Calmos
Genre: Comédie
Année: 1976
Pays d'origine: France
Réalisateur: Bertrand Blier
Casting:
Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort, Claude Piéplu, Brigitte Fossey, Pierre Bertin...
 

Il est des films honteusement oubliés et qui en deviennent quasi-invisible. Même si une récente édition DVD vient enfin de sortir le long-métrage des oubliettes de l'histoire cinéphilique, il n'en demeure pas moins que Calmos reste une des tentatives les plus "couillus" du cinéma français (en même temps il n'y en a pas beaucoup).

En effet, osez tourner en plein coeur des années 70 et du féminisme triomphant, un film volontairement, totalement phallocrate et misogyne, cela dénote d'une vraie volonté de subversion. Certes Calmos se doit d'être pris au 36 ème degré, mais on peut facilement imaginer combien les dents des suffragettes ont du grincés (pour ne parler que des dents).

Un film "décontracté du gland", coincé dans la filmographie de Blier entre les deux monuments que sont "les valseuses" et "préparez vos mouchoirs", lequel possède finalement le même esprit libertaire et revendicatif d'un anarchisme tranquille.

 


Blier continuera dans cette voie pendant un bon moment avant d'hélas sombrer dans une"auteurisation" qui ne lui sied guère. Mais passons.

Calmos fait parti de ces films dont on sent dès les premiers instants, dès les premières images, qu'ils vont être différents et qu'ils ne vont pas se contenter de survoler leurs sujets.

La première scène qui voit un gynécologue blasé (Jean-Pierre Marielle) manger comme un ogre alors qu'une de ses patientes s'installe sur la table, jambes écartées et se grattant l'entrecuisse, donne le ton de ce qui va suivre. Un pamphlet rigolard et qui tâche plus que le mauvais vin rouge.

Dès lors, excédée par les femmes (en particulier la sienne), il va tenter de se retirer du monde en compagnie d'une autre"victime" (Jean Rochefort). Ils trouveront refuge dans un petit bourg où ils rencontreront un curé amateur comme eux de bonnes chaires et grand soiffard devant l'éternel, joué par un Blier (le père de l'autre) totalement dans son élément.

 


Le film bascule alors dans la fable quasi-surréaliste, qui voit nos deux héros déclencher une réaction en chaîne contagieuse entraînant dans leur sillage des milliers d'hommes, quittant les villes, leurs familles, leurs situations, leurs femmes, et l'hystérie féministe subodorée.

Et ce n'est pas fini, la dernière partie virant au grand n'importe quoi délirant et presque "science-fictionnesque" et qui voit la femme ravalé au rang de créature venue d'ailleurs n'ayant d'autres buts que de profiter du mâle. On est presque dans une sorte de "meilleur des mondes" kitsch et outrancier, qui s'achèvera comme un ultime clin d'oeil au mauvais goût par une scène incroyable de ringardise rigolarde.

Alors, oui le film sera vu comme un immense raté par les détenteurs de la culture et du bon goût, il est grossier, voir vulgaire, n'est finalement fait que de scénettes mises bout à bout sans grande cohérence scénaristique. Mais il dénote d'une folle envie de liberté qui n'est pas s'en rappeler certains films de Joël Séria, des dialogues gouailleurs rappelant eux la verve d'un Michel Audiard et d'une pléiade d'acteurs qui semblent s'être bien amusés dans cette comédie autant lourdingue que jouissive, sans parler d'une poignée de scènes succulentes d'ironie mordante et/ou de cynisme outrancier.

Four commercial, descendu en flèche par la critique,"la plus grande erreur de ma carrière" d'après Bertrand Blier, on connaît pas mal de réalisateurs qui s'en serait bien contenté.

 


Un joli DVD à offrir pour les fêtes, surtout si dans votre entourage vous connaissez une chienne de garde. Les cadeaux entretiennent l'amitié aussi entre les sexes.

Succulent.

 

Camif
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