Phantasm II
Genre: Science fiction , Horreur , Fantastique
Année: 1988
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Don Coscarelli
Casting:
James LeGros, Reggie Bannister, Paula Irvine, Angus Scrimm, Samantha Phillips, Kenneth Tigar...
Aka: Phantasm II : The Ball is Back / Phantasm II : The Never Dead Part Two
 

Mike croyait avoir éliminé le monstrueux croque-mort de Morningside qui volait des cadavres pour les acheminer dans une autre dimension. Mais celui-ci revient hanter Mike dans ses rêves. Liz, une jeune femme, souffre des mêmes phantasmes. Mike décide de la retrouver et de combattre le "Tall Man".

 

 

Fin des années septante - le cinéma américain est en plein bouleversement ; on a l'impression depuis 1968 que dans chaque recoin des Etats-Unis une bande de cinglés armés d'une caméra sont en train de tourner un petit film qui fera trembler l'establishment. Romero démarre les réjouissances avec sa Nuit des morts vivants. Suivront Tobe Hooper avec Massacre à la tronçonneuse, Carpenter avec "Halloween" ou Larry Cohen avec "Le monstre est vivant". Alors que certains choisissent la voie de la facilité via les tueurs en série masqués, très en vogue depuis le film de Carpenter, Don Coscarelli explore le domaine du rêve et de l'étrange en signant un certain Phantasm, film culte par excellence, jamais imité (car inimitable, même par son auteur !) et qui deviendra lui aussi une référence.
Réalisé de 1977 à 1979 en quasi autarcie pour la modique somme de 300.000 $ (le film en rapportera quatre fois plus), le scénario peut être interprété comme une fable issue de l'imagination passablement perturbée d'un enfant. Dix ans après la sortie du premier opus, Don Coscarelli, qui depuis a fait ses preuves en réalisant The Beastmaster / Dar l'Invincible, se voit proposer par Universal un budget de trois millions de dollars (dix fois celui de l'original) pour réaliser une suite à son chef-d'oeuvre. Condition du studio : remplacer Michael Baldwin par James LeGros, un visage plus connu du grand public (quoique). Ne voulant pas que la franchise lui échappe, Coscarelli accepte et réussit à garder Reggie Bannister et surtout l'incroyable Angus Scrimm, véritable vedette de la série.

 

 

Ce genre de suite est un investissement calculé et presque sans risques pour le studio, qui est certain de rentabiliser son (petit) pécule de départ. Pour Coscarelli, c'est l'occasion inespérée de développer et d'approfondir son univers tout en gardant une certaine liberté. De plus, le concept restera la propriété du réalisateur, contrairement à un Wes Craven qui perdra tout contrôle sur les Freddy. Il faut savoir que des distributeurs avaient déjà essayé de monter une suite sans la participation du réalisateur, un scénario avait même été rédigé mais le projet n'avait pas abouti à cause du refus du reste de l'équipe.
Avec un budget conséquent (même si c'est le plus petit du studio), Coscarelli s'engage donc sur la voie de la surenchère. Afin de peaufiner ses effets spéciaux, il engage la défunte société Dream Quest qui, à l'époque, avait travaillé sur la série "V", et le maquilleur Mark Shostorm qui venait de finir un certain "Evil Dead 2".
Le résultat est réussi, et les effets spectaculaires se multiplient, mettant notamment en scène l'une des stars de la série : la fameuse sphère métallique volante que le réalisateur multiplie par trois ! Effet garanti, les sphères remplissent allégrement le cahier des charges qui leur est attribué (percer les crânes !), l'une d'elles pénétrant carrément à l'intérieur d'un corps pour essayer ensuite d'en sortir !

 

 

Pour ne pas déstabiliser les spectateurs qui n'auraient pas vu le premier épisode, et mettre en confiance les fans du premier opus, Coscarelli commence son histoire à la fin du premier film, entraînant une certaine continuité (ce qui, il faut bien l'avouer, n'est pas l'un des points forts de la série). Il sait que les fans de base ne veulent que deux choses : le Tall Man et les sphères volantes.
A partir de ce point de départ, le réalisateur peut broder à son aise. Il transforme donc la quête/vengeance de ses deux héros en road movie, histoire de ne pas rester constamment entre les quatre murs d'un mausolée. De ville en ville, Reggie et Mike poursuivent donc le Tall Man, qui vide les cimetières pour approvisionner son armée personnelle de nains (en fait, les cadavres qu'il vole... écrasés par la pression atmosphérique de l'autre monde). Nos héros arrivent à Perigord où ils retrouvent Liz (avec qui Mike était en connexion dans ses rêves) et Alchemy (Samantha Phillips, actrice stakhanoviste), une jeune fille un peu folle qui craque pour Reggie (justement en manque !). L'affrontement final se rapproche pour nos héros qui ne sont pas encore au bout de leurs surprises, comme dans chaque épisode.

 

 

Cette fois, Coscarelli n'hésite pas à avoir recours au second degré, notamment au travers du personnage de Reggie. La scène avec Alchemy, qui transforme une supposée nuit d'amour en rodéo, ou encore le duel à la tronçonneuse, sont des trouvailles qui n'entament en rien la qualité du film. Avec cette suite, Coscarelli réalise une parfaite machine de guerre ; certains pourraient regretter que cela se fasse au détriment d'une certaine poésie. Et en effet, contrairement au premier opus, le numéro deux se révèle beaucoup plus linéaire et explicatif (sous la pression du studio), ce qui enlève une partie de la magie qui opérait avec l'original. Mais c'est là que les ambitions du réalisateur deviennent intéressantes, car Phantasm II possède suffisamment de qualités pour être apprécié sans subir obligatoirement la comparaison avec son modèle.
Loin d'être une simple suite, c'est une nouvelle approche plus ébouriffante et rythmée. Le réalisateur poursuivra avec "Phantasm III : Lord of the Dead". Une suite directe à ce numéro trois fut écrite par Roger Avary, intitulée "Phantasm 1999 A.D", mais devant la difficulté de réunir les fonds nécessaires, Coscarelli finira par réaliser presque sans budget un "Phantasm IV Oblivion", avec les chutes des trois premiers épisodes.

 

 

The Omega Man

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