Chromosome 3
Titre original: The Brood
Genre: Horreur
Année: 1979
Pays d'origine: Canada
Réalisateur: David Cronenberg
Casting:
Oliver Reed, Samantha Eggar, Art Hindle, Henry Beckman...
 

Dans l'institut psychiatrique qu'il dirige, le professeur Raglan expérimente un nouveau traitement de son invention : les psychoprotoplasmes. Cette thérapie permet aux patients d'extérioriser leurs névroses, et de les exprimer à un niveau corporel. Nola, une mère séparée contre son gré de son mari et de sa fille, est l'un de ses plus brillants sujets. Seul problème : Nola est de plus en plus amère vis-à-vis de sa famille et de son entourage, qui selon elle l'empêchent de retrouver une vie normale. Une série de meurtres étranges va alors commencer à frapper ceux vers qui se dirige la haine de Nola. Frank, son mari, va tenter de protéger Candice, leur fille.

 

 

"Chromosome 3" (que nous appellerons par son titre original "The Brood", pour cause de titre VF totalement hors sujet) constitue la première pièce majeure de la filmographie de Cronenberg. Après quelques films de jeunesse ainsi que deux films d'horreur plutôt cheaps (Frissons et Rage) il signe ici le véritable coup d'envoi de sa carrière commerciale. Pourtant, ce n'est pas pour cela qu'il va caresser le spectateur dans le sens du poil. Il va s'affirmer en tant qu'auteur.
Car tout d'abord, "The Brood" est un film autobiographique. Il décrit avant tout l'histoire d'une famille qui explose. Or, à l'époque du film, Cronenberg lui-même connaissait une situation familiale fragile : en instance de divorce, il essayait d'obtenir la garde de son enfant. Toute sa rancoeur s'affiche dans "The Brood". Frank, le père protectif du film, est son équivalent. Tous les autres personnages sont ceux qui vont subir les foudres du scénario : ils seront présentés comme des enfoirés ou alors ils seront assassinés... Bref "The Brood" est avant tout un exutoire pour Cronenberg. Au vu de cet aspect autobiographique, le spectateur est amené à mieux appréhender le film. Pourtant, même sans cela, sa vision reste une grande source de réflexion et donc de plaisir pour tous les fans du réalisateur canadien.

 

 

En effet, les thèmes chers à Cronenberg y sont développés. La chair, ses aberrations dues à la science, ainsi que sa relation avec l'esprit sont évoqués. Bien sûr, celui qui s'attend à trouver du grand spectacle peut passer son chemin. Cronenberg ne verse jamais dans le tape-à-l'oeil. Il privilégie la création d'une atmosphère relativement malsaine, avec une photographie assez sale. Très datée, dirons certains. Pourtant, paradoxalement, c'est cette photographie qui renforce l'aspect réaliste et qui donne au film ce climat si particulier. Efficace. De plus, à travers l'émergence des thèmes cronenbergiens, l'originalité est de mise, et l'intelligence du film certaine. Bref "The Brood" marque le remarquable début d'un des cinéastes qui allait par la suite devenir l'un des plus beaux défenseur du cinéma fantastique, un de ceux grâce à qui l'horreur allait enfin pouvoir être synonyme d'intelligence dans l'esprit des médias.

 

 

Note : 7/10

 

Walter Paisley
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