Quantez
Genre: Western
Année: 1957
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Harry Keller
Casting:
Fred MacMurray, Dorothy Malone, John Larch, John Gavin, James Barton, Sydney Chaplin...
 

Cinq cavaliers en fuite sèment leurs poursuivants et se rendent dans un petit village, dernière étape avant de traverser le désert pour trouver refuge au Mexique après le pillage d'une banque. Mais Quantez leur offre le visage d'une bourgade morte, désertée par ses habitants, à peine occupée par quelques lézards et rats. Cette inquiétante absence de présence humaine renforce la tension qui règne au sein du groupe qui est tout sauf uni. Chef de cette bande organisée pour l'occasion, Heller est une brute qui ne travaille que pour lui. S'il s'est entouré des autres, c'est parce que chacun, à sa façon, peut lui être utile : Gantry, parce qu'il connait le désert et les points d'eau qui permettent d'y survivre, Teach, parce que c'est une fine gâchette venue de l'est, Gato parce que c'est un Indien ou tout comme, qui connait leurs ruses et enfin Chaney, parce que c'est une femme, tout simplement...

 

 

Le plan d'Heller a fonctionné jusqu'à présent : la banque a été pillée, les poursuivants égarés et la ville étape trouvée. Mais sa violence et sa brutalité inutiles l'ont déjà délégitimé en tant que leader du groupe. Il a tué quelqu'un de façon gratuite lors du braquage et il est visiblement prêt à en tuer d'autres pour s'offrir une part du butin plus importante, voire même à abandonner à son sort la belle Chaney, qui ne lui est plus utile. Le jeune Teach, d'abord, puis Gato et surtout Gantry, qui a un âge et une stature qui en feraient un chef plus naturel, ne sont pas du même avis et les boucles blondes comme les grands yeux tristes de la belle ne les laissent pas de marbre. Quelques Indiens des environs pourraient cependant mettre tout ce beau monde d'accord...

 

 

Chouette western que celui-là, court, dense, et à l'atmosphère de huis-clos explosif où l'on sent que les armes ne sont jamais très loin de parler à la place de ceux qui les ont en mains. Petit budget très bien négocié par son réalisateur, Harry Keller (également auteur d'un autre western réussi : "Les 7 chemins du couchant"), qui pousse ses personnages les uns contre les autres, parfois tout contre d'ailleurs, lorsqu'il s'agit de Chaney. Promise à une mort lente dans une ville abandonnée, celle-ci cherche son salut dans chacun des autres membres de la bande, aucun n'étant insensible à ses charmes d'autant plus puissants qu'elle est la seule femme alentour. L'arrivée surprenante d'un ménestrel quincailler au milieu de la nuit offre à tous un répit poétique et permet au spectateur d'en apprendre un peu plus sur Gantry, l'alter ego positif d'Heller, le desperado raisonnable qui cultive une sagesse qu'on imagine acquise au fil du temps.

 

 

C'est là, malheureusement, que le bât blesse un peu. Pas dans le personnage mais dans son interprétation. Gantry est incarné par Fred MacMurray ("Assurance sur la mort", "Ouragan sur le Caine", "La Garçonnière") et celui-ci manque clairement de charisme. Pas tant dans l'allure, somme toute westernienne, mais dans le phrasé, trop rapide et un peu expédié. Alors qu'il explique la vie à Teach, jeune gandin encore immature, on ne sent pas chez lui un vécu douloureux, un passé qui expliquerait sa sagesse actuelle. Trop lisse et propre, un peu l'erreur de casting en quelque sorte. Car les autres sont plus à la hauteur de leur rôle, Dorothy Malone ("El Perdido", "L'Homme aux Colts d'or") en tête, en femme rendue fatale par la force des choses et désireuse de s'en sortir, quitte à utiliser ses armes à elle, à savoir sa beauté et sa séduction. John Gavin ("Psychose", "Spartacus") incarne bien ce pied-tendre qui se rêve pistolero mais que la brutalité de la vie renvoie à la réalité. John Larch est impeccable en Heller fourbe et violent, crapule prête à tirer dans le dos des autres si cela peut le servir. Sydney Chaplin, de son côté, offre la double-face de celui qui n'appartient finalement à aucun peuple. Enfin, James Barton est parfait en vieux colporteur musicien qui révèle les secrets les plus enfouis sans en avoir l'air. Si vous en avez l'occasion, donc, n'hésitez pas : la ville fantôme de Quantez et ses bandits égarés offrent leur lot de rebondissements qui méritent le détour. Belle atmosphère, tension constante, sans fioriture inutile, Quantez est un bon western de série B.

 

 

Bigbonn

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