Prisonnières de la vallée des dinosaures
Titre original: Nudo e selvaggio
Genre: Aventures , Exotisme
Année: 1985
Pays d'origine: Italie / Brésil
Réalisateur: Michele Massimo Tarantini
Casting:
Michael Sopkiw, Suzanne Carvalho, Milton Morris, Marta Anderson, Jofre Soares, Gloria Cristal, Susan Hahn, Maria Reis...
Aka: Massacre dans la vallée des dinosaures / Cannibal Ferox 2 / Cannibal Inferno / Stranded in Dinosaur Valley
 

Les passagers d'un petit avion traversant l'Amazonie s'écrasent dans la Vallée des dinosaures, un endroit maudit censé être habité par des indigènes belliqueux. Ce n'est que le début d'une hallucinante odyssée au milieu d'une jungle hostile peuplée de créatures dangereuses.

 

 

Michele Massimo Tarantini est surtout connu pour être l'un des spécialistes de la comédie sexy italienne, "L'Insegnante viene a casa (La Prof connaît la musique)", la trilogie "La Poliziotta (La Flic)" avec la belle Edwige Fenech ou "la Liceala (La Lycéenne)" avec la mignonne Gloria Guida. Mais au début des années 80 le genre commence à s'épuiser et le réalisateur essaye de se diversifier : il se tourne vers l'action ("The Hard Way"), l'Heroic fantasy ("Sangraal"), le WIP ("Femmes en Cage") ou l'aventure ("Prisonnières de la vallée des dinosaures"). Cependant, si Tarantini change volontiers de registre, il n'en perd pas pour autant ses vieilles habitudes, c'est-à-dire filmer ses actrices sous tous les angles et de préférence déshabillées... Il faut bien avouer que le brave homme ne manque pas d'idées (et d'excuses) pour dévêtir ses comédiennes. Cela commence par l'inévitable et totalement gratuite scène de douche, histoire de nous présenter un peu mieux l'héroïne, la très mignonne Suzanna Carvalho. La suite sera du même acabit : une traversée de rivière servira d'excuse pour une scène de tee-shirt mouillé et un zoom sur une petite culotte, une cérémonie indigène se transformera en strip-tease improvisé et permettra au réalisateur d'affubler les deux survivantes de tenues improbables. Ainsi le titre italien du film, Nudo e selvaggio, que l'on pourrait traduire par "Nu et sauvage" prend alors tous son sens. Les distributeurs préférèrent pourtant surfer sur la vague des films de cannibales : l'oeuvre de Tarantini sera ainsi affublée de nombreux titres racoleurs et sera même abusivement considérée comme la suite de "Cannibal Ferox". Pourtant, si Tarantini, comme la plupart de ses collègues italiens, semble puiser son inspiration un peu partout, il semble avoir été fortement influencé par "A la poursuite du Diamant Vert", saupoudré de quelques Hill-Spencer comme "Maintenant on l'appelle Plata" ou "Cul et Chemise", même si on se demande si les deux dernières références sont bien volontaires.

 

 

Il n'y a sûrement aucune relation entre le film et la carrière de ses deux principaux protagonistes, pourtant il est curieux de constater qu'ils n'ont ni l'un ni l'autre persévéré dans le milieu. Michael Sopkiw a mené une carrière aussi éphémère (quatre films) qu'intense avec des titres comme "2019 après la chute de New York", Blastfighter, "Apocalypse dans l'océan rouge" et "Prisonnières de la vallée des dinosaures". En pleine gloire (relative), l'acteur se lance alors dans l'homéopathie, puis devient revendeur de récipients en verre violet censés augmenter la conservation des denrées alimentaires (http://www.miron-glas.com/en/America). Sa partenaire, l'explosive Suzanne Carvalho avait tout pour devenir une égérie du cinéma bis : mannequin et actrice brésilienne, elle avait fait la couverture du Playboy brésilien en 1982, avant de démarrer très fort sa carrière d'actrice avec deux films de Tarantini ("Femmes en cage" et "Prisonnières de la vallée des dinosaures"). Mais la belle a préféré se consacrer à sa passion : la course automobile ! Championne du Brésil de F3, elle poursuit depuis une belle petite carrière et est devenue la coqueluche des circuits sud-américains. (http://www2.uol.com.br/suzane/english/principal.shtml).

 

 

Le film de Tarantini est une petite perle sans temps mort qui accumule avec bonheur les pires clichés et stéréotypes du genre (le film de jungle) : décors naturels exotiques peuplés d'animaux belliqueux (piranhas, serpents,...), actrices impudiques et ravissantes (sauf peut-être Marta Anderson, croisement improbable entre Daisy et Marilyn Monroe), héros décontracté et viril (Michael Sopkiw essaye d'imiter Michael Douglas mais fait plutôt penser à Bruce Campbell !), cannibales peu crédibles (en réalité des militaires en permission !) et trafiquant d'émeraudes sadique et libidineux. Dans ce bouillon d'incongruités et d'extravagance, le réalisateur réussit encore à glisser une geôlière lesbienne (Gloria Cristal, excellente). Par contre, il n'y a pas la queue d'un dinosaure dans le film (plus assez de place sans doute)... Pour couronner le tout, ajoutons une version française d'une médiocrité affligeante ("Fils de maquerelle !") qui ne fait que renforcer le côté délirant de l'oeuvre. Un vrai chef-d'oeuvre goûteux et jouissif que l'on peut considérer comme un vrai plaisir coupable totalement décérébré. Cela dit, ne vous attendez pas à un déluge d'hémoglobine : le film est assez chiche sur le sujet à part un arrachage de coeur, une cheville grignotée par des piranhas et un nichon griffé. En revanche, c'est bourré d'humour involontaire, de fesse, d'action, de méchants bien typés (le gros trafiquant d'émeraudes) et de plein d'autres gâteries totalement bis (comme arracher une sangsue avec les dents et la croquer comme un bonbon), bref que du bonheur !

 

 

The Omega Man

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