Montagne mystérieuse, La
Titre original: The Beast of Hollow Mountain
Genre: Western , Fantastique , Agressions animales
Année: 1956
Pays d'origine: Etats-Unis / Mexique
Réalisateur: Edward Nassour et Ismael Rodriguez
Casting:
Guy Madison, Patricia Medina, Carlos Rivas, Mario Navarro,Pascual García Peña...
 

Dans une région reculée du Mexique, à la fin du 19ème siècle, l'américain Jimmy Ryan et son associé local Felipe Sanchez recherchent les bêtes disparues de leur troupeau. Une recherche qui les mènent jusqu'à une dangereuse zone marécageuse entourant une mystérieuse montagne (d'où le titre) où leurs vaches ont semble-t-il péri dans les sables mouvants. Mais Ryan et Sanchez (qui manque d'ailleurs d'être englouti dans ces sables mouvants) croient plutôt que leurs bovins ont été enlevés par des sbires d'Enrique Rios, un éleveur rival. Pourtant, une légende locale parle d'une créature monstrueuse qui, les années de sécheresse, descendrait de la montagne pour dévorer bêtes et gens. En attendant, la rivalité entre Rios et Ryan bat son plein, surtout que Sarita, la fiancée de Rios et fille de Don Pedro, l'autre grand éleveur du coin, a les yeux de Chimène pour le fringant Yankee depuis qu'il a sauvé la vie du veuf et ivrogne Pancho, en arrêtant son cheval emballé. Car Pancho est le père de Panchito, un jeune orphelin que Sarita a pris sous sa protection.

 

 

Un tyrannosaure, ou un allosaure (on ne sait pas trop, la créature s'avérant au final ne pas ressembler à grand-chose)... enfin, un dinosaure carnassier, des cow-boys, le Mexique, cela ne vous rappelle rien ? La vallée de Gwangi bien sûr, et ce n'est pas un hasard, car ces deux films sont issus d'une même histoire originale signée du grand Willis O'Brien, le génie du stop motion et le père de King Kong. Remontons à 1955 ; O'Brien, alors septuagénaire, fait le tour des studios pour proposer son scénario dont il compte assurer la conception des effets spéciaux. Il finit par échouer dans ceux, assez miteux, des frères Nassour, dont la tête pensante Edward est lui aussi un spécialiste de l'animation, enfin en tous cas a déposé de nombreux brevets dans ce domaine, brevets que lui seul semble avoir jamais utilisé.
Plaçons-nous maintenant à l'intérieur de cette tête pensante. Américain d'origine libanaise, Edward Nassour a pour principal "titre de gloire" la conception des effets spéciaux de Lost Continent, mais le scénario de O'Brien sera, il le sent, son grand-oeuvre qui lui permettra d'accéder au panthéon du 7ème art.

 

 

Surtout que le Mexique, Edward, il connaît, puisqu'il coproduit avec Ismael Rodriguez une série télé appelée "Sheena Queen of the Jungle", sorte de Tarzan féminin au rabais. D'accord, ce n'est pas glorieux, la vedette Irish McCalla, une sculpturale et athlétique ex cover-girl, ne sait absolument pas jouer, mais elle assure elle-même ses cascades. Et puis, ça lui a permis de placer quelques créations maison comme ses crocodiles mécaniques. Ah si seulement ces bouffeurs de tacos n'avaient pas refusé son chimpanzé animé pour en prendre un vrai. Mais maintenant, fini d'avaler des couleuvres. Hop ! Après avoir acheté l'histoire de O'Brien, on le dégage vite fait du projet. Le scénario est trop complexe et coûteux ? Hop ! On le fait réécrire complètement, en ne gardant que le mélange cow-boys / dinosaure. Ismael Rodriguez assurera la réalisation des scènes "normales" car il est, paraît-il, un cinéaste réputé au Mexique. Mais bon... pas la peine de mettre son nom sur les affiches américaines.
Par contre, la partie animation sera totalement assurée par Edward ; et pour l'occasion il dépose un nouveau brevet, le "Nassour Regiscope" qui va, il en est sûr, révolutionner de fond en comble le domaine des effets spéciaux. Bon, OK, en fait ce n'est que de la "replacement animation" (utilisation de plusieurs figurines quasi identiques, mais dont la substitution image par image donne l'illusion du mouvement), inventée vingt ans plus tôt en Hongrie par George Pal, et mixée avec de la "stop motion animation" classique.

 

 

Hélas (et là nous sortons de la tête de Nassour), si la partie western est une petite série B sans grande originalité, mais correctement réalisée et interprétée, avec Guy Madison (qui fera plus tard carrière en Europe ) dans le rôle du héros, le germano-mexicain Carlos Rivas (né Karl Weber) dans celui de son ami (qui donnera par la suite la réplique à Yul Brinner et John Wayne) et l'hispano-anglaise Patricia Medina (qui épousera Joseph Cotten) dans celui de la jeune héritière (rôle pour lequel elle était un peu âgée), la partie "attaque de la créature", elle, laisse franchement à désirer. On passera rapidement sur le fait que, pour les gros plans des pieds du monstre, Nassour utilise un figurant en costume de "Casimir" (costume qui, en plus, n'est pas de la même couleur que celui de la figurine animée), pour insister sur l'animation et l'aspect du "tyrannosaure". Si ses mouvements sont relativement réussis comparés aux précédents travaux de Nassour (Lost Continent), il faut bien reconnaître que la bestiole prête plus à la moquerie qu'autre chose. Je citerai nos camarades de feu Animalattack : "Le dinosaure tueur paraît en effet bien inoffensif tant ses mimiques faciales sont exagérées et ses déplacements peu fluides".
Malgré cela, le film reste un divertissement sympathique, à condition de ne pas le comparer à La vallée de Gwangi (Nassour revendra les droits du film peu après sa sortie, permettant ainsi, dix ans plus tard, à Harryhausen, le meilleur élève de O'Brien, de réaliser le projet de son défunt maître), car du stop motion, même médiocre, aura toujours dix fois plus de charme que les plus réussies des images de synthèse.

 

 

Note : 7/10

Sigtuna


En rapport avec le film :

# Le coffret Artus Films "Les dinosaures attaquent"

 

* Le trailer original sur la PsychovisionTV :

 

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