Tarzan et la femme léopard
Titre original: Tarzan and the Leopard Woman
Genre: Aventures , Exotisme
Année: 1946
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Kurt Neumann
Casting:
Johnny Weissmuller, Johnny Sheffield, Brenda Joyce, Acquanetta, Edgar Barrier, Anthony Caruso...
 

Après une aventure assez terne chez les Amazones de Palmyria, Tarzan se réveille un peu en se retrouvant confronté aux hommes léopards… Eh oui, si le titre fait mention d'une femme léopard, celle-ci ne se battra jamais directement contre le seigneur de la jungle, se contentant de diriger une troupe bel et bien masculine, aidée par le Docteur Lazar, alias Amir, un sang-mêlé voulant bouter le colonisateur hors de sa contrée à grands coups de griffes et prêchant la révolution tachetée.

 

 

Mais au fait, où se passe cette aventure ? Au Zambèze (Zambezi dans la VO), tout simplement, donc en Afrique noire pourrait-on penser sauf que non, pas du tout, il s'agit apparemment d'un pays plutôt oriental à voir l'architecture de sa capitale et les tenues vestimentaires de ses habitants. Le grand méli-mélo géographique se poursuit donc dans la tête des scénaristes pour lesquels, du moment que c'est exotique, c'est bon. D'où par exemple une trop longue séquence avec un charmeur de serpents, réitérée par Cheeta plusieurs fois au cours du film, et l'absence totale de Noirs ce qui est quand même un comble pour une série ayant montré et démontré au fil des longs-métrages déjà présentés que les populations locales étaient majoritairement de cette couleur de peau.

 

 

Ne soyons pas trop pointilleux, cependant, car là n'est pas le plus gros défaut du film. Ici encore, comme dans la plupart des épisodes de cette série tarzanesque, c'est Jane qui plombe le film avec ses nunucheries, ses erreurs de jugement qui confinent à la stupidité et ses mimiques si féminines (façon cliché) qu'elles en deviennent insupportables. Là encore, les scénaristes stéréotypent tellement leur personnage qu'ils la vident de toute substance pour n'en faire qu'un faire-valoir sans intérêt. D'ailleurs, après tant d'années dans la jungle, elle est toujours aussi peu dégourdie et totalement dépendante de son mâle dominant, se bornant à prendre des décisions qui le mettront dans l'embarras. Une vraie cruche... Cheeta aussi se révèle assez pénible. Déjà rajeunie dans le précédent épisode, c'est un petit chimpanzé certes sympathique mais surtout si on a moins de 10 ans. Au-delà, chacune ou presque de ses interventions sera jugée trop longue et les grands rires qu'elles déclenchent dans son entourage un peu trop appuyés.

 

 

Pour un film court, qui tourne autour d'une heure et dix minutes, arriver à trouver des séquences en trop est quand même un comble. Heureusement, il y a les autres. Celles qui mettent en scène les hommes léopards en particulier, que ce soit dans leur antre où, sous les ordres de leur cheftaine, ils crient leur courroux et revêtent leur tenue de camouflage avant d'entamer une danse tribale, ou que ce soit dans la jungle, lorsqu'ils attaquent les caravanes gorgées de richesses se rendant au Bugandi voisin. Ces attaques attribuées à des léopards intriguent Tarzan, qui n'y croit pas, déclenchant les sarcasmes du commissaire général du Zambèze tandis qu'une attaque de félins bien réels vient renforcer sa conviction qu'il n'y a qu'un adversaire à ses traversées de marchandises à dos d'éléphant : des fauves tachetés.

Ces moments-là, lorsque les hommes léopards se réunissent ou attaquent sont les meilleurs, y compris lorsqu'ils investissent la cabane dans les arbres où se sont réfugiés Jane et Boy. Réussis aussi les quelques séquences avec la femme léopard du titre, celle-ci se révélant tout à fait charmante et bien roulée, bien que malheureusement trop habillée pour satisfaire les goûts de tout le monde. Il s'agit de la jolie Acquanetta, une actrice au nom d'eau minérale que l'on reverra peu après dans Lost Continent de Sam Newfield. Son comparse Amir est exalté juste comme il faut. Et le frère de la grande prêtresse, Kimba, un adolescent bien décidé à arracher le cœur de Jane pour être intronisé guerrier, compose un jeune aussi doué pour le mal que Boy l'est pour le bien.

 

 

L'ensemble est donc court mais plus réussi qu'on ne pouvait le craindre, sans pour autant échapper à des passages parfaitement ridicules, comme lorsque Tarzan sauve quatre jeunes femmes dérivant sur un radeau vers une berge où paressent des crocodiles énormes en attrapant, dans l'eau, un cordage de la frêle embarcation pour la faire accoster un peu plus loin... Alors que depuis neuf épisodes on sait que dès qu'un humain tombe à l'eau, les crocodiles y plongent, ici non, ils se contentent de bâiller... mais peut-être connaissent-ils la réputation de tueur de crocos de l'homme-singe et ne veulent-ils pas se mouiller ? Faisons fi de ce genre d'absurdités, tout comme des Janeries et des Cheeteries, et dégustons cet opus sans nous montrer trop difficiles, comme on le fait pour un sérial, auquel l'atmosphère générale et les climax successifs font d'ailleurs régulièrement penser.

Bigbonn


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