Atlantis Interceptor
Titre original: I predatori di Atlantide
Genre: Science fiction , Action , Aventures
Année: 1984
Pays d'origine: Italie / Philippine
Réalisateur: Ruggero Deodato (Sous le pseudo de Roger Franklin)
Casting:
Christopher Connelly, Gioia Scola, Tony King, Stefano Mingardo, Ivan Rassimov, John Blade, Bruce Baron, George Hilton, Mike Monty, Michele Soavi...
Aka: Les prédateurs du futur / The Atlantis Interceptors / The Raiders of Atlantis / Atlantis Inferno
 

Sur une plate-forme océanographique, un groupe de scientifiques découvre une plaque en or massif recouverte d'étranges inscriptions. Des tests datent l'objet de l'ère précolombienne, mais un terrible raz-de-marée empêche les scientifiques de poursuivre leurs investigations. Lorsque le calme revient après le déluge, seuls trois rescapés parviennent à rejoindre une embarcation. Le petit groupe débarque alors dans une ville ravagée, hantée par des hordes de motards, les Interceptors, qui pillent et tuent aveuglément tout ce qui croise leur route.

 

 

C'est comme si tout le bis italien était résumé en un film : prenez un scénario qui n'a rien à voir avec le résultat à l'écran (initialement prévu sous la direction d'Antonio Margheriti, le film se voulait une aventure fantastique à base de monstres !), des effets spéciaux à la limite du n'importe quoi (voir l'épave du sous-marin, le dôme entourant l'Atlantide), des décors recyclés (comme la table de mixage qui sert de pupitre au technicien), des costumes au delà du réel (les fameux Interceptors, le look de Gioia Scola sur l'île !) et une musique déjà démodée et cultissime à l'époque (normal c'est signé par l'un des frères De Angelis "Zorro"). Ajoutez à cela un casting trois étoiles avec en tête Christopher Connelly, acteur américain qui se fit connaître aux Etats-Unis dans les années soixante via un soap opéra ("Peyton Place") où il interprète le rôle du frère de Ryan O'Neal. Il est ensuite apparu dans de nombreuses séries américaines ("Bonanza", "Mannix", "Mission impossible", "CHIPS", "Matt Houston"...), avant d'entamer dans les années quatre-vingt une petite carrière en Italie, où il tournera dans "Manhattan Baby", "Les guerriers du Bronx", "Cobra Mission", "Strike Commando". De cette période, on retiendra surtout son rôle de méchant dans le méconnu "Django 2", suite officielle réalisée tardivement en 1987 avec Franco Nero. A ses côtés, toute une pléiade d'acteurs aperçus dans de nombreuses productions italiennes : la belle Gioia Scola ("Conquest"), l'incontournable Ivan Rassimov ("La secte des cannibales", "Le dernier monde cannibale"..."), l'inénarrable Bruce Baron ("Nom de code Oies Sauvages" et quelques "Ninja flicks" avec Richard Harrison !), le bellâtre George Hilton (pas mal de westerns et une poignée de giallos), l'ancien joueur de football américain Tony King (spécialiste de la blacksploitation et héros "The Last Hunter") ; sans parler du peu connu mais incroyablement prolifique Mike Monty ("Zombies 3") qui doit avoir tourné dans tous les "viet movies" réalisés aux Philippines et du futur réalisateur touche à tout et incontournable second rôle du bis italien de l'époque, le bien nommé Michele Soavi.

 

 

Tout ce beau monde va donc essayer d'échapper à la vindicte des fameux "Interceptors" commandés par Crystal Skull alias Bruce Baron qui, d'après la légende, était tellement nul que le réalisateur décida de le lui recouvrir la tête d'un crane translucide. Qu'importe la raison, l'effet est immédiat et fait partie des bonnes surprises de ce film qui, malgré ses nombreux défauts, va connaître son petit succès international grâce à quelques photos d'exploitation bien senties, un titre des plus énigmatiques et une affiche splendide (Christopher Connelly, le M16 au poing).
Réalisé par Ruggero Deodato (qu'on ne présente plus !) juste avant son fameux "Amazonia : la jungle blanche", "Atlantis Interceptors" est un film fascinant par bien des aspects, notamment une accumulation quasi maladive de scènes d'actions (pour une production plutôt fantastique) et une ambiance parfois délétère très "zombiesque" qui règne dans la ville ravagée dans laquelle débarquent nos survivants. En effet, par moments, on se croirait dans "L'enfer des zombies" de Fulci, avec quelques séquences bien étranges (le cadavre pendu qui cogne contre le jukebox). Paradoxalement, à partir de ce moment, on a l'impression que le réalisateur Deodato s'est endormi, laissant sa seconde équipe et les cascadeurs faire le travail à sa place, ce qui explique peut-être le côté "puzzle" mal assemblé de l'ensemble. Mais justement c'est ce petit côté bâtard qui rend l'oeuvre intéressante, on pouvait craindre que le script enfermerait l'ensemble dans une sorte de torpeur (voir le début assez pénible). Il n'en est rien, et une fois sa vitesse de croisière atteinte, le film part dans tous les sens, alignant les péripéties et les coups de théâtre (parfois totalement improbables).

 

 

Ainsi, l'histoire démarre vraiment avec le débarquement des survivants (la presque totalité du casting !). Se succèdent ensuite l'excursion et la découverte de la ville dévastée, l'exécution d'un rescapé, le siège, la découverte d'autres survivants (qui seront vite massacrés), le kidnapping de Gioia Scola, la fuite en bus, l'évasion en hélicoptère et l'arrivée sur l'île. On court dans tous les sens, on se canarde allègrement, une survivante est brulée au lance flamme, un motard décapité au fil de fer, un bus est pris d'assaut via un hélicoptère, bref, on a l'impression que tous les casse-cous du coin se sont donné rendez-vous sur le plateau pour se massacrer dans la bonne humeur et l'allégresse. Une fois tout ce beau monde rassasié, Deodato se réveille et reprend les commandes pour un final branché science-fiction qui, par moments, fait surtout pensez à un vieux clip de Cerrone. On le sait, la science-fiction italienne rime souvent avec kitsch, et ce brigand de Deodato se limite au minimum syndical pour emballer son final. Même si le mythe de l'Atlantide (souvent malmené) en prend un sacré coup, le résultat est une bonne petite série B qui contient beaucoup de violence, un peu de gore (la décapitation), mais pas de sexe (pas le temps, dommage !) ; de quoi passer un bon moment sans trop réfléchir.

 

 

The Omega Man

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