Spider Baby
Titre original: The Maddest Story Ever Told
Genre: Horreur , Comédie
Année: 1964
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Jack Hill
Casting:
Lon Chaney Jr, Jill Banner, Quinn Redeker, Beverly Washburn, Sid Haig, Karl Schanzer, Mary Mitchell...
 

Dans une maison qui semble abandonnée vivent en reclus les derniers descendants d'une famille victime d'une maladie dégénérative rare. Or, des cousins éloignés viennent, accompagnés d'un avocat, pour prendre possession des lieux.

 

 

Le film démarre par la présentation d'une maladie assez rare appelée le syndrome de Merrye, le narrateur nous explique que cette maladie n'a affecté en réalité que les membres d'une famille, c'est-à-dire les "Merrye", résultat de consanguinité regrettable (d'après l'oncle Bruno, génial Lon Chaney Jr). Cette maladie se caractérise par une régression mentale progressive qui fait passer les malades de l'état infantile à celui de bêtes. Confortablement installé dans un fauteuil, notre mystérieux narrateur commence à raconter la triste histoire des Merrye. Virginia, Elizabeth et Ralph sont frère et soeurs, et sont tous les trois atteints par les symptômes qui les font régresser inexorablement à l'état de grands enfants. Virginia (la brune) se prend pour une araignée (elle en élève d'ailleurs toute une famille dans un secrétaire) et est toute aussi dangereuse, comme le constatera à ses dépends un pauvre facteur. Elizabeth, la blonde, est plus infantile mais toute aussi perturbée (elle va embrasser chaque nuit le cadavre de son père). Reste Ralph, interprété par Sid Haig (acteur fétiche du réalisateur), impeccable en retardé muet vivant dans un monte charge (le moins dangereux de la bande). Tout ce petit monde vit sous la protection d'oncle Bruno (en fait le chauffeur de la famille), qui a la lourde tache de gérer et d'éviter un minimum les dégâts collatéraux. Cela aurait put continuer sans encombres si deux cousins (un frère et sa soeur) ne venaient troubler la quiétude de cette charmante famille. Appâtés par les retombées d'un héritage potentiel, les fameux cousins, Peter (Quinn Redeker) et sa soeur la vénale Carol (Emily Howe que l'on avait pu admirer dans "House on Haunted Hill"et qui ressemble étrangement à Meryl Streep), arrivent accompagnés d'un avocat et de sa secrétaire. Leur but : spolier les enfants de leur héritage. Heureusement pour nous, les choses ne se passent pas vraiment comme ils le souhaitaient.

 

 

"Spider Baby" a été écrit et mis en scène avec justesse par Jack Hill, réalisateur formé à l'école Roger Corman, dans laquelle il travaillera au montage, à la photographie ou à l'écriture. Il a notamment tourné deux WIP : "The Big Doll House" (1971) et "The Big Bird Cage" (1972), et surtout les deux films les plus célèbres de Pam Grier : "Coffy, la Panthère Noire de Harlem" (1973) et "Foxy Brown" (1974). Le film est un petit bijou d'humour noir qui ressemble à une certaine famille Addams, mais sans le second degré (quoique !). A ce titre, ne ratez pas la scène du repas où les hôtes proposent à leur convives des salades d'insectes, un chat rôti et du foin, le tout sous le regard horrifié de la pauvre Emily, qui ne résistera pas à sortir un paquet de chips de son sac. Le film oscille constamment entre frisson et comédie, et les personnages n'hésitent pas à en faire trop, comme cet avocat, croisement improbable entre Groucho Marx (pour le cigare et la démarche) et Hitler (pour la moustache). Ajoutons que le réalisateur s'engouffre avec délectation dans les stéréotypes de rigueur, avec le personnage d'Emily qui passe la deuxième partie du métrage en dessous sexy, proposant ainsi la dose d'érotisme totalement gratuite mais incontournable dans ce genre de production.

 

 

Tourné en douze jours à l'économie par des acteurs de télévision (sauf la star du métrage Lon Chaney, en fin de carrière), l'oeuvre ne se ressent nullement de ces conditions drastiques (la photo noir et blanc d'Alfred Taylor est magnifique), vu que tout le monde donne le meilleur de lui-même, semble s'amuser, et cela se ressent à la vision du film. Le métrage regorge tellement d'idées (parfois saugrenues) qu'il serait étonnant de ne pas y trouver son compte, et même les scènes dites de "remplissage" se distinguent par un gag ou un second degré pas toujours perceptible (voir l'avocat se faire éjecter de chaque place qu'il veut occuper pour se retrouver enfin face à Sid Haig), d'où la presque nécessité de visionner le film plusieurs fois.
Une telle production n'a évidemment pas tardé à devenir une oeuvre culte qui influencera certains réalisateurs (n'est ce pas Mister Zombies !), accentuée, comme d'habitude, par la rareté de l'oeuvre qui circula essentiellement dans certains circuits underground ou des drive-in. Inutile de préciser que le film est resté inédit chez nous. Mais grâce à la magie du DVD, voici l'occasion rêvée de combler cette lacune, car le film est sorti en dvd zone 2, après le collector américain, une bonne nouvelle permettant de découvrir cette petite merveille qui, pour une fois, n'a pas usurpé les qualificatifs en sa faveur. Alors... tous à vos lecteurs.

 

 

The Omega Man

 

En rapport avec le film :

 

# La fiche dvd Wild Side du film "Spider Baby"

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