Journal érotique d'une thaïlandaise, Le
Genre: Erotique
Année: 1980
Pays d'origine: France / Italie / Hong Kong
Réalisateur: Jean-Marie Pallardy
Casting:
Jean-Marie Pallardy, Brigitte Lahaie, France Lomay, Sylvie Cointre, Mike Monty, Bernard Musson, Georges Guéret, Catherine Greiner, Marilyn Jess, Julia Perrin...
Aka: Carnet intime d'une thaïlandaise / Emmanuele 3 / Body-Body à Bangkok (remontage porno) /An Erotic Journal of a Lady from Thailand / Carnal Times in Thailand
 

Paul Vernier (Jean-Marie Pallardy) travaille officiellement en tant que photographe de mode, et reçoit ses ordres du directeur d'une agence de voyages (interprété par Bernard Musson). Cette agence n'est qu'une façade cachant une filiale de la DGSE (qui s'appelait encore SDECE à l'époque). Paul est chargé d'une mission en Thaïlande, plus précisément à Bangkok, où deux agents étrangers, l'un russe, l'autre américain, ont disparu. Ces hommes ayant collaboré dans un passé récent avec Vernier, c'est à ce dernier de déterminer ce qui a pu leur arriver.
Toujours sous son étiquette de photographe, il part donc pour Bangkok, accompagné de deux ravissants mannequins, Claudine (Brigitte Lahaie) et Yvonne (Julia Perrin). Sur place, le trio est accueilli par un certain Kaho, chargé de les guider à travers la ville. Lors d'une promenade en bateau, Paul croise une jolie thaïlandaise. Il la retrouve plus tard, apprenant alors qu'elle travaille dans un salon de massage qui est en réalité un bordel de luxe pour les étrangers...

 

 

Il est difficile de se faire une idée précise sur "Le journal érotique d'une thaïlandaise", qui est peut-être le film de Pallardy ayant connu le plus de montages différents. Parfois, il s'agit de simples variantes dans la durée de certaines scènes, qui ne modifient pas la trame d'un iota (c'est le cas si l'on compare le DVD du Chat qui Fume avec la VHS sortie à l'époque par LCJ). Parfois, l'œuvre va prendre une autre orientation, avec une connotation hardcore (comme dans "Body-Body à Bangkok"). De même, on va retrouver plusieurs versions du pique-nique tournant à l'orgie, de durées diamétralement opposées. Ces différents montages donnent au film un aspect hétéroclite, avec des coupes brutales, un flou certain en ce qui concerne l'unité de temps, mais surtout un scénario plutôt fantaisiste avec cette pincée d'espionnage totalement incohérente, et balancée dans le film en toute désinvolture.
Côté arrière-cour, on sait que le réalisateur avait craqué sur Brigitte Lahaie. Il l'avait déjà engagé deux ans auparavant dans "Prends-moi de force", mais il avait apparemment envie de pousser l'expérience un peu plus loin (en gros, s'offrir une scène hard avec la vedette du X). Quoiqu'il en soit, la présence de Brigitte Lahaie dans "Le journal érotique d'une thaïlandaise" est sans aucun doute l'atout majeur du film, et sans elle ce long métrage ne serait qu'une bluette érotique relativement indigeste.




Pour le reste, si l'on a quelques beaux paysages, et la silhouette sympathique de France Lomay, hardeuse qui joua souvent avec Brigitte Lahaie, le film bascule souvent dans le ridicule. C'est dans l'ensemble relativement mal joué, certains acteurs asiatiques sont doublés de façon grotesque, et l'accent texan de Mike Monty atteint aussi des sommets de débilité. Quelques gags plutôt lourds émaillent également ce "Journal érotique...". On retiendra notamment ce passage où Claudine, frustrée de ne pas avoir fait l'amour avec Paul, prend le téléphone et appelle une chambre de l'hôtel (au hasard, le 69). Un homme décroche (Georges Guéret), qui entend des gémissements. Pendant que Claudine se masturbe avec le combiné, le type ne comprenant rien passe le téléphone à sa femme qui croit alors que son mari a une maîtresse. Elle le gifle – gag !
En dehors de Brigitte Lahaie et France Lomay, on reconnaîtra également d'autres actrices du X français de l'époque, comme Catherine Greiner (aka Cathy Stewart), dans le rôle de la femme de Paul, ainsi que Marilyn Jess et Julia Perrin, les deux mannequins que Paul photographie sur le parvis de Notre Dame au tout début. Les apparitions de ces trois actrices sont furtives, et les fans de Marilyn Jess, entre autres, resteront sur leur faim, du moins dans cette version soft. Quant à Sylvie Cointre, qui incarne Clito (no comment), la prostituée thaïlandaise, elle retournera vite dans l'anonymat dont elle était brièvement sortie.
Dick Randall, qui a co-produit le film (et qui était aussi le producteur de "Emmanuelle à Cannes") fait également une apparition, louant les services de pas moins de six thaïlandaises dans le bordel, qu'il sera bien incapable de satisfaire, évidemment.




En résumé, on appréciera ou pas le côté décousu de ce "Journal érotique d'une thaïlandaise", film avant tout érotique, avec une pointe d'espionnage fort mal intégrée, le tout baignant dans une imagerie de dépliant touristique sur Bangkok, et un aspect "mondo", avec notamment ce passage dans un club, où une artiste de cabaret exécute une danse lascive avec des bougies, dont la cire brûlante vient se mélanger à la peau nue de la danseuse sans que cette dernière en soit perturbée (tout cela sous les yeux admiratifs d'un Pallardy passablement excité). Cela confirme en tout cas que Jean-Marie Pallardy est meilleur derrière la caméra que devant, et que sa filmographie des années 1980 est loin d'atteindre en qualité celle des années 1970. Aussi recommandera-t-on, à tous ceux qui auraient la curiosité de découvrir l'œuvre du cinéaste, de se tourner plutôt vers des films comme "Le dossier érotique d'un notaire", "Le journal érotique d'un bûcheron", "La donneuse" ou "Love Connection". Cela dit, tout fan de Brigitte Lahaie saura apprécier ce film là, pour des raisons évidentes.

 


Note : 5/10

 

Flint

 

En rapport avec le film :

 

# La fiche dvd du Chat qui Fume du film "Le journal érotique d'une thaïlandaise"

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