Sorcier du Népal, Le
Titre original: Qi yuan
Genre: Aventures , Fantasy
Année: 1985
Pays d'origine: Hong Kong
Réalisateur: Ching Siu Tung
Casting:
Chow Yun Fat, Emily Chu, Yammie Nam, Tik Wai, Paul Ng...
Aka: Witch from Nepal
 

Il y a des recettes qui devraient marcher à tous les coups mais qui foirent régulièrement. Les producteurs de ce consternant Sorcier du Népal ont dû s'en rendre compte, eux qui avaient mis toutes les chances de leur côté en prenant Chow Yun Fat comme vedette, Ching Siu Tung comme réalisateur et en imaginant une histoire mêlant le fantastique à la vie contemporaine, le passé et le présent, le bien et le mal et mettant aux prises un héros qui s'ignore avec un super-méchant, des combats bondissants, des effets visuels étincelants et même quelques morts-vivants.
A priori, ça devait être pas mal, au moins ! Et même probablement formidable ! A priori seulement. Car en fait c'est une purge. Un navet total. Abyssal. Cosmique. Intersidéral. Mais pas intersidérant, hélas.

 

 

Rien ne fonctionne dans ce film et tout sonne faux, dès le début dans ce village népalais isolé du monde où règnent encore des forces magiques luttant pour une amulette ; et dès le voyage de Joe et Ida, le couple formé par Chow Yun Fat et Yammie Nam, qui déambule de site touristique en site touristique, à pied, à vélo, en Citroën Dyane ou à dos d'éléphant.
Sans le savoir, Joe est l'héritier des forces du bien régnant sur le village népalais, prédestiné à le défendre contre les forces du mal incarnées par un guerrier poussant des cris de chat absolument ridicules et se transformant à l'occasion en félin noir et animé mal intégré à l'image, sorte de panthère noire plutôt que chat de gouttière, mais dont les griffes ne rayent pas franchement la pellicule de façon indélébile (mais plutôt de façon débile...)

 

 

Messagère de son sifu blessé, une énigmatique Népalaise apparaît régulièrement à Joe qui s'en émeut, tombe d'un éléphant, puis dans une rivière puis dans une cascade, puis est rapatrié pour se retrouver à l'hôpital, voisin de la même jeune femme ayant fait le voyage clandestinement dans la soute d'un avion pour le retrouver et l'informer de sa destinée...
Elle est belle, il est beau. Ils sont jeunes tous les deux ; que pouvait-il leur arriver si ce n'est une aventure galante au son des flonflons et dans des lumières clipesques, au grand désarroi de la compagne officielle de Joe, qui ne comprend rien à cette histoire de sorcellerie et de mystère si ce n'est que les cornes lui ont poussé et qu'elle ne passe plus les portes !
Tiraillé entre ses deux amours, poursuivi par un guerrier redoutable toujours armé d'un gros os dont il aime à jouer comme d'un casse-tête (chinois ?), le bon Joe vacille et doute puis se reprend devant l'adversité et les morts-vivants sortis du cimetière du coin, reprend la lutte et la posture du Bon, posant devant l'objectif avec un gros couteau doré à la main et, quand il le faut, un bouclier fait d'un panneau de signalisation d'interdiction de tourner à droite...
Bref, du grand n'importe quoi !

 

 

De la part de Ching Siu Tung, dont les talents de chorégraphe de combats sont connus et reconnus et qui nous offrira le tout bon Histoire de fantômes chinois 3 ans après, cette chose filmée doit être une pièce un peu honteuse de sa filmographie, un truc à oublier tant c'est mauvais, abusant d'effets visuels déjà datés à l'époque (ralentis, arrêts sur image, fumées et brouillards suggérant une présence mystérieuse, effets optiques rajoutés et absolument ringards - ah, ces deux cœurs dans le ciel...) sur un scénario qui ne crée jamais d'appuis solides pour développer un tant soi peu le récit de façon crédible et passionnant mais s'embourbe au contraire dans les schématismes, les stéréotypes et l'inconsistance, n'offrant guère la possibilité à ses personnages de prendre une quelconque épaisseur mais les enlisant, au contraire, dans une trame molle et collante comme un chewing-gum sous la sandale un soir d'été à Katmandou.

Pour Chow Yun Fat, dont la carrière est déjà bien lancée, même si elle n'est pas encore à son apogée, ce rôle est à oublier au plus vite et il n'y brille pas particulièrement, que ce soit en touriste un peu crétin ou en guerrier malgré lui, errant des toits de la moderne Hong-Kong au toit du monde, dans son village oublié du temps. Les autres acteurs n'y sont guère mieux lotis, du guerrier coiffé comme un chanteur de hard-rock eighties poussant ses miaulements agressifs en montrant ses biceps, à la jeune professeur de danse ébranlée par son cocufiage, ils ont tous l'épaisseur d'un papier à cigarettes et la profondeur d'un pédiluve, sans son utilité. Rien, ni personne n'y est à sauver, sauf peut-être cette idée, à peine exploitée, de mondes distants qui se rejoignent parfois, comme lorsque Joe, traversant en ascenseur le toit d'un immeuble à Hong-Kong, se retrouve au milieu du village népalais. C'est quand même fort peu et cela ne sauve pas les inepties visuelles que sont la séquence de lévitation de pot au lait ou le combat devant un mur de projecteurs dont on se demande bien ce qu'il fout là et qui les a allumés !

 

 

Avec Chow Yun Fat et Dick Wei (le guerrier), il vaut mieux revoir La septième malédiction, le film barge du bien frappé Nam Nam Choi (alias Simon Nam ou Ngai Kai Lam) qui, dans une frénésie toute hongkongaise et un jusqu'au-boutisme qui ne l'est pas moins, promène son spectateur dans un univers bien plus fou que celui de cet absolument navrant Sorcier du Népal...

Bigbonn

 

En rapport avec le film :

 

# La fiche dvd Metropolitan FilmExport de "Le sorcier du Népal"

 

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