Phantasm
Genre: Fantastique
Année: 1979
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Don Coscarelli
Casting:
Michael Baldwin, Bill Thornbury, Reggie Bannister, Angus Scrimm...
 

Un croque-mort géant au teint cireux et au regard effrayant. Des sphères volantes et perforantes capables de tuer un homme. Des nains encapuchonnés qui poussent étranges grognements et borborygmes malsains. Une entreprise de pompes funèbres où la mort semble promise à quiconque y met les pieds. Une pièce fermée recelant bien des secrets. Un corbillard roulant à tombeaux ouverts. Une femme vénéneuse au visage trouble. Et au milieu de tout ça: Mike, un gosse de 13 ans déboussolé depuis la mort de ses parents, deux ans plut tôt, et élevé depuis par son frère aîné, Jody.

 

 

Mais ce dernier commence à saturer de la vie dans ce trou perdu et envisage de reprendre la route, au grand désarroi de Mike. La mort de Tommy, un ami, dans des circonstances étranges, va les rapprocher et les amener à rencontrer le fossoyeur malsain et à les unir contre ce Tall Man aux pratiques étranges et inquiétantes.
Rien ne semble tout à fait réel dans cet univers mortuaire, exceptée la mort elle-même. Elle enveloppe les deux frères et leur ami Reggie, les attire vers la maison-morgue, immense bâtisse posée près des pelouses du cimetière de Morningside. Que se passe-t-il dans cet endroit maudit ? Qu'y a-t-il à y découvrir? Pourquoi les faits et gestes du croque-mort défient-ils la raison ?

 

 

Quand Don Coscarelli réalise Phantasm, il a 25 ans, des moyens plutôt modestes mais de très belles idées pour créer un univers unique. Des films avec des morgues, des cadavres, une frontière qui s'émousse entre le monde des vivants et celui des morts, il y en a déjà eu et il y en aura encore. Pourtant, Phantasm possède une personnalité qui lui est propre et baigne dans une atmosphère irréelle qui en fait tout le charme.
La structure du film est parfois décousue, passant du rêve à la réalité, flirtant avec l'irrationnel pour mieux plonger dans le fantastique, mais elle déroule les événements avec un impact constant, renforcé par la musique aux synthés un peu cheap mais très réussie et par le charisme des acteurs, Angus Scrimm en tête, qui incarne ce Tall Man dont la force surhumaine et le regard morbide contrastent violemment avec la fragilité de Mike.
Les êtres humains se serrent les coudes et se réconfortent mais c'est pour mieux subir de nouvelles épreuves. Certains meurent mais réapparaissent parfois sous une autre forme. D'autres disparaissent avant de resurgir brusquement lorsqu'on ne les attendait plus. En attendant qu'une vérité se fasse jour, l'entreprise de pompes funèbres garde intacte son aura mystérieuse et ses effroyables secrets.

 

 

Plus de 20 ans avant un Bubba Ho-Tep tout aussi surprenant et réussi mais doté de plus de moyens (leur modestie se ressent ici surtout dans une scène de "petit monstre volant" qui frôle le ridicule mais que la richesse de l'ensemble permet de faire passer), Don Coscarelli marquait de son empreinte le cinéma fantastique en lui offrant une oeuvre majeure (n'ayons pas peur des mots), réussissant à laisser le spectateur en prises aux doutes et aux incertitudes. Avec une constance étonnante et sur près de 20 ans, il lui donnera trois suites, se laissant à peine distraire par les aventures d'un Dar l'invincible en 1982 et d'un "Survival Quest" en 1989.
Phantasm, au titre équivoque pouvant laisser planer le doute sur la réalité de tous ces événements rattachés à un adolescent perturbé par le décès de ses parents, entraîne ses spectateurs dans une zone fertile en frayeurs et en sursauts, et riche en interprétations possibles. Une oeuvre majeure, je vous le disais.

 

 

Bigbonn

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