Cosmic Man, The
Genre: Science fiction
Année: 1959
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Herbert S Greene
Casting:
John Carradine, Bruce Bennett, Angela Greene, Paul Langton, Scotty Morrow, Lyn Osborn, Walter Maslow...
 

Un objet sphérique atterrit en Californie, non loin d'une base de l'Air Force. Le colonel Matthews et un scientifique, le Dr. Karl Sorenson, sont chargés de mener l'enquête, mais les deux hommes ne sont pas d'accord sur les méthodes à utiliser. Les enquêteurs installent leur quartier général dans un Bed & Breakfast tenu par Kathy Grant, quand soudainement une nuit la sphère fait apparaître une étrange silhouette fantomatique qui terrorise la population.

 

 

The Cosmic Man est la preuve que tous les films de science-fiction des années cinquante ne sont pas des chefs d'oeuvre ou des films cultes, même s'ils sont pleins de bonnes intentions comme ici. En effet, nous sommes dans la veine "humaniste" des films de S.F. de l'époque, une tendance apparue en 1951 avec le magnifique Le Jour où la Terre s'arrêta mais peu répandue à l'époque où les Martiens belliqueux ont plutôt la côte. Dire que The Cosmic Man s'inspire du film de Wise est presqu'un euphémisme tant on a l'impression d'avoir affaire à un remake camouflé. Tous les éléments de l'original sont ici présents. Bien sûr le scénario tient compte des quelques restrictions budgétaires dues au statut série B de l'entreprise. Ainsi, John Carradine, méconnaissable avec son chapeau et ses lunettes remplace Michael Rennie (aucun rapport avec les pastilles !) et le robot Gort, la soucoupe laisse place à une sphère et l'histoire se déroule en pleine campagne. Par contre, la jeune veuve trentenaire et son fils handicapé, le scientifique compatissant et les militaires limite débiles sont présents. Pour le reste, le scénariste ne se foule pas trop et la réalisation anémique n'arrange pas les choses. Lles dialogues sont interminables et l'action se résume la plupart du temps à l'arrivée et au départ de véhicules militaires : en un mot, c'est incroyablement ennuyeux, pas même un monstre ringard à se mettre sous la dent ! Les rares effets spéciaux se réduisent aux apparitions fantomatiques du Cosmic Man, mélange de l'Homme invisible et de la Marque jaune (pour ceux qui connaissent). Ainsi, John Carradine (ou sa doublure) apparaît simplement en négatif à l'écran : sa prestation est le seul élément qui apporte un tant soit peu d'intérêt à ce film, même si, affublé de son imperméable, ses lunettes et son chapeau noir, il a plutôt l'air d'un pervers que l'on rencontrerait à la sortie des écoles !

 

 

Tête d'affiche du film, le fameux Cosmic Man est interprété par John Carradine (1906-1988), acteur qui a tourné dans plus de 300 films (répertoriés sur IMDb) et / ou séries des années 30 jusqu'en 1990. Sa spécialité : les westerns et les films fantastiques. Il sera un second rôle remarquable notamment pour John Ford ou Fritz Lang mais il écumera aussi bon nombre de films fantastiques de nationalités et de qualité tout à fait aléatoires. Ainsi, il tournera aussi bien pour Al Adamson (dont il sera l'acteur fétiche), Ted V. Mikels ("Astro-Zombies") ou Fred Olen Ray que pour Mel Brooks, Joe Dante, Russ Meyer et bien d'autres. Moins connu mais tout aussi productif avec un peu moins de 200 films, Bruce Bennett (1906-2007) est né la même année que le brave John et mourut centenaire en 2007. Joueur de football et athlète, il commença sous le nom d'Herman Brix. Pressenti pour interpréter le rôle de Tarzan mais blessé, il fut remplacé par un certain Johnny Weissmuller, ce qui ne l'empêchera pas d'interpréter Tarzan dans "Les nouvelles aventures de Tarzan", série d'aventures en douze épisodes tournée au Guatemala. En 1939, l'acteur change de nom et continue sa carrière sans jamais avoir de véritable grand rôle, il sera cependant le partenaire d'Humphrey Bogart dans "Sahara" (1943), "Dark Passage" (1947) ou "The Treasure of the Sierra Madre" (1948) et de James Stewart dans "Strategic Air Command" (1955).

 

 

Angela Greene (1922- 1978) fait partie de ces actrices qui dans les années 50-60 se sont partagées entre les couvertures de magazines, le cinéma de genre et la télévision, bref, de la bonne vieille pin-up bien en chair comme on en faisait à l'époque. On a pu l'apercevoir slalomer au milieu des lianes aux côtés de Johnny Weissmuller dans "Jungle Jim in the Forbidden Land" alias "La forêt de la terreur" et "Savage Mutiny", se trémousser le popotin en écoutant Elvis Presley dans "Tickle Me" et hurler à la mort dans un Roger Corman : "Night of the Blood Beast". Entre-temps, elle cachetonne à la télévision dans "Batman", "Hawaï 5-0" ou "Le Fugitif", pour les plus connues, en passant par une kyrielle de séries totalement inédites chez nous.

Assistant réalisateur sur une bonne trentaine de productions, Herbert S. Greene ne réalisera que deux films : "Outlaw Queen", un western qui semble avoir eu son petit succès à l'époque et The Cosmic Man, un film qui aborde courageusement des thèmes peu courants dans la science-fiction de l'époque (antimilitarisme, racisme, partage universel des connaissances) au point de passer pour un film communiste ! Malheureusement, le fossé entre les ambitions du projet et le résultat à l'écran est colossal. Le réalisateur accouche d'une fable assommante et sans intérêt, qui n'est pas mauvaise mais s'égare dans d'interminables logorrhées, oubliant d'instaurer un semblant de suspense et d'action. Si vous avez des problèmes pour vous endormir ce film est pour vous, The Cosmic Man aura les mêmes effets que les barbituriques.

 

 

The Omega Man

 

En rapport avec le film :

 

# Le coffret Artus Films "Les monstres viennent de l'espace"

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