Dany la ravageuse
Genre: Erotique , Comédie
Année: 1971
Pays d'origine: France
Réalisateur: Willy Rozier
Casting:
Sandra Julien, Jürgen Drews, Jacqueline Laurent, Daniel Heulan, Michel Paulin, Jacques Marbeuf, Jacques Dynam, Sébastien Floche...
Aka: La ragazza dell'autostrada / Dany die Anhalterin /Dany the Ravager / Hitch Hooker
 

Danièle a un surnom : Dany la ravageuse, non pas qu'elle provoque des dégâts mais plutôt des ravages... sur la gent masculine. Mannequin de profession, son patron l'envoie à travers le pays et même à l'étranger (en Italie, notamment) pour présenter les nouvelles collections. Elle reçoit des défraiements pour ses divers déplacements, mais plutôt que de prendre le train ou l'avion, elle préfère mettre cet argent de côté afin de pouvoir s'acheter une voiture dès que possible. En attendant, Dany n'a plus qu'un recours pour effectuer ses voyages : l'auto-stop.
Et malgré un physique très avantageux, la belle poireaute régulièrement au bord des routes. Sa patience est souvent mise à rude épreuve, mais toujours une âme charitable finit par s'arrêter. Enfin... charitable, si l'on veut, car Dany en voit de belles lors de ses pérégrinations !

 

 

Dany la ravageuse possède une structure scénaristique on ne peut plus simple, avec une jolie fille amenée à faire des rencontres peu orthodoxes en faisant du stop. Le film est de ce fait divisé en scénettes (on pourrait presque parler d'un film à sketchs avec le personnage de Dany en tant que fil rouge), et prend parfois des allures de road-movie, notamment dans sa seconde partie, lorsque Dany se retrouve mêlée à la fuite d'un duo de gangsters après le vol d'une banque. Mais cette oeuvre est d'abord une comédie érotique centrée autour du personnage composé par la ravissante Sandra Julien, star (trop) éphémère du cinéma érotique.
De son vrai nom Sandra Calaputti (Julien étant le nom de son mari, à l'époque), cet ancien mannequin débute au cinéma grâce à Jean Rollin dans "Le frisson des vampires", où elle tient le rôle principal. En cinq ans, on la verra dans une quinzaine de longs métrages. Max Pécas la fait tourner dans "Je suis une nymphomane" et "Je suis frigide... pourquoi ?". Elle connaît ensuite un intermède au Japon grâce à Norifumi Suzuki qui la fait jouer notamment dans "Caresses sous un kimono". De retour en France, elle quitte brièvement le cinéma d'exploitation en obtenant de petits rôles par le biais de réalisateurs confirmés tels Paul Vecchiali, Claude Chabrol et Jean Girault. Mais elle retourne très vite à ses premières amours, engagée par la firme Eurociné pour tourner les œuvres "impérissables" que sont "La maison des filles perdues" et "Les orgies du Golden Saloon". Nous sommes alors en 1975, et l'avènement du porno constituera pour Sandra Julien un chant du cygne, dans la mesure où elle ne voudra jamais basculer vers le hardcore.

 

 

Dany la ravageuse, tourné en 1971, est donc l'un des premiers rôles de Sandra Julien, un rôle en or pourrait-on dire dans la mesure où elle est impliquée dans chacune des scènes et que, par conséquent, elle ne quitte jamais l'écran. Si elle n'est pas une actrice au jeu remarquable, elle a par contre une présence indéniable. Régulièrement dénudée, surtout dans la première moitié du film, elle traverse celui-ci à l'instar d'une héroïne de bande dessinée. D'ailleurs, Dany la ravageuse aurait pu être un personnage issu d'une BD Elvifrance. Un brin naïve, rarement méfiante, elle tombe systématiquement dans les pièges tendus par les pervers de tous ordres. Mais, comme toute héroïne qui se respecte, elle se sort à chaque fois de ces situations pour le moins rocambolesques, grâce à sa fraîcheur, sa spontanéité, et surtout son corps de rêve. Ainsi, tour à tour, sera-t-elle amenée à croiser un italien adipeux collectionneur de papillons, une bourgeoise adepte du voyeurisme et du sadisme, un conducteur de corbillard obsédé sexuel, un fou évadé d'un asile, une chanteuse bohème androgyne, des gangsters en fuite, un duo d'escrocs mondains et enfin un prêtre qui lui promet le paradis. Une chute somme toute logique pour quelqu'un qui aura connu plus d'une fois le septième ciel.

 

 

L'auteur de cette pochade érotique est loin d'être un inconnu, même si les instances du cinéma français ont eu plutôt tendance à le mépriser et à ne pas vouloir lui donner l'importance qu'il aurait méritée. Enfin, ceci est un autre débat, toujours est-il que Willy Rozier, puisqu'il s'agit de lui, fut un personnage atypique, né au début du XXème siècle, et mort au début des années '80 après s'être fait sauter le caisson. On lui doit une trentaine de longs métrages, des polars (la série des Callaghan), des drames, des films d'aventures... Il a la réputation de trouver et exploiter le potentiel érotique d'une actrice. C'est notamment le cas pour Françoise Arnoul avec "L'Epave" en 1949, puis Brigitte Bardot avec "Manina... la fille sans voile", à qui le réalisateur offre leur premier grand rôle. Il aime les belles actrices, et ce n'est donc pas étonnant de le voir se lancer, même brièvement, dans le créneau érotique au début des années '70.

Autour de Sandra Julien gravitent dans Dany... une kyrielle d'acteurs aux fortunes diverses. Des éternels seconds rôles comme Jacques Dynam (la série des Fantomas avec De Funès) ou Sébastien Floche, qui passa sans complexe d'une extrême à l'autre durant sa carrière ("Le charme discret de la bourgeoisie" de Buñuel d'un côté.... "Touch' pas à mon biniou" de Bernard Launois, de l'autre). Et des figures éphémères du cinéma bis comme Lisa Lavane ("La Papesse") et Jürgen Drews ("Société anonyme anti-crime"). Citons également Angelo Bassi, aperçu dans le giallo Il fiore dai petali d'acciao et qui joua deux fois le rôle d'un flic chez Jess Franco ("Les nuits brûlantes de Linda" et "Kiss me Killer"). Enfin, l'oeil averti aura reconnu Jacques Marbeuf, acteur issu du cinéma d'auteur qui poursuivra sans complexe dans le porno, et Jacqueline Laurent, vue également dans des Franco ("Le journal intime d'une nymphomane", "Les possédées du diable") et chez Eurociné (Nathalie rescapée de l'enfer).

 

 

Il faut reconnaître que Dany la ravageuse se regarde avec beaucoup de plaisir. Ce film divertissant n'est pas, évidemment, exempt de défauts, essentiellement en ce qui concerne son rythme chaotique dû à la longueur très inégale de ses scénettes. Des passages sont en effet bien trop longs, avant tout celui de la cavale des gangsters, et d'autres trop courts pour susciter un réel intérêt (l'épisode du fou, par exemple). Malgré cela, on se laisse emporter par les aventures de Sandra Julien au pays de la liberté... et du libertinage, avec une joie non dissimulée.

Flint

 

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