Tarzan et les sirènes
Titre original: Tarzan and the Mermaids
Genre: Aventures , Exotisme
Année: 1948
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Robert Florey
Casting:
Johnny Weissmuller, Brenda Joyce, George Zucco, Linda Christian, Fernando Wagner, John Laurenz...
 

Amateurs de sirènes, passez votre chemin ! Il n'y en a point dans ce film, malgré son titre quelque peu mensonger et surtout là pour attirer le chaland. Pour autant, l'ensemble ne manque pas de fantaisie, puisque Tarzan s'est téléporté en Amérique latine (même si les cartes présentées au début du film nous disent que tout cela se passe en Afrique), où il va vivre de palpitantes aventures au sein d'une tribu de pêcheurs de perles vivant sous la coupe du faux-dieu Balou et de son grand-prêtre Palanth (Jack ?), aimant à arpenter un édifice religieux orné de statues de Quetzalcoatl...

 

 

Bon, ok, admettons que tout cela se passe bien en Afrique. Admettons que la cabane où vit le seigneur de la jungle depuis que Jane lui a mis la corde au cou n'est plus perdue dans une forêt, quasi impénétrable et en haut d'une montagne escarpée, mais plutôt dans une vallée certes boisée, mais pas plus que cela. Admettons que Boy soit parti étudier à Londres (ce qui, en soi, ne lui fera pas de mal et n'est pas pour nous déplaire). Admettons qu'il ne faille plus aller chercher le courrier à la ville la plus proche (comme dans Le triomphe de Tarzan), ni même qu'il arrive balancé en parachute depuis un avion survolant le coin (comme dans Le mystère de Tarzan) mais, qu'au contraire, il soit livré à domicile par un facteur piroguier et baladin grattant de la mandoline et chantant des romances à son avantage. Admettons aussi qu'il ne se prenne pas une flèche vite fait par un Gaboni insensible à la joliesse de ses mélopées ou qu'il ne se fasse pas écarteler par des Hymondies préférant les percussions aux instruments à cordes. Admettons... Mais admettez que cela fait beaucoup d'admettons ! Et la liste pourrait s'allonger quasi indéfiniment tant les libertés prises avec la série sont nombreuses. C'est d'ailleurs le cas pour tous les Tarzan siglés RKO, s'écartant résolument des pistes tracées au coupe-coupe par la MGM pour s'ébattre dans des spectacles plus gentillets et des univers plus fantasmés que réalistes.

 

 

Cette fois-ci, donc, Tarzan va à la pêche et sort de son filet... une femme ! Jolie en plus, quoique un peu farouche. Aussitôt, elle ressaute à l'eau avant de finir dans les bras de notre héros viril autant qu'athlétique, bien qu'un peu vieillissant. Jane se méfie un brin (et elle n'a pas tort puisque lorsqu'elle était à Londres, son grand singe préféré a flirté gentiment avec une princesse palandrienne et une amazone), mais son instinct maternel prend vite le dessus et elle s'active à donner les premiers soins à Mara (c'est le nom de la jeune fille) tandis que Tarzan lui glisse une fleur dans les cheveux, sûrement parce que c'est plus joli. Benji, le facteur en pirogue, à la vue de cette beauté des îles, tombe en pâmoison et se lance... dans la chanson (et merde), la qualifiant de "sirène sortie des eaux", d'où le titre du film... C'était donc ça.

Mais qui est donc cette Mara ? Une incrédule, une mécréante reniant le dieu Balou et refusant de l'épouser, préférant s'enfuir que d'être mariée de force à cette imposture divine. Sous le costume du dieu, un homme, Varga, s'enrichit des perles pêchées par la tribu tandis que le grand-prêtre, de son côté, s'assure une main mise totale sur ces populations naïves. Mara reprise de force par les hommes de main de Varga et Palanth, Tarzan n'a plus d'autre choix que de se rendre au village de pêcheurs pour défier Dieu lui-même (enfin, le dieu Balou qui, avec un nom pareil, ne fait pas franchement peur) et sortir de ses griffes la belle Mara, Jane, Benji et même le commissaire de la province, enfin, tous ceux qui s'étaient justement rendus là un peu imprudemment...

 

 

C'est marrant, cet épisode de Tarzan m'a tout de suite fait penser à un autre héros mythique du cinéma : Zorro. Pas le Guy Williams qui fit les belles heures de la télévision accompagné d'un sergent Garcia ridicule, non, celui du sérial Zorro's Fighting Legion combattant une fausse divinité, Don Del Oro, manipulant une tribu indigène pour s'emparer de ses richesses. La trame générale est, en gros, la même. Mais, là où le sérial tirait bénéfice de son statut : épisodes courts, climax systématiques, rebondissements constants, rythme trépidant, crédibilité faible mais capital sympathie important, joyeuse naïveté et premier degré assumé, le film, lui, pâtit de sa nature de long-métrage : il est trop long (et pourtant il est court ! 1 heure 10 à tout casser). Plombé par le Tino Rossi des îles et par ses langoureuses sérénades, trop peu relancé par les séquences d'action, pas même abouti lorsque le héros affronte une pieuvre géante, Tarzan et les sirènes se révèle un piètre représentant de la série.

Alors, certes, le grand-prêtre est rigolo avec son collier de coquillages et ses décorations de pacotille (mais il est plutôt censé être effrayant) ; c'est vrai, les plongeons depuis les falaises des jeunes gens du village sont très impressionnants (mais on a l'impression d'assister à une attraction locale et dangereuse pour touristes de passage) ; ok, la mise en avant d'une supercherie religieuse de plus est toujours bonne à prendre (mais ce n'est qu'un prétexte) ; bravo pour la mise à l'écart de Boy, parfois un peu encombrant depuis qu'il est devenu un grand adolescent, et pour la mise en veilleuse de Cheeta, quasi absente du film. Mais n'empêche, un peu plus d'imagination, de tonus et d'action n'aurait pas fait de mal !

 

 

Pour terminer son cycle des aventures de Tarzan avant d'en entamer un autre de 16 titres avec Jim la Jungle, Johnny Weissmuller n'est pas forcément bien servi. Ça reste sympathique, à condition d'être dans un bon état d'esprit, familial et bon enfant, mais ça n'atteint pas les cimes, loin de là, ce que d'ailleurs aucun titre n'aura vraiment fait (même si d'autres épisodes se sont quand même révélés beaucoup plus intéressants et plaisants à suivre). Je ne dirais pas qu'on touche le fond en chassant les sirènes mais pas loin. Un film qui fait plouf.

Bigbonn


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