Death Screams
Genre: Horreur , Slasher
Année: 1982
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: David (Oswald) Nelson
Casting:
Susan Kiger, Larry Sprinkle, Andria Savio, David Lenthall, Martin Tucker, Jennifer Chase...
Aka: House of Death / Night Screams
 

C'est la fin des vacances d'été dans une petite ville de la Caroline du Nord. D'ici quelques jours, un groupe d'amis quitteront leur maison pour intégrer de grandes universités.
Mais avant la fameuse rentrée scolaire, il est temps de se dire au revoir ; cela tombe bien puisque le carnaval annuel de la ville va avoir lieu et offrira un endroit propice à l'amusement, au délire de groupe. Il sera toujours temps pour parfaire les adieux d'organiser une grande fête autour d'un feu de camp aux abords de la rivière qui longe la petite bourgade. Sauf que celle-ci semble charrier quelques cadavres découpés à la machette. Et oui, c'est que nos jeunes crédules ne savent pas qu'un tueur, armé d'une panoplie de couteaux, hante la région. Un tueur en série qui n'hésite pas non plus à se servir de flèches à la manière indienne ou encore de sacs plastiques pour tuer ses proies ; bref, un dangereux psychopathe qui, lui aussi, dans un élan mimétique, et dans son propre style, célèbre la petite foire locale !

 

 

L'amateur de slashers régionaux, en quête d'ambiances moites et de suspens à couper le souffle, sera inspiré de passer son chemin et d'éviter ce Death Screams sous peine de totale désillusion. Allons-y gaiement et laissons tomber le couperet : House of Death n'a vraiment pas grand-chose à offrir de neuf, que l'on se place au jour d'aujourd'hui comme en 1981. Peu ou pas de mystère, zéro de tension : rarement la terreur n'aura aussi peu impliqué et immergé son spectateur avide de frissons. La première partie (soit, la moitié du film) est placée sous le signe de discussions toutes aussi ridicules qu'ineptes. Les situations et les personnages aussi gras que peu passionnants affluent avec même un shérif redneck de cent tonnes, trop occupé à prendre quelques gamins la main dans le sac, en train de chaparder des magazines de cul à la supérette du coin. Les meurtres sont assez rares en plus d'être elliptiques ; ils ne sont ni très spectaculaires, ni spécialement originaux ; ni terrifiants, ni même encore suffisamment ridicules pour susciter un quelconque plaisir coupable d'une délectation au second degré. De fait, si l'on ne s'ennuie pas totalement à la vision de ce Death Screams, cela tient quasiment du paradoxe tant celui-ci est ni pire, ni meilleur que le tout venant "slasheresque" au charme indépendantiste.

 

 

Reste quoi ? Quelques passages réussis dans un océan de vide : une entame plutôt alléchante avec ce couple entrelacé qui se fait déchiqueter sans qu'on ne sache ni trop par qui, ni trop comment, ce avant un générique prometteur. Une autre scène nocturne assez brillante menant à l'égorgement d'une victime qui sera bientôt suivie d'autres. Un zeste de nudité frontale histoire de contribuer à remplir la base de données d'imdb. Certaines mises à mort totalement absurdes qui, à rebours, joueront presque en faveur de David Nelson : une flèche venue d'on ne sait où venant se planter dans la jugulaire d'une belle plante, laquelle était justement en train de se nouer un bandeau à l'indienne autour du front (si cela se veut humoristique, autant dire que ça tombera à plat). Une seconde femme qui se fera tuer en faisant du manège, étouffée en l'espace de trois secondes montre en main par un sac plastique, puis, enfin, une révélation finale désuète ainsi qu'un tueur particulièrement mal exploité (si ce n'est pas exploité du tout) et qui surgira dans l'indifférence générale dans la toute dernière bobine...


Voilà tout ce qu'a à offrir ce petit film qui n'est pas le vilain petit canard du genre, loin s'en faut, mais qui, à tout niveau (thématique – oui on peut rêver - , graphique, ou même scénaristique) n'a rien de bien palpitant au sein d'un genre qui en a vu passer des vertes et des pas mûres depuis le début des années 70. Bizarrement, Death Screams donne un temps l'illusion de se faire la chronique d'un petit village, ainsi que l'étude de caractère mâtinée d'un petit portrait de groupe d'adolescents à la manière naturaliste d'un Sleepaway Camp, ce, avant de vite décevoir également à ce niveau. Tout comme l'exploitation de son décor, notamment cette fête foraine, sera loin d'égaler "The Funhouse", tourné l'année précédente par un Tobe Hooper encore un brin inspiré.

 

 

On mentionnera que le scénario est ici écrit par un certain Paul C. Elliott dont c'est l'unique contribution cinématographique (s'agit-il d'un pseudo ? Pas impossible) et qu'il est réalisé par un second couteau du cinéma traditionnel, puisque dès 1959 on pouvait apercevoir David Nelson en tant qu'acteur dans la superbe "Chevauchée des bannis" d'André de Toth (et aux côtés de Elisha Cook, un autre acteur oscillant régulièrement entre le film de genre – La nuit de tous les mystères, Messiah of Evil, "Le vampire noir"... - et un cinéma plus classique – Electra Glide in Blue, Tom Horn... ).
Petite particularité néanmoins : les rôles des adolescentes sont tenues la plupart du temps par quelques playmates (plus âgées que leur rôle à l'écran, mais ça, nous sommes habitués), avec en point de mire Susan Kiger, élue miss playboy en janvier 1977 après une apparition dans un porno XXL : "Hot Nasties" (alias "Deadly Love").
Pour terminer sur le film lui-même, synthétisons en disant que Death Screams est une pellicule horrifique autant dispensable que passablement regardable.

 

 

Mallox

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