Derniers survivants, Les (TV)
Titre original: Where Have All the People Gone ?
Genre: Science fiction , Drame , Post-apocalypse
Année: 1974
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: John Llewellyn Moxey
Casting:
Peter Graves, George O'Hanlon Jr., Kathleen Quinla, Verna Bloom, Michael James Wixted, Noble Willingham, Jay W. Macintosh...
 

D'étranges explosions solaires réduisent à néant la majorité de la population de la planète Terre, pendant qu'un virus inconnu décime ses victimes qui finissent désintégrées en une espèce de poudre blanche. Certaines personnes semblent être immunisées à ces effets, dont une famille qui part à la recherche de survivants. Mais leur périple est semé d'embûches, dont des chiens devenus enragés qui attaquent tout ce qui passe à portée de crocs...

 

 

Au sujet des chiens enragés, il s'agit probablement du meilleur passage, tout du moins le plus tendu, évoquant le The Pack à venir de Robert Clouse. Enfin... de loin, car le téléfilm de John Llewellyn Moxey, en plus d'avancer dans le calme plat et avec une franche monotonie, ne donne pas grand-chose à rogner au spectateur. Spécialiste du produit pour home-écran (total solaire) individuel ou familial, on connaît surtout le réalisateur à ce niveau pour son "The Night Stalker", un serial killer d'après Richard Matheson (convoqué à sa manière pour celui-ci, voir plus bas), pas si mal, avec Darren "Opération planète Mars" McGavin et Carol "Alerte Bunny Lake dans le Cosmos" Lynley. Au cinéma, là où il a débuté avant de ne plus se tourner quasiment que pour le petit écran, on le connaît aussi pour "Horror Hotel" (The City of the Dead). On peut également citer Panic in Echo Park, chroniqué ici par Carcharoth, qui lui aussi (pas Carcharoth, le film !) évoluait sur les bases d'un virus, d'une contamination ainsi que A Taste of Evil de 1971, sorti chez Chancelier Films alias SchröderMedia.

 

 

Malgré le manque de moyens, il y avait tout ici pour embarquer l'amateur de récits post-apocalytiques dans une aventure autant humaine que tendue et mouvementée. Hélas, Where Have All the People Gone ? s'enlise dans le statisme, la réflexion et les états d'âme forcés puis, enfin, dans les bons sentiments.

Hormis la femme retrouvée choquée, la poupée cassée mais dont le disque interne tourne encore (improbable, mais l'effet n'est pas si mal rendu), puis l'attaque de chien enragé, on avance en panne d'essence ainsi que d'inspiration. Restent un passage au début où l'enfant (George O'Hanlon Jr.) prend son père en photo afin d'évaluer, via des taches blanches apparaissant sur le tirage de son Polaroïd, la radioactivé ambiante.

 

Ce calme plat et cette monotonie d'apparence fonctionnent cependant, et c'est un vrai paradoxe, pas si mal. Soit, par moments seulement, mais dans ces moments on ressent une véritable solitude, une réelle désolation, le tout instillant, volontairement ou non, par son aspect dénué de fioritures et ses personnages abattus (ou joués de manière trop nonchalante - voir Peter Graves, à la fois songeur, mono-expressif et indéniablement... grave), un certain effroi.

 

 

Ainsi, tout désillusionné qu'il puisse paraître dès le premier tremblement de terre ouvrant (ou presque) le film, ce dernier, après avoir déployé son aventure humaine sur un registre noir, tente au final maladroitement de donner une lueur d'espoir un peu trop forcée ("La petite maison dans la prairie", exemple facile, soit, on n'est pourtant pas si loin).

Trop tard, le mal est fait ! Et si l'on voulait bien marcher jusque là dans cette quête d'un nouveau monde, loin des dangers scientifiques assassins, le téléfilm perd alors de sa force ainsi que de sa cohérence démonstrative, comme narrative.

Au regard d'autres films sur le même sujet, adaptés de Matheson (Je suis une légende, The Omega Man) ou non (La nuit de la comète, le méconnu et sous-estimé "Le Dernier Survivant" de Geoff Murphy en 1985), il n'est pas non plus ridicule. Eu égard à son manque de moyens, il serait même parfois plus méritant que certains d'entre eux.

 

 

La musique de Robert Prince ("La nuit des vers géants") ne parvient pas non plus à emballer le tout, le rendre nerveux et anxiogène à la fois, et seules les actrices dominent l'interprétation : Kathleen Quinlan (Une naufragée du 747, le segment signé Joe Dante de "La quatrième dimension") prend clairement le film à son compte avant l'arrivée inopinée de la très choquée et trop rare Verna Bloom (L'homme sans frontière, Badge 373).

Dommage.

 

Mallox

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