groupe de citadins qui voient leur retour à la nature virer au cauchemar. Mais ce serait un peu réducteur car le survival en lui-même n’est guère propice aux innovations, toujours basé sur plus ou moins le même canevas, c'est-à-dire un groupe d’individus ordinaires ou une personne (en général un survivant) qui se retrouve confrontée à une menace dans un milieu qu’il ne connait pas. La menace peut prendre divers aspects (animaux, autochtones dégénérés, braconniers, cannibales, chasseurs,…) le tout se déroulant en général en pleine nature. Mais tout en étant un sous genre du film d’aventure, le survival peut s’associer à d’autres tendances comme le péplum ("Centurion", "L’Aigle de la neuvième légion"), le film de guerre ("Sans retour", "Rescue Down"), le film d’horreur ("La Colline a des yeux") ou la science-fiction ("Predator"). Néanmoins, la marge de manœuvre des réalisateurs qui s’aventurent dans le genre est assez restreinte.
Dans les années septante, le genre commençait seulement à s’émanciper et, s'il avait pas mal exploité le côté horrifique ("Massacre à la tronçonneuse" ou "La Colline a des yeux"), peu de véritables démarquages avaient embrayé sur le succès de "Delivrance". En effet, à part quelques films de cannibales italiens, rien de bien folichon avant les années 80. En reprenant l’adage "on ne change pas une formule gagnante", "Rituals" expose donc un groupe de citadins à une menace indicible et tout à fait improbable : quel était le pourcentage de chances qu’un groupe de médecins en pleine régression écologiste tombe sur un vétéran de la seconde guerre mondiale victime d’acharnement thérapeutique et qui voue une haine indéfectible au corps médical ? Si le prétexte peu paraître fallacieux, le traitement de Carter diffère de celui de Boorman, cinéaste humaniste et engagé ("Rangoon"). Carter est lui un pur produit de la télévision qui s’est illustré dans quelques séries B musclées comme "High-Ballin" (un film de routiers) et il préfère les individualités à la solidarité. En effet, dès les premières épreuves, le groupe se fissure immédiatement, Mitzi et Harry vont se contredire sans arrêt et lorsque Harry décide d’euthanasier le pauvre DJ en train d’agoniser, c’est encore contre l’avis de Mitzi.
Avec un budget limité, Peter Carter signe une bonne série B, aidé par une brochette d'acteurs excellents, avec en tête un Hal Holbrock magnifique. Mais surtout, même si les personnages de "Rituals" sont loin d'être sympathiques, ce petit film d'une autre époque nous change agréablement des productions contemporaines remplies de jeunes attardés du bulbe. Si les noms de Lawrence Dane, Robin Gammell, Hal Holbrook et Ken James ne vous disent pas grand-chose, sachez que nos quatre compères comptabilisent à eux seuls près de quatre cents films, une centaine chacun ! Le plus célèbre reste sûrement l'américain Hal Holbrock, incontournable acteur des années septante et quatre vingt, il apparaît souvent comme second couteau : supérieur de Clint Eastwood dans "Magnum Force", chef de la Nasa dans "Capricon One", prêtre dans "The Fog", mari d'Adrienne Barbeau dans "Creepshow",etc. Lawrence Dane, Robin Gammell et Ken James sont apparus dans un nombre incalculable de séries télévisées, le plus connu est sans doute Lawrence Dane qui figurait dans "Scanner", "Happy Birthday to Me", "Le Secret de la banquise", "Objectif Central Park", etc.
Tourné dans de magnifiques décors naturels, "Rituals" aurait pu être plus efficace s'il avait été un peu moins bavard, heureusement le final rattrape allégrement les défauts : après tant de souffrance, le survivant se retrouve enfin face à son agresseur pour un ultime affrontement. Le film se clôture alors par une scène magnifique, à la fois symbolique (la route serait le retour à la civilisation) et ironique (la civilisation est aussi responsable des malheurs du groupe) qui met un terme au calvaire du dernier survivant (devinez qui ?). On est pas loin du final de "Sans retour", la fraternité en moins car "Rituals" est un film dur et le constat est sans concession : face à l'adversité, l'homme peut devenir son pire ennemi.
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mallox Super héros Toxic


Inscrit le: 10 Sep 2006 Messages: 13982 Localisation: Vendée franco-française
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Posté le: Dim Fév 08, 2015 8:52 am Sujet du message: |
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Aie passé le cap finalement. pas pu résister depuis qu'il me narguait. Dommage que la vhs (ou vhsrip) gâche les scènes nocturnes (néanmoins pas si nombreuses que cela mais importantes d'un point de vue graphique et horrifique - du coup, je vais peut-être dire une connerie mais la dernière partie m'a fait penser quelque peu au "métro de la mort" où l'on ne voyait pas toujours grand chose dans un tas de tripailles).
En tout cas, c'est bien mené, bien joué, y a incontestablement une ambiance malgré ses emprunts énormes au Boorman (le blessé aussi), des plans inspirés (celui de la fin annonce bien des horrifiques d'aujourd'hui). Et puis depuis celui-ci, le coup des tortionnaires médico-scientifiques ont pullulé, donc je le trouve à son niveau et en tant que "repreneur", assez novateur.
P.S. : le coup de Robin Gammell pas vraiment dans son assiette, c'est bien vu !  _________________
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