Anges de la mort, Les
Titre original: Qiao tan nu jiao wa / Deadly angels
Genre: Polar , Thriller , Action , Arts Martiaux
Année: 1977
Pays d'origine: Hong-Kong / Corée du Sud
Réalisateur: Pao Hsueh-Li
Casting:
Nancy Yen (Nan Hsi Yen), Evelyn Kraft, Dana, Chin Cheng-Lan, Anthony Lau Wing, Yin-Yin Shaw, Siu Yam-Yam, Tony Liu (Liu Yung)...
Aka: Bob Squad / The Womens Detective (titre anglais hong-kongais) / Ciu taam neui giu wa (titre cantonais)
 

Après des meurtres horribles perpétrés sur de jeunes femmes faisant passer le l'héroïne, les responsables des polices japonaises et coréennes envoient à Hong-Kong deux femmes détectives afin qu'elles se mettent au service de la police locale, puis d'enquêter à leur tour. C'est l'une d'elles (Evelyn Kraft), venue sur place de Scotland Yard, qui les briefera, avant qu'elles ne s'associent à deux autres femmes flics pour tenter d'intégrer un dangereux gang de trafic de drogue et de bijoux...

 

 

Produit de série a priori tout à fait banal en provenance de la Shaw Brothers, The Womens Detective alias Bob Squad (sorti en France en VHS sous le titre Les anges de la mort) est presque tombé dans l'oubli aujourd'hui alors qu'il connut à l'époque de sa sortie un immense succès à Hong-Kong. Peu réputé lui aussi, Pao Hsueh-Li a pourtant commencé sa carrière de réalisateur en 1971 en mettant en scène Lo Lieh dans "The Oath of Death" avant de co-réaliser, avec le légendaire Chang Cheh, le superbe "Justicier de Shanghaï". Les collaborations entre les deux hommes se poursuivront d'ailleurs ensuite avec La légende du lac, "Le pirate" et "Le gorille de fer", ce, avant que le réalisateur vole (sans cordes ni filins) de ses propres ailes à nouveau. S'ensuivra une carrière en solo qui ne marquera forcément pas les esprits avant qu'il ne retrouve Chang Cheh une dernière fois pour "Hai jun tu ji dui" (Le tigre des mers), puis tourne ce Deadly Angels qui marquera sa rupture avec la Shaw Brothers. L'homme s'en ira à Taïwan, tournant alors des films pour la Yan Sheng Company ("Lutte Féroce à Shaolin") avant de monter sa propre maison de production (La Yu Feng Compagny) avec sa femme, souvent responsable des scénarios de ses films. En 1982, Pao Hsueh-Li prendra enfin une retraite bien méritée avec pas moins de 35 films au compteur en douze ans (hormis un retour peu remarqué en 1986 avec "A Co-Ed's Diary").

 

 

Pour en revenir précisément à ces Anges de la mort, sorte de "Drôles de dames" adapté à la sauce black (sergent) pepper, après une mise en bouche façon vapeurs, tendue, pimentée et fort réussie (une scène de hold-up de bijoux par un gang dont les membres portent tous un casque à visière jaune - sans jeu de mots raciste), se fige un peu lors du recrutement et du briefing évoqués en résumé, pour ensuite offrir un spectacle très réjouissant.
Outre les meurtres violents ayant cours sur les jeunes femmes dans une approche sadique quasi-nippone, dès que nos quatre femmes, toutefois aidées d'un homme (Lau Wing), déboulent pour enquêter, impossible de s'ennuyer ! Au programme : jambes en l'air et p'tites culottes ! Ce, avant que nos jeunes et jolies jeunes femmes s'arment autrement. Chacune a sa particularité et excelle dans le maniement d'un instrument : ainsi on passe du fouet au lance-roquette miniature, à l'arbalète, et même au lance-pierre explosif. Et quand nos dames sont désarmées, outre de savater sévère avec des jambes de trois mètres de long, elle se servent même de leur sac-à-main pour venir à bout de leur adversaire. C'est dire comment, malgré ses efforts et la qualité des combats où celui-ci est en jeu, le seul homme en action du côté de la justice (Lau Wing, censé être là pour venger son frère) se fait tranquillement piquer la vedette.

 

 

Les anges de la mort, outre ses affiliations à d'autres pellicules "Tatane Women", poursuit à sa manière la voie de co-productions telles que Les vierges des mers chaudes, restant cependant dans le contexte plus moderne du polar, voir du thriller ultra-violent. Nos quatre jeunes enquêtrices y font une impression marquante avec, en premier lieu, Nancy Yen ("4 doigts de fureur", "Vendetta karatéka", "Un petit coup dans les baguettes" ...), qui occupe la partie la plus importante de l'intrigue et se montre vraiment imposante dans des combats chorégraphiés avec vigueur et peps par le vétéran Tang Chia (La rage du tigre, "Le tigre de jade"...) : armée d'une panoplie conséquente d'armes farfelues dont même des boucles-d'oreilles explosives et vêtue au final d'un bikini jaune, elle explose tout sur son passage ! N'oublions pas que Tang Chia est assisté toutefois de Yuen Woo-ping qu'on ne présente plus. Difficile de par son origine et ses cheveux blonds de ne pas remarquer la Suissesse Evelyn Kraft que les amateurs de gialli connaissent bien pour sa participation au Meurtre dans la 17e avenue de Ferdinando Merighi, mais aussi pour avoir côtoyé un gros gorille dans le sympathique Colosse de Hong Kong. Restent pour compléter un quatuor féminin qui ne s'en laisse pas compter et qui s'avérera mortel, Dana (aperçue dès 1973 dans "Camps d'amour pour chiens jaunes" pour jouer ensuite avec Sonny Chiba), ainsi que la jeune starlette coréenne de l'époque promise à un grand avenir : Chin Cheng-Lan. Cette dernière jouera le temps de quatre films dont deux avec Jackie Chan (Le magnifique et "Le protecteur"), avant de disparaître purement et simplement des écrans.

 

 

Les anges de la mort ne mérite en aucun cas son sort à ce jour : il n'y a qu'à regarder la fabuleuse dernière bobine (en gros, l'assaut final), toute faite de fulgurances électrisantes, avec même une Evelyn Kraft surgissant d'à travers la fenêtre en fracassant les volets, pour voir qu'on tient là un film d'exploitation tout à fait grisant.

Mallox

 

En rapport avec le film :

 

# A noter que le film a eu droit à son remake inavoué en Indonésie quelques années plus tard :

 

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