Guerriers des étoiles, Les
Titre original: Ice Pirates
Genre: Science fiction , Comédie , Piraterie , Parodie
Année: 1984
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Stewart Raffil
Casting:
Robert Urich, Mary Crosby, Michael D. Roberts, Angelica Huston, Ron Perlman, John Matuszak, John Carradine...
 

Longtemps après la fin des guerres interplanétaires, toute la galaxie souffre de sécheresse et est dominée par les templiers de Mithra. Toute la galaxie? Non, car dans leur vaisseau pirate, Jason, Roscoe, Maida, Zeno et quelques autres résistent encore et toujours à l'horrible Commandeur suprême et à son affreux sbire, le redoutable Zorn.
Contrôlant l'eau, ressource rare et d'une valeur extrême, les templiers dominent l'espace mais sont régulièrement pillés par ces pirates sans foi ni loi mais au grand coeur. Et lorsque ces derniers s'emparent d'une grosse cargaison d'or liquide, Jason ne peut s'empêcher d'enlever en même temps la jolie princesse Karina.

 

 

S'ensuit une lutte acharnée entre les templiers et les pirates dont le but ultime n'est autre que l'accès au mythique septième monde, une planète où l'eau serait abondante et dont la découverte marquerait la fin de la domination monopolistique des templiers et l'avènement d'une nouvelle ère...
Ca a l'air d'être assez sérieux, vu comme ça, tournant autour d'enjeux certes classique (impérialisme d'une part contre résistance plus ou moins organisée d'autre part), avec une plongée de l'univers du swashbuckler dans celui du space opera mais, en fait, c'est d'abord (et surtout ?) une comédie sympathique, mixant allègrement les genres en faisant fi de toutes les conventions.
C'est ainsi qu'on y trouve, en vrac: un robot donnant le biberon à un marcassin, un extra-terrestre lisant un magasine dans les toilettes, un pirate à bandeau noir et à perroquet déplumé sur l'épaule, un véhicule à calandre "tête de mort" géante, des armes ultra-perfectionnées (comme un jeu d'arcades type "space invaders" pour arrêter les missiles ennemis!), une tête qui parle, un herpès spatial, un robot-pute, des moumoutes incroyables et bien d'autres choses encore.

 

 

L'esprit festif qui seyait à bien des films de cape et d'épée, qu'ils se passent sur terre ou sur mer, se retrouve ici dans les hauts faits de nos personnages. Leurs costumes aussi d'ailleurs, Jason, Roscoe et les autres arborant des tenues dignes d'Errol Flynn ou de Tyrone Power tandis que les templiers font penser à des chevaliers sans montures.
La quête de l'eau et de l'Eldorado légendaire donne lieu à moult combats et rebondissements permettant aux personnages de prendre toute leur dimension, archétypale, certes (le héros, son comparse, la princesse, les seconds couteaux, les affreux), mais totalement dans l'esprit du film. Les bons sont bons et les méchants sont méchants. Au milieu, et naviguant d'un bord à l'autre selon leur programmation, des robots en tous genres montrent leurs limites et révèlent une dimension comique que leur aspect froidement métallique ne laissait pas espérer. Ils sont franchement très bêtes, parfois trouillards, peuvent être d'excellents majordomes mais sont le plus souvent de piètres combattants.
Le casting est sympathique aussi, réunissant des acteurs ayant souvent officié à la télévision, comme le héros en titre, guerrier macho mais coeur tendre interprété par Robert Urich, son acolyte Michael Roberts ou Mary Crosby (notamment connue pour son rôle dans "Dallas"). Mais on y trouve aussi des tronches du cinéma comme celles de Ron Perlman (de "La guerre du feu" à "Hellboy", en passant par "L'écorché" ou "The second civil war", il n'est plus à présenter) ou de Angelica Huston, fille de John et notamment vue dans "Swashbuckler" justement, ou dans "La famille Adams". Sans oublier John Carradine, qui avait alors 78 ans et une filmographie trop longue pour être énumérée.

 

 

De son côté, le réalisateur Stewart Raffil n'a pas trop marqué les esprits jusqu'à présent et cet "Ice Pirates" pourrait bien être son titre de gloire, à côté de "Philadelphia Experiment" (tandis que "Croc / L'attaque du crocodile géant" chroniqué par ailleurs par Omega Man ne semble pas devoir laisser un souvenir impérissable, ni d'ailleurs Tammy et le T-rex et son improbable transfert de cerveau humain dans un tyrannosaure animatronique...)
Réalisateur de seconde zone ou pas, il n'empêche que le Raffil a réalisé un film foutrement sympathique et que les tribulations de planètes en planètes de cette horde joyeuse de pirates prêts à tout pour l'eau et les beaux yeux de la princesse, jusqu'à risquer la castration dans une scène particulièrement éprouvante... pour les zygomatiques, constituent une joyeuse sarabande dont on aurait tort de se priver, le final étant même la séquence la plus réjouissante avec cette plongée dans l'espace-temps qui réserve son lot de surprises vagissantes et agissantes !
Dans l'espace intersidéral, il n'est donc pas interdit de rire, frémir ou de prendre du plaisir, c'est quand même une excellente nouvelle !

 

 

Bigbonn

 

En rapport avec le film :


# un ou deux plans d'une cité traversée par Jason et la princesse me disaient quelque chose... Bingo ! Ils sont tirés de "L'âge de cristal", autre film de SF mais à visée plus sérieuse. Idem, les pirates et les templiers, quand ils sont dans leur vaisseau à rien foutre, regardent une sorte de télé sur laquelle passent des matches de Rollerball tirés du film de Norman Jewison.

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