Body Parts
Genre: Horreur , Thriller
Année: 1991
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Eric Red
Casting:
Jeff Fahey, Kim Delaney, Lindsay Duncan, Brad Dourif, Peter Murnik, Zakes Mokae, John Walsh...
 

Bill Chrushank, psychologue criminel, perd son bras lors d'un accident de voiture. Une audacieuse opération est entreprise pour lui greffer le bras d'un donneur inconnu. Cette intervention est une réussite. Pourtant, peu de temps après, le nouveau bras de Bill semble vouloir vivre par lui-même et fait montre d'une furieuse violence, envers lui mais aussi envers sa femme et ses enfants. Consumé par la crainte de ce comportement dangereux et incontrôlable, Bill se lance à la recherche de l'identité du donneur.

 

 

Il existe une théorie selon laquelle les cellules du corps humain renferment des traces de notre personnalité, nos goûts et notre passé, indépendamment du code génétique ou des cellules cérébrales, une théorie appuyée notamment par le douteux Ron Hubbard et le témoignage de certains greffés (voir récemment le livre de l'actrice Charlotte Valandrey).
En 1921, le romancier Maurice Renard avait déjà écrit un roman sur ce thème, "Les mains d'Orlac", dans lequel un pianiste se retrouvait greffé avec les mains d'un tueur. En 1965, le fameux duo Boileau-Narcejac récidive avec "Et mon tout est un homme", où un chirurgien greffe les membres d'un tueur sur divers patients. Même si la théorie peu paraître des plus discutables, elle n'en demeure pas moins séduisante, et elle attire l'attention d'Eric Red, le scénariste de "Hitcher" et Near Dark, spécialiste des histoires tordues. En effet, le canevas du roman est idéal pour Red, dont les scripts sont basés en général sur un "pitch" alléchant mettant en scène des personnages "normaux" confrontés à des situations qui les dépassent, et qui virent le plus souvent au cauchemar. Cette production n'échappe pas à la règle, avec cependant une petite différence : le réalisateur/scénariste bénéficie d'un budget confortable (10 millions de $) et du patronage d'un grand studio (la Paramount en l'occurrence !), même si ce dernier ne sortira pas le film en salles, comme prévu (du moins en Europe). Cette association légèrement contre nature n'a cependant pas d'influence sur notre réalisateur, qui va comme à son habitude nous asséner plusieurs scènes bien délirantes, le tout appuyé par l'excellent Jeff Fahey et une pléiade de seconds couteaux savoureux, Brad Dourif en tête, dans le rôle d'un artiste peintre ayant trouvé l'inspiration depuis sa greffe.

 

 

Le film est un délire proche de certaines bandes dessinées horrifiques dans lesquelles le héros se retrouve confronté à une situation qui dépasse l'entendement. Un film déroutant, car réalisé avec soin dans un magnifique cinémascope et une photographie soignée de Theo Van de Sande (Volcano), qui le ferait presque passer pour une production lambda s'il n'était pas traversé de quelques plans gore crapoteux et de scènes d'action déjantées sorties d'un opus de "Maniac Cop" (l'accident de voiture du héros, la défenestration de Brad Dourif, la bagarre dans le bar, le final).


Comme d'habitude, Red étonne mais ne trouve pas son public, le film sera d'ailleurs un échec cuisant (recette de 9 millions de $). C'est vrai, il est difficile de classer Body Parts dans une catégorie tant il brasse de nombreux thèmes (policier, drame, horreur, fantastique, action), ce qui rend la chose particulièrement difficile dans un système où tout est calibré et cloisonné. De plus, le film est monté de manière assez déroutante, avec une succession de scènes d'exposition et de bavardage, pour ensuite enchaîner sans prévenir sur des scènes d'action ou gore parfois assez gratinées. Le scénario nous réserve également quelques scènes inattendues, comme le fils du héros qui reçoit un sévère coup de poing après avoir accidentellement malmené le nouveau bras de son père, ou la belle Kim Delaney qui se fait presque étranglée pendant son sommeil. Pas de doute, quelque chose cloche, sans parler des horribles cauchemars dont est victime notre héros. Ce dernier décide alors de mener sa propre enquête et de retrouver les autres greffés, car il semblerait que plusieurs personnes aient bénéficié des organes du même donneur. Il va alors découvrir que son bienfaiteur ne s'est pas retrouvé donneur de son plein gré.

 

 

En quatre vingt minutes, Red nous assène sa vision personnelle de l'acharnement thérapeutique dont sera victime (malgré lui) le pauvre Jeff Fahey, cobaye comme plusieurs autres éclopés d'une doctoresse sans scrupules qui confond médecine et expérimentation, et dont le résultat des expériences est des plus douteux. Le personnage du docteur, interprété avec conviction par Lindsay Duncan, est d'ailleurs assez proche de celui de Human Centipede, en plus terrifiant car moins caricatural dans sa description.


En conclusion, Body Parts est une grosse série B qui tache, et si le scénario nous réserve son lot de moments forts, il reste hélas le point faible du film, car trop évasif par moments, et manquant singulièrement de linéarité. Heureusement, il y a l'interprétation de Jeff Fahey (très bien entouré), et la réalisation nerveuse (mais pas syncopée) de Red qui sauve l'ensemble.

 

 

The Omega Man

 

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