Dernière grenade, La
Titre original: The Last Grenade
Genre: Guerre
Année: 1970
Pays d'origine: Grande-Bretagne
Réalisateur: Gordon Flemyng
Casting:
Stanley Baker, Alex Cord, Honor Blackman, Richard Attenborough, Rafer Johnson, Andrew Keir, Ray Brooks, Julian Glover...
 

Au Congo, pendant la guerre civile, un hélicoptère survole un commando de mercenaires encerclé. Le pilote se pose et laisse approcher ses camarades épuisés. Soudain, il fait feu et les achève. Harry Grigsby a survécu au massacre et ne rêve que de retrouver et tuer celui qui a trompé sa confiance et celle de ses camarades.

 

 

Le Major Grigsby a beau être un salopard de chien de guerre, cela ne l'empêche pas d'avoir un code d'honneur, une opinion que ne semble malheureusement pas partager son ami Kip Thompson, et le Major va s'en apercevoir amèrement lorsque ce dernier le mitraille lui et ses hommes avant de les abandonner. Mais la vengeance est un plat qui se mange froid, le Major attend alors patiemment son heure en espérant que la maladie qui le ronge ne l'achève pas avant d'avoir pu se venger. Bonne pioche car le brave Kip ne peut s'empêcher de barouder et voilà qu'il commence à mettre le barouf du côté de Hong Kong, ce qui ne plait guère aux Anglais qui semblent bien démunis. Grigsby propose donc son aide officieuse afin de régler ses comptes et les affaires du gouvernement. Mais arrivé sur place, la vengeance de notre major tourne court : terrassé par la tuberculose, c'est presque mort qu'il revient de sa mission. Le hasard faisant bien les choses, le Major rencontre Katherine Whitheley, femme du général du même nom qui s'ennuie ferme auprès de son british de mari (Richard Attenborough, impeccable). La vertueuse épouse est séduite par les manières de rustre de notre brave baroudeur qui n'en demandait pas tant, au point d'oublier sa vendetta et de vouloir passer ses derniers jours auprès de la belle. Evidemment, dit comme ça, cela parait un peu cul cul la praline mais on comprend tout de suite le major en sachant que la belle Katherine est interprétée par l'explosive Honor Blackman, Cathy Gale dans les premiers "Chapeau melon et Bottes de cuir" (saison 2 & 3) et James Bond girl dans "Goldfinger", ça vous dit ? Avec quarante-cinq ans au compteur, l'actrice affiche un sex-appeal intact qui ferait frémir certaines jeunettes. Bref, tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes… bon je ne dévoilerai pas le coup de théâtre qui va remettre notre bidasse sur le chemin de la vengeance, mais sachez qu'il intervient de manière assez brutale.

 

 

Solide production britannique tournée à Londres, en Espagne et à Hong Kong, La Dernière grenade peut compter sur le savoir faire typiquement britannique, comme le montre la spectaculaire séquence d'ouverture réglée comme un concerto. Normal, puisque le réalisateur Gordon Fleming fait partie de ce vivier de réalisateurs formés à la télévision anglaise et qui à l'occasion tentent leur chance au cinéma ("Les Daleks envahissent la Terre" ou "Le Crime c'est notre business"). Le directeur photo Alan Hume, qui s'est aussi illustré dans pas mal de productions comme "Le Retour du Jedi", "Octopussy", "Dangereusement vôtre", Lifeforce, "Runaway Train", livre ici un travail remarquable. Comme d'habitude chez nos amis britanniques, le casting est bétonné jusqu'au seconds couteaux. Autour du triangle amoureux Baker / Blackman / Attenborough, on reconnait Andrew Kier (le professeur Quatermass dans la version de 1967 "Les Monstres de l'espace") ou Julian Glover (le méchant de "Rien que pour vos yeux"). Malgré une présence à l'écran limitée, n'oublions pas de citer Alex Cord ("Supercopter"), excellent dans son rôle de traître (le fait qu'il soit américain aurait-il joué sur le choix du rôle ?).
Alors que le Major semble avoir trouvé une sorte de rédemption dans sa relation avec Katherine et oublié son ennemi, ce dernier ne semble pas pouvoir exister sans la menace de sa Némésis et est prêt à tout pour l'humilier inlassablement. Il commettra l'irréparable sans savoir qu'il précipite aussi sa chute.

 

 

Le défaut majeur de ce genre de productions est le mélange entre l'histoire d'amour et l'action pure, les deux étant souvent incompatibles car totalement disproportionnés comme dans "La Proie des vautours" où le marivaudage entre Frank Sinatra et Gina Lollobrigida semblait incompatible avec les combats en pleine jungle. Dans La Dernière grenade, le réalisateur Gordon Fleming décide d'aborder le problème autrement, il utilise l'incontournable escapade amoureuse entre Stanley Baker et Honor Blackman dans un hôtel comme un moyen d'humaniser le personnage du Major : peu sympathique jusque là, il devient aux yeux des spectateurs un homme presque normal qui ne songe en fait qu'à finir ses jours en agréable compagnie, faisant de cette petite aventure extra conjugale une sorte de court métrage indépendant. Si elle est loin d'atténuer l'impression dissonante, l'idée à au moins le mérite d'expliquer partiellement le geste final du personnage de Grisby.

Rien de bien original dans ce petit film d'aventure qui dégage un agréable parfum de nostalgie, le dépaysement est assuré (magnifiques paysages), l'interprétation est solide et les rebondissements ne manquent pas même s'ils sont souvent extravagants. Honor Blackman est bien loin des rôles de femme d'action qui ont fait son succès à l'époque, elle interprète son personnage stéréotypé de femme esseulée avec conviction et surtout séduction, c'est l'une des agréables surprises de cette petite production.

 

 

The Omega Man

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