Vigilante
Genre: Polar , Vigilante
Année: 1981
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: William Lustig
Casting:
Robert Forster, Fred Williamson, Richard Bright, Woody Strode, Rutanya Alda, Joe Spinell, Steve James...
Aka: Vigilante : justice sans sommation
 

Eddie Marino, comme beaucoup d'ouvriers américains, rêve d'une maison calme et agréable, mais son quartier est envahi par la délinquance et bien que croyant encore (mais pour combien de temps ?) en l'ordre et en la justice, il se refuse à faire partie de la Vigilante. Mais après le meurtre de son fils et les violences faites à sa femme, il rejoint la milice de son quartier à laquelle il avait toujours refusé de participer...

 

 

William Lustig, réalisateur des trois "Maniac cop" et ami de Joe Spinell avec qui il tournera "Maniac" est un grand amateur de cinéma d'exploitation, il est d'ailleurs le patron de la firme Blue Underground qui distribue et édite en DVD quelques perles du genre, notamment de nombreuses productions italiennes comme Django en passant par quelques Argento ou Fulci (L'éventreur de New-York, Conquest, Frayeurs, La guerre des gangs,...). Aficionado du poliziesco depuis son enfance, il souhaitait depuis longtemps rendre hommage au genre, ce qu'il fera en 1981 avec Vigilante, profitant de l'engouement provoqué par le film Un justicier dans la ville et la sortie du numéro 2 qui sera un nouveau succès. Il signe un polar urbain violent et sans pitié qui suit les traces d'un homme broyé par le système judiciaire, qui, de victime va se transformer en bourreau. Lustig ne juge jamais, il expose les faits froidement (voir le petit discours de Fred Willamson qui ouvre le film) et laisse le spectateur tirer ses propres conclusions.

Robert Foster ("Le trou noir") acteur sous-estimé redécouvert par Tarantino dans "Jackie Brown" interprète le héros malchanceux avec conviction et son interprétation rappelle certains rôles du grand Franco Nero. A ses côtés, Fred Williamson, star de la blaxploitation, est un adepte de l'auto défense qui, avec sa petite équipe, règle certains problèmes délicats. Ce qui n'est pas du goût d'un policier interprété par le débutant Steve James, futur second rôle des productions Cannon ("American Warrior", "Avenging Force", "Delta Force",...). Comme dans la plupart des films de Lustig, il y a beaucoup de rôles virils dans cette petite production. On remarquera pourtant la présence de Rutanya Alda, la mariée malchanceuse de "Voyage au bout de l'enfer / Deer Hunter" de Cimino, que l'on retrouvera par la suite avec plaisir dans de nombreuses productions fantastiques comme Amityville 2, Furie, The Stuff, "Terreur sur la ligne",...

 

 

William Lustig n'a pas la réputation d'être un enfant de choeur, sa filmographie est là pour en témoigner ("Maniac", la trilogie "Maniac Cop", "Hit List",...) Si certains de ses films ne sont pas toujours réussis, ils sont souvent efficaces et divertissants. Ses héros sont généralement issus de la classe moyenne (policier, ouvrier, militaire) et essayent de vivre dans un monde déglingué en évitant la violence, mais malheureusement, la plupart du temps, ils doivent réagir en utilisant une violence décuplée. Eddie Marino espérait vivre tranquillement jusqu'au jour où sa femme Vickie (Rutanya Alda, bouleversante) se retrouve mêlée à une altercation avec une bande de loubards dont elle gifle le chef. Ne pouvant intervenir à cause d'une voiture de police qui passait, les malfrats suivent la femme jusqu'à sa maison. Ils entrent, violent et lacèrent Vickie puis tuent le petit garçon d'Eddie. Croyant encore en la justice, il découvre un juge fantoche et des avocats corrompus et se retrouve emprisonné pour injure à magistrat. En prison, il ne devra son salut qu'à l'intervention de Rake (Woody Stroode, impeccable) qui lui fait promettre à sa sortie de ne plus revenir. Abandonné par sa femme (qui lui reproche de ne pas avoir été joignable), trahi par la justice, Eddie se tourne alors vers Nick et son équipe pour éliminer ses bourreaux. Avec son ambiance pessimiste et masochiste héritée des années septante, ses décors froids et délabrés du New York de l'époque, Lustig signe un film brut et sans fioriture où le mal appelle le mal. Pour le réalisateur, le citoyen se retrouve au milieu d'une véritable guérilla urbaine entre la police et les voyous et tous les coups sont permis (voir la mort de Steve James). Le constat est amer et les pauvres citoyens n'ont plus qu'à compter leurs morts et se résigner, mais d'autres comme le héros du film, décident alors d'entrer en résistance contre les gangs mais aussi contre le système.

 

 

Lustig livre un film violent mais il utilise souvent l'ellipse ou la suggestion (une méthode généralement utilisée dans des films réputés violents comme Mad Max ou Massacre à la tronçonneuse) notamment lorsqu'il doit illustrer la mort du fils d'Eddie, filmée de l'extérieur : on ne voit qu'une vitre exploser dans un geyser de sang. Jamais le réalisateur ne se complaît dans des descriptions scabreuses (voir l'opus numéro deux de papy Bronson), préférant exposer le résultat comme la poitrine lacérée de la pauvre Vickie ! Petite caractéristique par rapport aux autres justiciers, la vendetta d'Eddie frappera aussi la justice trop laxiste et aveugle au travers d'un juge corrompu qui explose dans sa voiture. C'est une piste intéressante mais que Lustig n'exploite presque pas, il se rattrapera plus tard dans son mythique "Maniac Cop" ou le brave Cordell se venge de tous ses bourreaux et même plus !
En résumé, Vigilante est une énergique série B efficace et désespérée qui retrouve par moment l'ambiance folle de certain poliziesco. En un sens, Lustig boucle ainsi la boucle.

 

 

The Omega Man

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