Atlantis, terre engloutie
Titre original: Atlantis : The Lost Continent
Genre: Fantastique , Aventures
Année: 1961
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: George Pal
Casting:
Sal Ponti, Joyce Taylor, John Dall, William Smith, Edward Platt, Frank DeKova...
 

A l'époque de la Grèce antique – Le jeune pêcheur Demetrios et son père recueillent un jour une jeune et très belle femme dérivant sur un radeau. Ils ramènent chez eux la mystérieuse inconnue, inconsciente. Une fois réveillée, l'hôte se montre hautaine et méprisante envers ses sauveurs. Elle prétend s'appeler Antillia, et affirme être la fille du roi d'Atlantis.
Mais l'île en question ne semble exister que dans l'imagination de la jeune femme, ou tout du moins au-delà des frontières connues par le peuple grec.
Devant le refus de Demetrios de la reconduire sur des rivages inconnus et dangereux, Antillia s'enfuit une nuit et vole son embarcation. Demetrios parvient néanmoins à la rejoindre. Tombé amoureux de la princesse, il lui propose de la conduire où elle le désire, jusqu'à la prochaine lune. Si, à la date fatidique, Atlantis n'apparaissait pas, Demetrios fait promettre à Antillia de l'épouser. Elle accepte. Le pêcheur pense avoir gagné une épouse lorsque surgit, du fond des océans, un étrange monstre mécanique, qui s'avère être un sous-marin ! A l'intérieur, se trouvent Sonoy l'astrologue et Zaren, l'éminence grise du roi Kronas. La princesse et le pêcheur sont conduits à bord, et le submersible plonge en direction de la mythique cité. Antillia retrouve sa patrie et le peuple l'accueille en triomphe, tandis que Zaren fait discrètement arrêter Demetrios. Le Grec est conduit dans les carrières de cristal, où tous les étrangers ayant trouvé refuge à Atlantis sont réduits en esclavage...

 

 

Quand je me penche sur les films fantastiques qui ont bercé mon enfance lors de diffusions successives à la télévision, je pense immédiatement à des œuvres comme "Jason et les Argonautes", "Jack le tueur de géants" ou encore "Les voyages de Gulliver". Don Chaffey, Nathan Juran, Jack Sher... et puis aussi George Pal, qui, à la même époque, réalisa coup sur coup "La machine à explorer le temps" et "Atlantis, terre engloutie" (qui faisaient suite à un déjà formidable "Les aventures de Tom Pouce"). Merveilleuses années 60, où les effets spéciaux étaient au service de scénarios propices à faire rêver le spectateur, et non pas l'inverse.
Américain originaire de Hongrie (Autriche-Hongrie à l'époque), George Pal fit des études en architecture avant de se retrouver dans le milieu du cinéma, et celui du dessin animé en particulier. Il développa un style personnel, notamment dans l'animation des objets, qui fit sa réputation (ces films de marionnettes animées furent regroupées sous l'appellation "Puppetoons").

 

 

Peu à peu, il va se tourner vers le cinéma fantastique. Après s'être intéressé à l'œuvre de H.G. Wells, produisant "La guerre des mondes" de Byron Haskin en 1953, puis en réalisant ce qui est probablement son chef d'œuvre, "La machine à explorer le temps", en 1960, George Pal s'attaque ensuite au roman de Pierre Benoit : "L'Atlantide". Cet ouvrage publié en 1919 s'inspire du mythe créé par Platon, et connaîtra par la suite de nombreuses adaptations au cinéma, dès 1921. Dans "Atlantis, terre engloutie", le cinéaste s'éloigne néanmoins des écrits de Pierre Benoit, pour apposer son propre style, tout en puisant une fois encore dans les ouvrages de son auteur attitré : H.G. Wells. Dans les carrières de cristal d'Atlantis, une partie des esclaves sont ainsi conduits dans la "maison de la peur", antre d'un savant fou se livrant à des expériences infernales visant à transformer les humains en créatures hybrides, des mutants mi-hommes, mi-animaux. Oui, "L'île du Docteur Moreau" est aussi présente dans le film, qui s'inspire également du peplum, et reprend d'ailleurs quelques stock-shots du "Quo Vadis" réalisé dix ans plus tôt par Mervin LeRoy (l'incendie de Rome et des scènes de panique, de mouvements de foule seront ainsi exploitées par George Pal). Peplum, fantastique... et science-fiction se mêlent ainsi dans ce film d'aventures, puisque le cristal extrait dans les mines sert à construire une machine infernale capable de lancer des rayons désintégrateurs !

 

 

"Atlantis, terre engloutie" apparaît ainsi comme un spectacle divertissant, mêlant avec bonheur plusieurs genres, et dans lequel le metteur en scène distille aussi quelques messages. L'Atlantide est ainsi régie par un monarque manipulé par ses conseillers ayant des rêves de conquête. La monarchie cache une dictature dans laquelle les étrangers sont réduits à l'esclavage, et dont les hommes forts du gouvernement envisagent de conquérir le monde.
L'utilisation première du cristal, servant à produire chaleur et lumière, est détournée afin de construire une arme mortelle. Les dérives du totalitarisme, et l'utilisation de la science à des fins condamnables sont ainsi abordées par George Pal, qui s'amuse aussi à faire d'Atlantis le point de départ du courant monothéiste.
Le point faible du film réside peut-être dans le choix de son interprète principal. Sal Ponti (alias Anthony Hall), paraît un peu fade pour incarner un héros, avec sa bouille de jeune premier faisant parfois penser à Patrick Duffy. Sal Ponti ne fera d'ailleurs pas une carrière remarquable au cinéma, se tournant plutôt vers la télévision avant de changer de voie, l'écriture de comédies musicales. Sa partenaire, Joyce Taylor, a également pas mal joué pour la télévision. Mais on a aussi pu la voir dans le "13 Frightened Girls !" de William Castle, ainsi que le très bon "Twice-Told Tales" de Sidney Salkow, aux côtés de Vincent Price. Pour l'anecdote, signalons, dans le rôle du capitaine des gardes, la présence de William Smith, encore peu connu à l'époque.

 

 

Produit par la MGM, "Atlantis, terre engloutie", contrairement à tous les films cités précédemment, n'a toujours pas bénéficié à ce jour d'une édition DVD digne de ce nom. En France, il n'a jamais été commercialisé en vidéo, et sa dernière diffusion à la télévision doit être celle de Canal+, à l'époque bénie du "Cinéma de Quartier" de Jean-Pierre Dionnet. Il serait bien qu'une telle injustice soit réparée, et que l'une des œuvres marquantes de George Pal ne reste à jamais... engloutie.

 

Note : 7/10

Flint
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