Commando pour un homme seul
Titre original: When Eight Bells Toll
Genre: Aventures , Espionnage
Année: 1971
Pays d'origine: Grande-Bretagne
Réalisateur: Etienne Périer
Casting:
Anthony Hopkins, Nathalie Delon, Robert Morley, Jack Hawkins, Corin Redgrave, Derek Bond, Ferdy Mayne, Maurice Roeves...
Aka: De l'Or pour les Requins
 

Un agent des services secrets britanniques est envoyé sur les côtes écossaises, afin de mener une enquête périlleuse concernant de mystérieuses disparitions de bateaux. Ses investigations vont le mener auprès d'une superbe et vénéneuse créature, prénommée Charlotte et un lucratif trafic de lingots d'or...

 

 

Bien avant Tom Clancy, Michael DiMercurio ou même Robert Ludlum, l'une des stars incontestées du roman d'aventure était, après Ian Fleming, un certain Alistair Maclean (1922-1987), un écrivain écossais ayant servi dans la marine pendant la seconde guerre mondiale et qui gardera toute sa vie un amour immodéré pour la mer. Star incontestée dans les pays anglo-saxons bien avant que ses romans ne soient adaptés au cinéma, il devient dans les années soixante une valeur sûre, en effet plusieurs de ses romans seront adaptés avec succès au cinéma dont les plus connus restent "The Guns of Navarone" / "Les canons de Navarone", "Destination Zebra, station polaire" / "Ice Station Zebra", "Where Eagles Dare" / "Quand les aigles attaquent". L'auteur adaptera lui-même quatre de ses romans "Quand les aigles attaquent" (1968), "Puppet on a Chain" (1970), When Eight Bells Toll / De l'or pour les requins / Commando pour un homme seul (1971), "Le Solitaire de Fort Humboldt" / "Breakheart Pass" (1975). Si aujourd'hui Alistair MacLean semble être tombé dans l'oubli, ses romans sont toujours régulièrement réédités en Angleterre où il jouit toujours d'une belle notoriété.

 

 

La surprise de cette production britannique vient de son réalisateur, le belge Etienne Périer. Un réalisateur éclectique et international qui se fit remarquer grâce à un thriller avec Danielle Darrieux " Meurtre en 45 tours", suivront des productions internationales comme le drame "Bridge to the Sun" et le film d'aventure "Le Mercenaire" / "La congiura dei dieci". Au début des années septante il sera appelé en Angleterre où il réalisera coup sur coup deux films : "Zeppelin" et Commando pour un homme seul avant de revenir en France où il signera quatre films : "Un meurtre est un meurtre" (1972), "La Main à couper" (1974), "La Part du feu" (1978) et Un si joli village (1979) avant de finir sa carrière à la télévision.

En 1971, Sean Connery interprète le rôle de James Bond pour la dernière fois (du moins jusqu'à "Jamais plus jamais"). Les Diamants sont éternels est un succès commercial mais beaucoup pensent qu'après la débâcle de George Lazenby, la série ne résistera pas une deuxième fois au départ de Connery. Une place semble vacante et les producteurs Elliott Kastner et Denis Holt ("Quand les aigles attaquent") pensent pouvoir offrir une alternative aux spectateurs avec Philip Calver, héro d'un roman d'Alistair Mac Lean. Les deux producteurs proposent à l'auteur d'adapter son livre lui-même, avec à la clé d'autres aventures si le film fonctionne. MacLean modifie quelque peu son œuvre, notamment en y ajoutant un dénouement moins "Sherlock Holmes" et plus spectaculaire. Un jeune acteur britannique spécialiste des séries télévisées est engagé pour le rôle, il s'appelle... Anthony Hopkins ! Que serait-il arrivé si le film avait connu le succès escompté ? La carrière d'Hopkins aurait-elle été chamboulée ? Nous ne le saurons jamais, car l'accueil fut assez tiède, sauf en Angleterre où le film fut classé dans le top 10. De plus, un fait majeur intervint entre temps, l'annonce que la série des Bond allait continuer sous les traits de Roger Moore, ainsi quelques années plus tard sortit Vivre et laisser mourir qui enterrera définitivement le projet Philip Calver.

 

 

Rien ne fait penser en visionnant ce petit film d'aventure que le réalisateur n'est pas anglais, en effet Périer nous livre un film "à l'ancienne" solide et soigné où l'ambiance prime autant que l'action. Nous suivons donc les traces de Philip Calver qui enquête dans les splendides paysages des côtes la mer d'Irlande. Reconnaissance en hélicoptère (qui permet de magnifiques prises de vue des falaises), plongée sous marine, repaire des pirates caché dans la falaise dominée par un château menaçant, ainsi que quelques embuscades (bagarres, fusillade) tendues par les adversaires de notre héros. Les ficelles sont un peu grosses mais MacLean n'a pas son pareil pour concocter un bon récit d'aventure.

Comme son personnage, Anthony Hopkins ne chôme pas sur ce film, il est étonnant de retrouver notre Hannibal Lecter préféré en jeune premier sautillant et bagarreur. Heureusement, pour les scènes d'action Hopkins est doublé par Bob Simmons. Ce cascadeur anglais (1923-1987) qui donnera aux premiers James Bond leurs lettres de noblesse grâce à ses combats à mains nues spectaculaires, était aussi la doublure de Sean Connery, c'est d'ailleurs lui qui apparait dans le "gun barrel" des trois premiers Bond. Autre grand cascadeur travaillant sur le film mais non crédité, Vic Armstrong est connu pour avoir été la doublure d'Harrison Ford dans les trois premiers films Indiana Jones, de Timothy Dalton dans "Flash Gordon", de George Lazenby dans la poursuite à ski de On Her Majesty's Secret Service ou de Christopher Reeves dans Superman et "Superman 2" et bien sûr il travaillera sur quelques Bond période Brosman.

 

 

Production britannique oblige, les seconds couteaux sont bétonnés dans la roche, une petite surprise avec la présence de la belle Nathalie Delon qui apporte un peu de fraicheur dans ce monde de brutes qui sent bon la poiscaille ! Pour interpréter l'inénarrable supérieur du héros (un croisement entre M des James Bond et Mère-grand de Chapeau Melon), on retrouve avec joie Robert Morley (le Mycroft de "Sherlock Holmes contre Jack l'Eventreur"), ainsi que des visages connus comme Jack Hawkins ("Ben Hur", "Le Pont de la rivière Kwai", "Zoulou"), Ferdy Maine (Le Bal des vampires), Corin Redgrave (frère de Vanessa) ou Derek Bond (figure incontournable des séries anglaises).

Assis au coin du feu sirotant un bon cognac alors que la pluie s'abat vigoureusement à l'extérieur, certains en profiteraient pour lire un bon roman, mais un petit film comme "Commando pour un homme seul" fera tout aussi bien l'affaire : ce n'est pas génial mais on passe un agréable moment !

 

 

The Omega Man

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