Minuit sur le grand canal
Titre original: The Venetian Affair
Genre: Thriller , Espionnage
Année: 1967
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Jerry Thorpe
Casting:
Robert Vaughn, Elke Sommer, Edward Asner, Boris Karloff, Luciana Paluzzi, Felicia Farr, Karlheinz Böhm, Roger C. Carmel...
 

A Venise, au cours d'une conférence pour la paix, un diplomate américain est tué lors d'une explosion, ainsi que tous les délégués participants.
Bill Fenner, ancien agent de la C.I.A. devenu journaliste, est envoyé pour couvrir l'événement. En fait, il s'agit d'une ruse des services secrets qui veulent utiliser Fenner pour enquêter sur la disparition d'Alan Prantis, diplomate américain et apparemment auteur de l'attentat. Car Sandra, l'épouse de Fenner, connaissait bien Prantis ; mais l'enquête s'avère plus compliquée et risquée que prévue.

 

 

Dans le genre mignardise cinématographique (voir Un détective à la dynamite) Minuit sur le grand canal est une véritable profession de foi. Prenez un acteur "bankable", comme le disent si bien les anglo-saxons (ici, Robert Vaughn, l'un des meilleurs acteurs de la galaxie), une bande-son démente et quasi-expérimentale de Lalo Schifrin ("Mission Impossible", "Bullit"), ajoutez une des plus belles actrices de l'époque, quelques seconds couteaux savoureux, un décor exotique... et comme disait l'autre... "roulez jeunesse !". Pas besoin d'être un grand réalisateur pour faire le reste ; il suffit de savoir cadrer sans se prendre les pieds dans les câbles et de savoir tourner vite et à l'économie, presque une seconde nature quand on vient de la télévision.

 

 

Les moins de quarante ans ne connaissent peut être pas l'acteur Robert Vaughn. En effet, ce dernier s'est attiré un certain capital sympathie grâce à deux séries télé : "Poigne de fer et séduction / The Protector" (1972/1974)" et surtout ""The Man from Uncle / Des agents très spéciaux" (1964-1968). Irrémédiablement associé à son rôle de Napoleon Solo (nom trouvé par Ian Fleming lui-même, paraît-il !), il poursuivra pourtant une belle carrière ponctuée de seconds rôles remarquables ("Les 7 mercenaires", "Bullitt", "La tour infernale", "Le pont de Remagen"), de vedette de séries B (voire Z) et de "guest star" dans une pléthore de séries télé ("L'agence tous risques"). A ses côtés, un véritable monstre sacré du cinéma fantastique, le bien nommé Boris Karloff qui entamait ici la dernière partie d'une carrière bien remplie, commencée en 1929.
Le casting féminin n'a rien à envier à son homologue masculin avec deux pépites du cinéma européen de l'époque. Doit-on encore présenter la belle Elke Sommer, icône des années soixante (Plus féroces que les mâles), vedette d'innombrables films et séries. Encore en activité de nos jours, elle personnifiait, dans les années soixante, une certaine vision de la femme. Luciana Paluzzi, pour sa part, est l'une des plus belles James Bond girls de la période Sean Connery. Cette rousse explosive interpréta Fiona Volpe (celle qui couche avec Bond mais ne trouve pas la rédemption !) dans "Opération Tonnerre". Apparemment attirée par la vague d'espionnite aiguë qui sévissait à l'époque, elle apparait dans un épisode des "Agents très spéciaux", et on la retrouvera au côté de "Annie agent très spéciale" et du James Bond français OSS 117 qui ne voulait pas de roses !

 

 

Comme je l'indiquais plus haut, Robert Vaughn fait partie de ces acteurs que l'on aime retrouver. Sa présence suffit parfois à justifier la vision d'un film, c'est le cas de The Venetian Affair, film d'espionnage dans lequel il ne se passe pas grand-chose. Robert Vaughn se promène dans les décors de Venise avec nonchalance, essayant d'éviter les pièges tendus par ses ennemis, le tout sur une bande son du génial Lalo Schifrin qui utilise une cithare et des instruments traditionnels italiens. Comme l'indique l'affiche : Vaughn, Venise, Vooom !


Ne vous attendez pas à autre chose, le film respecte son cahier des charges, qui se résume à exploiter au maximum le potentiel de son acteur et son décor exotico-kitsch ; le tout réalisé par un téléaste sans génie mais professionnel, Jerry Thorpe (fils de Richard), qui s'est fait les dents sur une kyrielle de séries, la plupart inédites chez nous. Ce film est à visionner en dégustant des "cicchetti" accompagnés d'un verre de "Prosecco di Conegliano".

 

 

The Omega Man

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