Onde de choc
Titre original: Wavelength
Genre: Science fiction , Drame , Heroic Fantasy
Année: 1983
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Mike Gray
Casting:
Robert Carradine, Cherie Currie, Keenan Wynn, Cal Bowman...
 

En plein désert de Mojave un musicien professionnel, Bobby Sinclair (Robert Carradine) et son amie Iris (Cherie Currie) découvrent, suite à un incident radioactif, que des enfants venus d'une autre planète sont détenus de façon secrète dans un bunker souterrain par le gouvernement américain, ce, à des fins d'expérimentations. Ils vont s'escrimer dès lors à les libérer...

 

 

Mike Gray est peu connu des amateurs et des cinéphiles. Pour cause, l'homme n'a tourné qu'un seul et unique film pour le cinéma : celui-ci. Homme à tout faire, (race supérieure martienne plus communément appelée "touche-à-tout"), il commence sa carrière à la fin des années 60, à la fois comme producteur et directeur de la photographie, avec une poignée de documentaires, la plupart du temps engagés. Avant un dernier, en 1974, dédié au peintre Marc Chagall et filmé en quatre saisons, il réalise dès ses débuts un sulfureux "American Revolution 2", épousant la cause du Black Panther Party. A noter que, dès 1971, il remettra une couche avec "The Murder of Fred Hampton", qui revenait minutieusement sur l'assassinat du leader du Black Panther Party de l'Illinois. "8 Flags for 99¢", son successeur, le sera presque autant puisqu'il explorera alors, sponsorisé par "le Mouvement des Cadres conservateurs de Chicago pour la paix au Vietnam", les idéaux de ces conservateurs blancs en leur donnant la parole.
Pas étonnant donc qu'on le retrouve un peu plus tard aux côtés de T.S. Cook au scénario, pour ce qui reste l'une de ses contributions les plus connues : "Le syndrome chinois". Dans ce dernier, les dangers d'un incident au sein d'une centrale nucléaire en cachaient d'autres bien pires, fouis à la fois par les dirigeants de la firme, comme par le gouvernement...

 

 

Ce n'est donc pas un hasard si l'on retrouve dans Wavelength, dès son entame, le même genre d'incident qui, du reste, va mener nos deux personnages principaux à l'intérieur de l'enceinte où se jouera le drame central (nucléaire). Le premier tiers est empli d'un discours écologique si ce n'est carrément altermondialiste. Un discours déjà présent dans le film illustré à l'écran par James Bridges en 1979, qui fit ensuite figure emblématique de danger prémonitoire, ce à plusieurs reprises (pour exemple, l'accident nucléaire de Three Mile Island en Pennsylvanie eut lieu douze jours après). La suite évolue d'avantage sur un axe comparable à "Rencontres du 3ème type" (le film se veut humaniste et il est question d'aider des gens venus d'une autre planète à regagner leurs pénates), voire "E.T." mais sans la lourdeur lacrymale toute hollywoodienne du sieur Spielberg ; plus encore, on pense au "Starman" de John Carpenter.

Ainsi Onde de choc évolue bien plus aux abords du documentaire ou, en tout cas, refuse le spectaculaire au profit du message plus ou moins édifiant. C'est à la fois l'une de ses qualités mais aussi son principal défaut.
Un défaut par défaut si je puis dire, dans la mesure où le budget est ici manifestement restreint et peu comparable aux Mecha-mécaniques du tout venant des blockbusters (produit à peu de frais par les frères Rosenfield - "Le dernier match", "Carny" - Onde de choc put être mis en chantier grâce au succès de "La maison du lac", chant du cygne de l'acteur Henry Fonda). Mais c'est aussi un choix volontaire et, à bien des égards encore, Mike Gray n'est pas loin de tomber dans les écueils du pamphlet alarmiste...

 

 

Le problème, outre une fin plus sensationnelle, est que Wavelength souffre d'une direction d'acteurs et d'une psychologie trop approximatives. Additionnés à une mise en scène molle et purement fonctionnelle, le suspens et la tension qui devraient en toute logique impliquer le spectateur sur les bases d'un secret d'état et d'une théorie du complot s'en trouvent annihilés, et l'on finit, par moments, à se désintéresser d'un sujet au potentiel pourtant palpitant.

Pas de procès à faire cependant au vétéran Keenan Wynn (Ce salaud d'inspecteur Sterling, Piranha, La pluie du diable) qui honore et rehausse le film de sa présence, même épisodique. En revanche, on pourra trouver un peu courtes les interprétations de Robert Carradine ("Au-delà de la gloire", "Lâche-moi les baskets"...) et de Cherie Currie (jument blonde aperçue juste avant dans le Parasite de Charles Band). Ce manque d'empathie distillé à l'écran finit lui aussi par se retourner contre la cause qu'il est censé défendre, et au film de manquer de relief, malgré son titre. Restent un montage serré signé Mark Goldblatt ("Flic ou zombie", The Punisher) qui maintient tout juste l'intérêt à flot, ainsi qu'une partition composée par Tangerine Dream, elle-même passant plutôt bien le temps. Dommage cependant que le résultat final, tout intéressant et inégal qu'il puisse être, ne soit pas à la hauteur d'intentions initiales pourtant tout à fait louables et opportunes.

 

 

Mallox


En rapport avec le film :

# A noter que Cherie Currie, petite soeur de Sondra Currie (Jessi's Girls ; "Policewoman"), est surtout connue pour avoir été de 1975 à 1978 la chanteuse et co-leadeuse du groupe de hard féminin "The Runaways" avec Joan Jett.

A l'heure actuelle, elle se consacre principalement à la sculpture d'oeuvres d'art à la tronçonneuse.

 

# Sur VHSdb


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