[C1] [Critique] Maciste contre les monstres

 
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The Omega Man
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MessagePosté le: Dim Mar 15, 2020 10:50 am    Sujet du message: [C1] [Critique] Maciste contre les monstres Répondre en citant

Maciste contre les monstres
(Maciste contro i mostri)

Maciste contra los Monstruos / Colossus of the Stone Age / Land of the Monster / The Fire Monsters against the Son of Hercules / Germanicus in der Unterwelt

Origine : Italie
Genre : Aventure préhistorique / Péplum
Année : 1962





Réalisation : Guido Malatesta (James Reed)
Avec : Reg Lewis, Margareth Lee, Luciano Marin, Andrea Aureli

Scénario : Arpad de Riso et Guido Malatesta
Directeur de la photographie : Giuseppe La Torre
Montage : Enzo Alfonzi
Musique : Guido Robuschi et Gian Stellari
SFX : Carlo Rambaldi
Accroche : Maciste contre Casimir

Distribution :
Reg Lewis (Maciste), Margaret Lee (Moah), Luciano Marin (Idar), Andrea Aureli (Rhia), Birgit Bergen (Agmir), Nello Pazzafini (Furwan), Maria Kent (Agmin), Fulvia Gasser

Résumé :
La tribu des "Adorateurs du Soleil" quitte une région glacée pour s'installer dans une vallée chaude et luxuriante. Aïdar, le fils du roi, vient de se fiancer et la prospérité semble être le destin de la tribu. Mais c'est compter sans la présence de créatures monstrueuses et d'une bande de troglodytes. Ces derniers attaquent le village, font de nombreux morts, enlèvent les femmes pour les sacrifier à leurs divinités. Ils en profitent également pour voler le feu. C'est alors qu'Aïdar fait appel à Maciste pour mener une mission de sauvetage audacieuse avec les survivants.

Célèbre durant l'époque du muet (1915-1926), le personnage de Maciste fut ressuscité en 1960 par le producteur Ermano Donatti pour "Le géant de la vallée des rois" (Maciste nella valle dei Re). Le but est alors de concurrencer "Hercule". De ce fait, on peut affirmer que l'âge d'or du "Muscle opéra" avait commencé. En effet, d'autres colosses allaient suivre juste après (Ursus, Goliath, Ajax, Atlas, …) tandis que le film historique, jugé dès lors trop rhétorique, allait laisser la place à un univers de bande dessinée simpliste et stéréotypé. Contrairement à son concurrent grec, le personnage de Maciste n'a pas de véritable lien géographique et temporel et peut évoluer aussi bien dans l'Écosse du XVIe siècle (Maciste en enfer) que pendant la préhistoire, comme ici. La seule constante reste le caractère du personnage, courageux et solitaire (au début de l'histoire) ; il n'est ni un demi-dieu, ni un patricien mais un redresseur de tort toujours prêt à aider les opprimés et les plus malheureux. Cette fois, le brave Maciste a du boulot sur la planche : non seulement il doit protéger ses nouveaux amis contre des monstres en caoutchouc (créé par le plus grand escroc du cinéma, Carlo Rambaldi, qui prouve ici son absence totale de talent) et une bande de Pierrafeu (qui, à les voir évoluer, n'ont clairement pas découvert le feu).

Après Kirk Morris, Gordon Mitchell, Gordon Scott et Mark Forest, c'est au tour de Reg Lewis de porter la tunique et les sandales de Maciste, même si cette fois la tendance est plutôt à la peau de bête ! Ni meilleur ni pire que ses confrères, on peut regretter que ce brave Reg (qui est quand même pénalisé par une coupe de cheveux assez improbable) n'ait pas persévéré. Au passage, notons que Reg Lewis fut au préalable repéré de manière assez particulière : à l'époque, les producteurs toujours à la recherche de mâles sculptés à la perfection pour incarner leur héros, trouve de manière tout à fait inopinée une pourvoyeuses - non officielle - pour leurs films… Il s'agit de la fameuse actrice Mae West qui, pendant les années 1950, avait recruté toute une série de culturistes pour l'accompagner lors de ses tours de chants à Las Vegas. Quelques-uns parmi ses poulains, comme par exemple Mickey Hargitay, Gordon Mitchell ou Dan Vadis, finirent ensuite devant les caméras.

De son côté la belle Margaret Lee fait partie de ces nombreuses actrices européennes (elle est d'origine anglaise) qui tentent alors leur chance en Italie. Une bonne pioche pour le coup puisque la comédienne va entamer avec ce film une belle carrière, notamment dans la comédie, avec le duo Franco et Ciccio. Durant les années 60, elle se spécialise dans les rôles de femmes fatales pour de nombreuses bandes d'espionnage : "Pas de roses pour OSS117", "Coplan sauve sa peau", "Notre Homme de Marrakech", "5 Golden Dragons", "Ramdam à Rio", "Fureur sur le Bosphore", "Le Tigre sort sans sa Mère", "New York appelle Superdragon", "Coup de maître au service de Sa Majesté britannique" etc. etc.
En 1966, l'actrice rencontre un certain Klaus Kinski qui sera son partenaire pas moins de onze fois, de "Circus of Fear" aux "Insatisfaites poupées érotiques du docteur Hitchcock". Au milieu des années 1970, Margaret Lee retourne en Angleterre et arrête le cinéma pour élever ses enfants. Elle apparaîtra encore sporadiquement dans quelques productions des années 80.

Le réalisateur Guido Maletesta commence sa carrière comme journaliste, puis, au début des années cinquante, il devient scénariste. C'est en 1956 qu'il réalise son premier film, "I Miliardari". De 1959 à 1965 il se met à tourner une série de péplum (ou assimilés) aux titres évocateurs : "Toryok, la furie des barbares" (Toryok, la furia dei barbari), "Les Conquérants de la vallée sauvage" (La strada dei giganti), "Goliath contre les géants" (Goliath contro i giganti), "Maciste contre les monstres" (Maciste contro i mostri), "Tarzan chez les coupeurs de têtes" (Maciste contro i tagliatori di teste), "La rivolta dei barbari", "Maciste vengeur du dieu Maya" (Maciste - Il vendicatore dei Maya) et "Rome en flammes" (L'incendio di Roma). Après le péplum il poursuivra ses travaux peu herculéens dans le film d'aventure avec, à son actif, des bobines telles que "Le Fils de l'aigle noir", "Samoa fille sauvage", "Missione Apocalisse", "I Predoni Di Sahara", avant de s'essayer au film érotique en dépotant successivement "Tarzana, sexe sauvage" et "Les Nuits érotique de Poppée". Son dernier film sera "Dans l'enfer de Monza" avant de décéder en 1970.

En 1962, cinq aventures - pas toujours très sérieuses - de notre musculeux héros sortent sur les écrans : "Totò contro Maciste" (Toto vs. Maciste), "Maciste en Enfer" (Maciste all'inferno), "Maciste à la cour du Sheik" (Maciste contro lo sceicco), "Maciste contre les géants" (Il gladiatore più forte del mondo), "Deux corniauds contre Hercule "(Maciste contro Ercole nella valle dei guai) avec Ciccio e Ingrassia en plus de celui dont il question pour cette chronique.
La règle est de se montrer original et de se distinguer des concurrents. Dès lors, pas étonnant que les scénaristes envoient notre brave Maciste en pleine préhistoire, ce qui par ailleurs fait que ce péplum fantaisiste devance par exemple de quatre ans "Un Million d'années avant J-c" de Don Chaffey, ses "suites" avec.
Évidemment, nous évoluons dans une préhistoire folklorique, imaginaire et fantasmée, dans laquelle les "Cro-Magnonnes" sont minces, sexy, portent la mini peau de bête avec élégance en plus de cohabiter avec des dinosaures ressemblant à des dragons. Tout le monde se trimballe avec des bottes de neige et après-skis en poil de chèvre, quant aux costumes, ils ressemblent à des tapis ! On peut aussi louer la façon dont les personnages prennent d'eux puisque dans "Maciste contre les monstres", les hommes préhistoriques gardent toujours une coupe de cheveux impeccable.
Afin que le spectateur ne confonde pas les bons des méchants, les gentils sont toujours vêtus de blanc ou de beige tandis que les méchants restent en noir, en plus d'être barbus ! Seul le héros échappe à ces archétypes vestimentaires, afin de pouvoir exposer son corps athlétique et généreusement huilé. Les plus observateurs constateront également que les hommes préhistoriques portent le plus souvent des slips (une petite vérification ayant été effectuée par votre modeste serviteur lors des scènes de combats !).

Comme de nombreuses productions de l'époque, "Maciste contro i mostri" fut tourné en Yougoslavie, dans la région de Ljubijana et notamment dans les grottes de Postojna qui servirent de repère pour les méchants, tandis que des cavernes furent reconstituées en studio.
Les décors et les effets spéciaux restent bon marché sans pour autant manquer totalement d'ampleur ; ainsi, la caverne la plus en vue à l'écran, dégage, malgré un côté clairement factice, un charme indéniable, en plus d'être assez grande pour accueillir un nombre important de figurants, notamment lors de la spectaculaire scène d'éboulement, au cours de laquelle les effets sont réalisés in situ ! (Les figurants s'engouffraient réellement dans des crevasses avant d'apparaitre subitement !). Une scène d'éboulement assez spectaculaire qui tranche avec les pitoyables monstres, mal ou peu animés, que le réalisateur s'évertue à filmer en décors naturels, en plein jour et par temps clair !
L'un dans l'autre, on peut dire que Maletesta a réalisé un film rudimentaire et naïf mais qui ne manque pas d'un certain charme, les tribulations de notre ami Maciste n'étant pas sans rappeler les aventures d'un certain Rahan et le film se regarde avec le même plaisir régressif et pervers que la légendaire bande dessinée… "Manifiake" comme dirait l'autre fossile de cette bobine !

En tout cas, une fois n'est pas coutume, le titre du film ne trompe pas sur la marchandise ! Il s'agit bel et bien d'un Maciste comme son titre original l'indique, et on y trouve des monstres. Il convient cependant d'admettre que le terme de péplum peut sembler un peu galvaudé dans le cas présent et, de fait, préférer le classer dans le genre "Aventure préhistorique".
En revanche, notre Maciste sera victime de son impopularité hors des frontières et, comme d'habitude, les distributeurs étrangers ne se gêneront pas pour changer de titre, voire carrément le nom du héros qui deviendra "Maxus" chez les Anglosaxons - tandis que le nom d'Hercules apparaîtra lui aussi dans le titre - alors que les Allemands préfèreront "Germanicus".
Certains distributeurs n'en ratant pas une, on verra même le film ressortir dans une version érotique intitulée "Esclaves nues pour des monstres" !

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