Phantom Empire, The
Genre: Science fiction , Western , Serial
Année: 1935
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Otto Brower et B. Reeves Eason
Casting:
Gene Autry, Frankie Darro, Betsy King Ross, Dorothy Christy...
 

En 1935, la télévision n'en est qu'à ses balbutiements. En fait, c'est encore de la science-fiction pour la plupart des êtres humains vivant sur Terre et c'est la radio qui domine dans les foyers qui en sont de plus en plus souvent équipés, instrument quasi-magique qui a démodé les veillées au coin du feu pour les remplacer par des veillées au coin du poste et même des matinées ou des après-midis. Parmi les vedettes de ce média en vogue, Gene Autry incarne le cow-boy chantant et toujours souriant (car le sourire s'entend à la radio), ponctuant ses émissions faites de récits rocambolesques à la sauce western de chansons au refrain parfois yodlé.
Evidemment, si ça en restait là, il n'y aurait pas eu 12 épisodes de ce sérial mais un seul ou aucun. Il faut donc que le héros bellâtre à la voix de velours se retrouve confronté à des ennemis et ils sont nombreux : des scientifiques, d'abord, avides de richesses et désireux d'exploiter les gisements de radium qui se trouvent justement sous Radio Ranch, le ranch d'où sont diffusées les émissions d'Autry. Des Muraniens, ensuite, descendants de la mythique Mû vivant dans une cité ultra-moderne et souterraine regorgeant de radium et située, je vous le donne en 1000, juste en-dessous de Radio Ranch...

 

 

Riches d'une civilisation vieille de 100 000 ans, la Reine Tika et ses nombreux sujets nous méprisent depuis leur terrier, vivant dans une ville bourrée de haute technologie où le travail a été aboli, les mains calleuses des ouvriers ayant été remplacées par celles, toujours lisses, de robots obéissants. Depuis son centre de commandement, la Reine suit sur une espèce de télévision ce que font les Surfaciens, effarée et de plus en persuadée de la supériorité de la cité de Murania sur ces cloportes vivant en plein air.
C'est donc une reine implacable (elle n'hésite pas à condamner à mort le capitaine de sa garde s'il échoue dans ses missions) qui se retrouve à poursuivre le folkeux à cheval et Stetson, tandis que les scientifiques cherchent désespérément l'entrée cachée de Murania et, accessoirement, à éliminer le cowboy chantant, tandis qu'une troupe de jeunes autoproclamés Thunder Riders se retrouve confrontée aux véritables cavaliers du tonnerre surgis des profondeurs de la Terre et reconnaissables à leurs costumes typiques de la mode muranienne, à leurs casques leur permettant de respirer et, surtout, au bruit de tonnerre produit par leurs chevaux au galop, un truc imparable pour impressionner l'ennemi mais pas très pratique pour le surprendre ou passer inaperçu...

 

 

Hé bé, quel mélange improbable : du western, de la SF, de la chanson et même quelques relents de capes et d'épée à l'un ou l'autre moment, voilà un mix que n'aurait peut-être pas renié Tom (Mix) s'il n'avait été lui-même occupé à tourner l'excellent sérial Le cavalier miracle pour la même compagnie (la Mascot). Ici, c'est Autry qui s'y colle et, même si l'adage recommande de ne pas faire à Autry ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fasse, il y en a plein qui passent leur temps à fourrer des bâtons dans les roues de son cheval. En plein galop, reconnaissez que cela peut être dangereux. Et contrariant. Surtout lorsque le brave Gene risque de rater son émission et de ne pouvoir chanter ses bluettes (j'en vois plusieurs qui se réjouissent).

 

 

Des robots magnifiques (mais alors là, vraiment magnifiques, surtout qu'ils sont censés être la force ouvrière ayant permis l'éclosion de cette cité formidablement futuriste et qu'on ne voit, pour illustrer ces propos, que quatre robots tapant mécaniquement et dans un geste répété et inutile sur une enclume ou un truc du genre) ; des poursuites à cheval, en voiture, et même en avion ; des costumes magnifiques (presque autant que les robots, c'est dire !) ; un ascenseur qui monte et qui descend dans un bruit somptueusement désuet autant que futuriste à l'époque ; des mômes coiffés d'un seau à glace se lançant dans de grandes chevauchées après avoir lancé leur cri de ralliement : "To the Rescue !" (et sûr que parmi les gosses ayant découvert le sérial à l'époque, ce "à la rescousse" devait être devenu un signe de reconnaissance) ; des comploteurs qui complotent ; un traitre qui trahit, coiffé de son beau chapeau digne d'un pape en visite officielle et en tenue de gala ; des portes secrètes ; des chausse-trappes ; des leviers à tirer, d'autres à pousser ; des missiles sol-air ; des armes de désintégration massive, mais toujours pas de raton-laveur... Où se niche la poésie, donc, s'il n'y a pas de raton-laveur ? Eh bien dans tout le reste, dans ce foisonnement d'idées incongrues formant une intrigue souvent décousue ; dans ces décors peu nombreux mais exploités à fond ; dans la naïveté de l'ensemble qu'on dirait sorti d'un cerveau encore enfantin ; dans le jeu approximatif de l'acteur principal ; dans les mines de conspirateurs des conspirateurs ; dans certaines répliques, enfin, promettant une mort lente dans un rictus impitoyable. Moins dans les chansons, par contre, même si le yod parfois de la partie les sauve d'une banale country.

 

 

Poétique et peu inspiré ou poétique car peu inspiré, The Phantom Empire réjouit par ses défauts qui sont, comme souvent dans le sérial, ses qualités, comme les inévitables cliffhangers de fin d'épisodes biaisés et détournés au début de l'épisode suivant. Originalité du sérial : il met en scène un acteur incarnant... un acteur, lui-même d'ailleurs, et sous son vrai nom, comédien chanteur jouant pour la radio et mettant en évidence quelques techniques de bruitages également usitées au cinéma ou les trucs et astuces pour nouer une intrigue, grosses ficelles qu'il nous sert avec le reste de la troupe mais qu'il fait mine de déjouer pour, toujours, assurer son émission de radio. Rassurez-vous, à la fin, tout est bien qui finit bien.
The Phantom Empire mérite assurément le détour.

 

 

Bigbonn


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# La fiche dvd Bach Films de The Phantom Empire

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