Bateau de la mort, Le
Titre original: Death Ship
Genre: Horreur , Fantastique , Esprits
Année: 1980
Pays d'origine: Royaume-Uni / Canada
Réalisateur: Alvin Rakoff
Casting:
George Kennedy, Richard Crenna, Nick Mancuso, Sally Ann Howes, Kate Reid, Victoria Burgoyne...
 

Un luxueux paquebot, en croisière dans la mer des Caraïbes, est détruit par un mystérieux navire qui fonce sur lui. Seuls neuf passagers survivent et cherchent refuge sur le cargo destructeur, qui paraît abandonné. Une échelle semble pourtant les inviter à monter à son bord. Les machines se mettent alors en marche. Après avoir été malmenés dans un premier naufrage, nos rescapés ont le sentiment de se retrouver sur un vaisseau fantôme allemand de la Seconde Guerre mondiale. Les cales se remettent en marche, faisant avancer la vieille embarcation ; les projecteurs s'allument à nouveau, balançant sur les murs des images d'Hitler et d'une Allemagne prônant l'expansionnisme, et les morts mystérieuses commencent à s'accumuler. L'une des premières victimes sera une gamine qui, après avoir mangé des bonbons trouvés dans ce bateau spectral, meurt empoisonnée. C'est ensuite au tour d'un autre rescapé de se voir prendre les pieds dans les cordes d'un haut mat pour finir noyé. Pas de doute, l'endroit est maudit ; l'âme diabolique faite de tortures nazies semble régner dans cette épave fantomatique et désertée. Faut dire que les rescapés ne sont pas aidés par le capitaine Ashland (George Kennedy), aux méthodes de commandement plus qu'autoritaires.

 



Lorsqu'il tourne Death Ship, on connaît déjà bien Alvin Rakoff, qui fait figure de vétéran. Scénariste et producteur de séries télévisées au début des années 50, il commencera rapidement à réaliser certains pilotes de séries qu'il produit, en plus de quelques téléfilms aujourd'hui oubliés. En 1958, il réalise lui-même son premier film : "Passeport pour la honte", un drame mettant en scène un chauffeur de taxi et une prostituée que l'homme s'évertuera à faire sortir du réseau (toute similitude avec un hit scorcesien serait fortuit... ou pas). On y retrouvait Diana Dors et Herbert Lom, ainsi qu'un Michael Caine débutant, pour un résultat très honorable. Il surfera ensuite sur le succès des Lemmy Caution en employant régulièrement Eddie Constantine, comme dans "Larry agent secret" en 1959. Dès les années 70, Alvin Rakoff enchaînera alors les réalisations avec un bonheur très inégal ("Double jeu" avec Roger Moore, "Hoffman" avec Peter Sellers, "Cité en feu", un catastrophe oublié réhabilité récemment sur Vidéo Party Massacre...) jusqu'à ce Le bateau de la mort en pleine mouvance de films d'horreur, d'épouvante, bref... de films de la mort.
Pour mener à bien son projet, il convoque des acteurs légèrement en perte de vitesse - la preuve flagrante de ce fait est la présence de George Kennedy, qui passe alors subitement des cockpits d'avions à un bateau moribond - un Richard Crenna (assez fade ici) qui se refera bientôt une belle santé avec la série des Rambo, ainsi que Nick Mancuso, quant à lui plutôt à l'aube d'une carrière qui rejoindra entre autres celle de Steven Seagal pour une série de chef-d'oeuvre du film d'action pain de mie, et dont le principal fait d'armes cinématographique était jusque là d'avoir été engagé comme voix dans le fameux Black Christmas de Bob Clark. Ajoutons, pour conclure niveau casting, les présences en forme d'hommage cinéphilique à Sally Ann Howes (Au cœur de la nuit), laquelle arrêtera sa carrière après ce film-ci pour se consacrer à la lutte contre le sida, à la suite de la mort de son époux de cette même maladie, et de l'excellente Kate Reid (Le mystère Andromède), toujours dotée d'une forte présence à l'écran.

 

 

Le résultat, disons-le de suite, est un film qui vaut avant tout pour son cadre original (et son exploitation), tant et si bien qu'on pourrait presque dire que Death Ship est un peu aux films de lieux hantés ce qu'est Meurtres à la St-Valentin au slasher. Rien de bien nouveau ni de très palpitant, si ce n'est un décor intrigant dans une histoire assez banale de gens cloitrés dans un lieu possédé qui les décimera les uns après les autres. L'histoire, coécrite par Jack Hill (Spider Baby) et David P. Lewis ("Cité en feu") puis scénarisée par John Robins ("The Benny Hill Show"), ne tient pas le cap. Inspirée de façon très lointaine par la légende du Hollandais volant, la situation initiale a le mérite d'être expédiée au profit du rythme tandis que les personnages - et c'est là finalement le principal défaut de Death Ship - sont esquissés à la-va-vite. De fait, leurs morts, à l'instar d'une flopée d'autres films de genre horrifiques, ne font pas l'effet escompté. Et c'est dommage !

 

 

Niveau morts, le film offre un quota très décent pour quelques scènes marquantes (un enfant parmi les premières victimes, une femme se prenant une douche de sang, l'un des protagonistes finissant écrabouillé par les rouages mécaniques dans la cale du vaisseau fantôme...). Pourtant, malgré un rythme plutôt alerte, Le bateau de la mort peine à garder le cap à cause de situations trop rocambolesques et trop vite raccordées. Soit, on reste à mille lieues au-dessus des Fantômes de Sodome de Fulci niveau hantise nazie, mais en restant toutefois sur sa faim. Heureusement qu'Alvin Rakoff a l'idée astucieuse de montrer des plans réguliers d'une machinerie pilonnant et battant la cadence, laquelle fait finalement office de rythme du film sinon quoi, l'ennui put pointer à l'horizon d'une bobine ne faisant que trop peu de vagues.
Finissons tout de même sur une note positive et saluons ce qui fait, sinon la réussite, l'honnêteté du spectacle : une ambiance très bien distillée. Que ce soit son extérieur ou son intérieur ostensiblement sous-exposé et de fait quasi-ténébreux, le bateau qui fait le titre du film est quant à lui un élément très bien exploité. Menaçant, offrant de manière constante une proue aux traits mortifères, recelant à son bord et dans son corps des instruments de torture et de mort, il demeure sans aucun doute la vedette principale d'un film qui, sans lui, ne vaudrait pas tripette. Grâce soit rendue au réalisateur d'avoir réussi cet aspect là.

 

 

Mallox

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