Some Girls Do
Genre: Comédie , Aventures , Espionnage
Année: 1969
Pays d'origine: Angleterre
Réalisateur: Ralph Thomas
Casting:
Richard Johnson, Daliah Lavi, Beba Loncar, James Villiers, Sydne Rome, Robert Morley, Virginia North...
Aka: Mas peligrosas todavia / Algunas chicas lo hacen / Alcune ragazze lo fanno
 

La firme British Atomic Motors connaît une suite d'accidents pour le moins inquiétants, entraînant notamment la mort de certains membres hauts placés de l'entreprise. Ces décès ont comme point commun le projet SST1, à savoir la construction d'un avion supersonique. Lors d'un vol expérimental, un homme est éjecté à la suite d'un problème de dépressurisation. Un scientifique attaché au projet meurt dans un accident de voiture, et une explosion détruit une usine où le prototype est élaboré. Toutes ces coïncidences paraissent pour le moins suspectes, si bien que les services secrets décident d'envoyer leur meilleur agent enquêter sur cette affaire, le fameux Hugh "Bulldog" Drummond. Ce dernier ne va pas tarder à découvrir que le projet SST1 est victime d'actes de sabotages supervisés par son vieil ennemi, Carl Petersen.

 

 

Hugh Drummond est donc de retour, toujours sous les traits de Richard Johnson, et avec Ralph Thomas derrière la caméra. Pour cette séquelle, le réalisateur a repris les ingrédients du premier opus, "Plus féroces que les mâles", à savoir Drummond confronté à son vieil ennemi Petersen, ce dernier étant secondé par un duo de femmes "fatales" dans tous les sens du terme. Exit Nigel Green dans le rôle du grand méchant, et pas d'Elke Sommer ni de Sylva Koscina pour l'assister dans ses méfaits. C'est à James Villiers que revient l'honneur d'affronter Richard Johnson, cette fois. Cet acteur, vu dans des productions de la Hammer et de l'Amicus ("La momie sanglante", "Asylum"), ne parvient pas, hélas, à faire oublier Nigel Green. Il paraît emprunté, trop "sobre" pour un personnage mégalomane qui devrait être au contraire exubérant. Fort heureusement, la délégation féminine fait honneur au casting du précédent opus, avec une Daliah Lavi reprenant en quelque sorte le personnage qu'incarnait Elke Sommer (la méchante très... méchante), et une Beba Loncar un peu plus "fleur bleue", insouciante (et nunuche) très proche, dans l'esprit, du personnage que jouait Sylva Koscina.
Après les cartels du pétrole, Carl Petersen s'en prend cette fois à l'industrie aéronautique, et se donne bien du mal pour saboter un nouveau prototype d'avion supersonique élaboré par les Britanniques. Des millions de £ivres sterling sont en jeu, dans un camp comme dans l'autre. La partie ne va pas s'avérer facile pour notre agent secret, qui va devoir non seulement affronter Petersen, mais aussi la redoutable baronne Helga Hagen (Daliah Lavi – "Le corps et le fouet"), sur le front comme au plumard (c'est le bon côté de l'espionnage, seule profession où l'on peut coucher avec l'ennemi). Et si la Baronne est ravissante, Pandora, dans un autre genre (Beba Loncar – "Opération Ré Mida", "Interrabang") l'est tout autant. Pour corser le tout, le repaire de Petersen est protégé par une escouade d'amazones quasi indestructibles, étant donné qu'il s'agit de... robots !

 

Michael Thomas n'est pas novateur, et reprend ici une idée développée notamment dans la série des Goldfoot avec Vincent Price ("Dr Goldfoot and the Bikini Machine", "Dr Goldfoot and the Girl Bombs"). Cela dit, à défaut d'originalité, cela nous vaut le plaisir de voir évoluer toute une cohorte de charmantes jeunes femmes en mini-jupes rouges (certains plans rappellent d'ailleurs "The Girl from Rio" de Jess Franco, tourné la même année). Ces robots pour le moins sexy n'ont pas de nom, mais un numéro (ce ne sont pas des femmes libres). On notera au passage les robots n°1 (Yutte Stensgaard – "Lust for a Vampire") et n°9 (Virginia North – "L'abominable Docteur Phibes"). Et puis, on remarquera aussi, au début du film, la présence de Joanna Lumley, alors en tout début de carrière, et qui sera engagée à la même époque dans "Au service secret de sa Majesté". Pour compléter ce tableau féminin pour le moins relevé, "Some Girls Do" est aussi le film qui va lancer la carrière de Sydne Rome, dans un rôle d'agent double peu crédible, mais peu importe, le film étant plus une comédie qu'un pur film d'espionnage.

 

C'est d'ailleurs ce qu'on pourrait reprocher à ce second opus. Autant "Plus féroces que les mâles" comportait certaines scènes sadiques, dans l'esprit des films d'espionnage italiens de l'époque ; autant dans "Some Girls Do", cet aspect a complètement disparu. Ralph Thomas mise tout sur la parodie à outrance, voire la caricature, parfois avec réussite, mais parfois également d'une manière trop appuyée, contribuant ainsi à transformer son œuvre en pastiche grossier. D'ailleurs, ce côté parodique est particulièrement accentué par le personnage incarné par Robert Morley, qui joue Miss Mary (!!!), un chef cuisinier homosexuel et extravagant. Et là, on en vient à penser que Douglas Hickox a forcément vu "Some Girls Do", vu qu'il offrira à Robert Morley un rôle assez similaire dans "Théâtre de sang", quatre ans plus tard.
Hugh Drummond, au milieu de tout ce joli monde, évolue à son niveau, faisant preuve une fois encore de talents multiples et insoupçonnés, comme tout bon agent secret qui se respecte. On le verra successivement voler dans un planeur, parvenir à ouvrir un parachute saboté, piloter un hors-bord avec maestria, et... cerise sur le gâteau, donner des cours de séduction aux femmes-robots dans le repaire de Petersen. Richard Johnson est donc parfaitement à l'aise, dégageant une force tranquille similaire à celle du premier volet.
"Some Girls Do" apparaît finalement comme une séquelle inférieure à "Plus féroces que les mâles", alternant des scènes réussies (l'attaque du biplan sur le planeur, le repaire de Petersen) et d'autres particulièrement cheap (l'explosion de l'usine, la poursuite en hors-bord), peu excusables pour un film de ce calibre, et que l'on aurait plus imaginées dans une série TV genre "Chapeau melon et bottes de cuir". Ralph Thomas reprend les ingrédients du premier opus, mais joue trop la carte de la parodie, si bien que l'importance donnée à la comédie finit par annihiler toute forme de suspense. La sauce prend par intermittences, alors que l'alchimie était complète dans les "Flint", par exemple. On se consolera néanmoins devant la prestation satisfaisante d'une bonne partie du casting, et de toutes ces actrices plus craquantes les unes que les autres. Et si Richard Johnson n'avait pas été supplanté par Sean Connery sur "Dr No", on peut penser qu'il aurait fait un James Bond fort acceptable.

 

 

Note : 6,5/10


Flint

 

En rapport avec le film :


# "Some Girls Do", inédit en France, est disponible en import chez un éditeur britannique (Network/Granada Ventures), couplé avec "Deadlier than the Male" (sur deux DVD différents). VO sans sous-titres et, plus regrettable, au format 1.33 :1. Bonne duplication, néanmoins.

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