Bouffon du roi, Le
Titre original: The Court Jester
Genre: Comédie musicale , Comédie , Cape et épées
Année: 1955
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Melvin Frank & Norman Panama
Casting:
Danny Kaye, Glynis Johns, Basil Rathbone, Angela Lansbury, Cecil Parker, Mildred Natwick, Robert Middleton, John Carradine...
 

L'Angleterre est sous la coupe du roi Roderick, un usurpateur ayant décimé l'authentique famille royale pour s'installer sur le trône. Mais son règne n'est pas paisible pour autant puisque vivrait encore, quelque part, un héritier légitime, porteur de la tâche de naissance qui orna de tous temps les augustes postérieurs de ses prédécesseurs. Dans la forêt profonde, des hommes s'agitent d'ailleurs pour lui rendre la place qui lui est due et pour faire tomber la couronne du félon. Une troupe courageuse avec, à sa tête, un justicier masqué : le Renard noir.

 

 

Au sein de cette petite communauté, Hubert Hawkins occupe un rôle un peu à part : celui d'amuseur, qui chante et danse et multiplie les facéties pour divertir ces hommes (et femmes) des bois. Peu doué pour les armes, il ne peut lutter qu'en chanson et bondir tel un chat en endossant le rôle de son chef le temps d'un court spectacle. Tandis qu'à la cour de Roderick, des complots se trament, Hawkins trouve enfin l'occasion de jouer un rôle plus actif contre le roi en endossant le rôle de Giacomo, "roi des bouffons et bouffon des rois", justement appelé à la cour par le fourbe Ravenhurst... Ce qu'Hawkins ne sait pas, c'est que Giacomo est bouffon et tueur et, tandis que la princesse Gwendolyne s'éprend de lui et rêve de l'épouser plutôt que le sinistre Sir Griswold, son commanditaire attend de lui qu'il exécute les nobles qui le gênent. De méprise en quiproquo, c'est un bouffon manipulé, virevoltant et secoué qui devra faire ses preuves en passionné romantique, chevalier improvisé et duelliste accompli s'il veut survivre et servir le vrai roi...

 

 

Quel excellent film que celui-là ! Alors que tant de comédies s'épuisent en gags éculés, vulgaires ou sans imagination, celui-ci offre un spectacle hautement réjouissant et tout à fait complet. L'histoire se tient et n'a pas grand-chose à envier à celles qui ont fait vivre les meilleurs films de cape et d'épée ; son héros est parfait dans ce rôle de bouffon amené, bien malgré lui, à combattre des grosses brutes et une très fine lame ; les rebondissements se multiplient, toujours bien amenés ; les chansons, que j'exècre en général au cinéma et qui me font souvent fuir, servent l'intrigue et renforcent le pastiche, n'étant ni trop longues ni trop nombreuses ; l'humour provient tant des situations que des dialogues et le duel final à l'épée est tout aussi réussi que son protagoniste principal est maladroit...
Danny Kaye enfile un costume de bouffon tout à fait à sa taille et ses aptitudes à changer de registre suite à une séance d'hypnose et quelques claquements de doigt font merveille. Basil Rathbone, reprenant son rôle de méchant du "Robin des Bois" de Michael Curtiz trouve ici un adversaire moins académique qu'Erroll Flynn dans le maniement de l'épée mais plus drôle et presque aussi vaillant. La princesse Gwendolyne, qui n'a cure du mariage arrangé que projette son père à son intention, use des dons de sa servante la plus proche, un peu sorcière à ses heures, quand elle ne joue pas les empoisonneuses. Le promis Griswold est une brute épaisse à la barbe fournie, sorte de chevalier noir taillé dans le granit et d'apparence invincible. Sans oublier toute une troupe de nains présente dans les premières séquences et dans les dernières, venue prêter main forte aux hommes du Renard noir (qui, lui, sera quasiment invisible de tout le film).

 

 

Un peu à l'image de "La flèche et le flambeau", de Jacques Tourneur, sorti quelques années plus tôt et mettant en vedette Burt Lancaster, Le bouffon du roi n'est pas tant dans le registre de la parodie pure et simple, à l'image d'un Monty Python Sacré Graal absurde et délirant par exemple, que dans celui de la comédie. Les deux réalisateurs, également à l'écriture du film, ont accordé leurs violons pour échafauder une belle histoire presque classique, pimentée par de nombreux moments d'humour souvent très réussis. A ce titre, on relèvera particulièrement la première scène où apparait Hawkins, costumé en Renard noir et se démultipliant jusqu'à former une pyramide de héros masqués. La chorégraphie à l'oeuvre lors de l'adoubement du bouffon est, elle aussi, particulièrement réussie, d'un rythme sans faille et au cours de laquelle Danny Kaye, devenu chevalier destiné à se faire occire, est entrainé sans avoir son mot à dire. Enfin, le duel contre Basil Rathbone reste un monument de bravoure, cerise sur le gâteau de tout film de cape et d'épée qui se respecte, ici agrémenté d'une bonne dose d'humour.

 

 

Le bouffon du roi fut, parait-il, un bide à sa sortie, ne remboursant pas sa mise, plutôt élevée. Mais il fit le bonheur des matinees télévisuelles américaines, accédant au fil des années à une reconnaissance qu'il n'eut pas en salles. Son affiche française, tout comme l'américaine, ne sont d'ailleurs pas à son avantage, ne rendant pas vraiment compte du savant dosage lui ayant donné naissance et mêlant subtilement comédie musicale, humour, aventure, romantisme et drôlerie. Personnellement, j'ai sauté de créneau en créneau avec le faux Giacomo, embrassé la belle Jean (oui, c'est un prénom féminin), enfilé l'armure et manié le fléau contre le sinistre Griswold, combattu Ravenhurst et même chanté et dansé au milieu des nains avec le brave Hawkins ! Si jamais vous en avez l'occasion, je vous invite d'ailleurs à en faire autant.

 

 

Bigbonn

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