Angel of Death
Genre: Gore , Erotique
Année: 1999
Pays d'origine: Allemagne
Réalisateur: Andreas Bethmann
Casting:
Manila May, Timo Rose, Marc Fehse, Lady Kora, Katharina Herm...
 

"Angel of Death", édité à 1000 exemplaires par Uncut Movies, fait figure de très mauvaise série Z (c'est un comble!). Réalisée par ce cochon d'Andreas Bethmann, cette longue bande vidéo nous narre l'histoire de Manila, modèle pour photos de charme qui est violée et laissée pour morte par Angelo et Mike, deux ringards de luxe. Cette dernière va alors se transformer en une sorte de "Lady Terminator" qui, pour assouvir sa terrible vengeance, éliminera tout se présentant sur son passage.
L'élément qui frappe, pour commencer, est bien entendu l'aspect amateur du film: inutile de rappeler que les films distribués par cette petite boite indépendante qu'est Uncut Movies suivent un véritable parcours du combattant pour voir le jour ; il n'est pas non plus nécessaire de rappeler qu'ils proviennent généralement du fin fond du panier Z, réalisés par des tâcherons à la digestion pas facile et à la filmographie peu convaincante; il ne serait donc certainement pas recommandé et encore moins facile d'essayer de parler de ces films sans y avoir participé (le problème venant principalement de savoir quelle est l'allure recherchée à l'origine)… mais cela serait trop simple. Qu'importe, tentons, faisons quelque chose de bien.

 

 

Le spectateur ne s'étant jamais aventuré dans ce petit monde poisseux, crade, mais ô combien passionnant qu'est celui du Z, va être étonné et surement dérouté par l'oeuvre en question au point de vouloir éteindre son magnétoscope (ce film n'est disponible qu'en vhs). Mais le fan acharné, cet homme velu qui guette le sourcil hagard chacune des nouveautés d'Uncut, ou celui qui, plus simplement, en apprécie une de temps en temps entre une bière et la lessive à étendre, la regardera jusqu'au bout. Néanmoins, pour ce faire, il accélérera certainement quelques passages excessivement longs, tels qu'une scène de viol dans les barbelés ou encore une exposition qui constitue à elle-même près de la moitié du film. On sait bien que dans ce type de production l'histoire est volontairement un prétexte à l'étalage de violence et donne parfois dans la redondance, mais ici, elle est à peine esquissée si ce n'est évoquée. Ne croyait donc pas en un suspens haletant et encore moins en un quelconque rebondissement, vous risqueriez de tomber de haut! En quelque sorte, le métrage aurait finalement gagné à être raccourci (ce qui n'est pas de rigueur chez Uncut puisque leur loi est de présenter des films en version "intégrale"). En taillant dedans avec une grosse paire de ciseaux bien huilée et un sourire montrant toutes vos jaunâtres de dents, je suis sur que ça aurait eu un peu plus de gueule.

 

 

 

En dépit de cela, le spectateur a encore matière à être déçu. En effet, "Angel of Death" endort réellement de par son rythme inexistant ou du moins soporifique; et ce n'est pas les acteurs au jeu ignoble qui vous aideront à conférer un tantinet de charme au sommeil dans lequel vous vous glisserez petit à petit (ce n'est pas que Manila May soit visuellement abjecte, mais sa place serait plus convaincante dans un X...). Ensuite, si l'on accorde une exception à la séquence clôturant le film, il est rare qu'un meurtre ou qu'un viol valent le détour. Il serait même possible d'avancer l'idée que n'importe quel réalisateur en tongs et marcel serait capable de les reproduire avec sa petite caméra DV. Il n'est donc pas conseillé d'attendre un beau gore grassouillet qui gicle, mais plutôt de se préparer à l'avènement du fait maison; le tuyau d'arrosage de papa en première ligne, crépissant le sol d'un rouge « c'est la gouache de ma fille ». C'est donc par là que le film pêche le plus et perd ainsi tout intérêt: même en l'abordant sans grandes attentes, pas une once de spectacle nous est proposée. L'objectif souvent proclamé par ces productions là de faire dégobiller le spectateur n'est donc confiné à rester qu'une vague illusion, obligeant l'abonné à se maudire d'avoir utilisé son dernier chèque pour ce qui est même pas, ne serait-ce qu'à un seul moment, drôle.

 

 

Ceci dit (mais vous allez vous moquer), on peut toujours essayer de discuter rapidement sur le fait que ce film "explore" ce qu'est la bassesse humaine, mais peut-on dire qu'il exprime un point de vue pertinent sur le sujet ? Suffirait-il de filmer quelques viols et quelques meurtres de cette manière là pour se targuer de sonder les sombres abysses de l'âme ? A vous de voir...
Il n'y a plus grand-chose à dire sur cette infâme VHS hormis que ce fut le dernier film d'Andreas Bethmann avant qu'il ne s'attaque au porno gore (Rossa Venezia), ce qu'il désirait entreprendre depuis bien longtemps (un vrai rêve de gosse), et que c'est l'une des plus mauvaises édités par Uncut Movies. Lorgnez plutôt sur les "Nikos the Impaler" et autres "The Necro Files" 1 et 2, bien plus fréquentables!
Angel Of Death, la série Zzz Zzz Zzz

 

Note : 2/10

 

The Hard
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