Nurse
Titre original: Nurse 3D
Genre: Horreur
Année: 2014
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Douglas Aarniokoski
Casting:
Paz de la Huerta, Katia Peel, Katrina Bowden, Kathleen Turner, Judd Nelson, Corbin Bleu, Boris Kodjoe, Melanie Scrofano, Niecy Nash...
 

En journée, Abby Russell (Paz de la Huerta) est une infirmière dévouée mais la nuit, elle se transforme en "tueuse". Les hommes ne peuvent résister à sa séduction sensuelle et mortelle. Quand une collègue, Danni (Katrina Bowden), soupçonne que Abby est derrière ces meurtres horribles, elle concocte une ruse qui va faire basculer la vie de Danni et de son copain à tout jamais...

 

 

Produit par Lionsgate, voila un film qui a bénéficié d'une belle et réussie campagne de promotion basée sur une série de clichés réalisés avec l'actrice principale (Paz de la Huerta) nue et/ou couverte de sang. Plusieurs posters et visuels circulent dans les revues spécialisées et sur le net, et le film se taille une belle réputation alors que personne n'en a encore visionné la moindre image. Une légère inquiétude commence à pointer lorsque l'on apprend le nom du réalisateur, un certain Douglas Aarniokoski, assistant réalisateur pour Charles Band (Dr Mordrid, "Trancer 3", ...), mais surtout réalisateur du mémorable "Highlander: Endgame".

 

Bon, le résultat est moins catastrophique que l'on pouvait le craindre mais le film se retrouve le cul entre deux chaises, le délire que pouvait inspirer le sujet (une infirmière pas tout à fait claire) et le classicisme du traitement (une banale histoire de tueuse traumatisée par un père lubrique). Le visuel du film nous promettait quelque chose de sanguinolent, malheureusement le film s’avère des plus bavards et les scènes chocs se font rares... Il ne suffit pas de caviarder les dialogues d'un langage cru ("bite", "vagin", "sodomie",...) pour combler le manque d'initiative visuelle. Après un départ intéressant (la mise à mort d'un mari adultère sur le toit d'une boite de nuit) le film s'enlise dans du sous Tarantino avec des personnages secondaires inutiles (la copine Black qui sert de sidekick, le voisin envahissant bien utile pour se débarrasser des importuns, la responsable des ressources humaines ) et des situations ridicules (la séance chez le psychiatre,.. ).

 

 

Bref, on regarde souvent sa montre et on se demande quand le film va vraiment décoller. Car c'est le problème de cette petite production techniquement soignée (photographie impeccable, décors recherchés, costumes originaux de l’infirmière) : jamais le film ne dérape… Pire : tout a été déjà vu dans d'autres productions horrifico-hospitalières (en vrac : "Halloween 2", "X-ray", "Terreur à l'hôpital central",...), Douglas Aarniokoski semble subjugué par son actrice qu'il met très bien en valeur mais, du coup, il oublie de réaliser son film.

 

Le réalisateur ayant abandonné toute direction artistique, les acteurs se retrouvent en roue libre, ainsi Paz de la Huerta (Tripper, Enter the Void) essaye de nous la jouer névrosée mais on n'arrive pas à savoir si elle surjoue volontairement ou non, Katrina Bowden (que du lourd : "Piranhas 3DD", "Scary Movie 5", "American Pie 4",...), son alter ego blonde, est limite hystérique dans ses réactions (pas étonnant qu'elle soit refoulée par tout le monde) et Niecy Nash est aussi crédible en infirmière que Vanessa Del Rio (actrice porno des années 80). On nage en pleine panade, c'est la foire à la grimace, c'est à qui cabotinera le plus et à ce petit jeu c'est sûrement Niecy Nash qui arrive largement en tête !

On notera aussi la petite apparition de Kathleen Turner, actrice ultra chaude (les plus belles jambes de l'époque) qui a fait fantasmer plus d'un gamin dans les années 80... Si vous étiez dans le cas, évitez la scène où elle apparaît (la remise des diplômes), au risque de voir un vrai sex-symbol s’étioler en quelques secondes.

 

 

Il y a trente ans, un film avec un tel sujet était voué à une réussite certaine, aujourd'hui la donne à bien changé et pas mal de sang a coulé sous les ponts. Traumatisée parce qu'elle a surpris son paternel en train de prendre la température d'une infirmière avec son zob, la petite Abby finit par l'égorger au bistouri et c'est le début d'une croisade contre les maris adultères et volages avec un petit passage dans une clinique spécialisée. Bref, le script est un ramassis de clichés utilisés dans presque tous les thrillers actuels à base de tueur taré. En résumé, on est submergé par un tsunami de stéréotypes. Tout cela ne serait qu'accessoire si on pataugeait allégrement dans le cul et le sang, mais même dans ces deux domaines c'est le minimum syndical... Certes, l'actrice principale se promène souvent les fesses à l'air (très belles au demeurant) mais ne retire même pas son soutif ! Côté gore on espérait que la punition du vilain docteur Morris (Judd Nelson méconnaissable) serait un grand moment de délire, malheureusement, là encore, nos espoirs s'évaporent : excepté un bras coupé à la scie, le reste est hors champ. Il reste quelques minutes à la fin du film où, démasquée, notre justicière de la braguette arrache les perfusions à des malades pour s’asperger de sang, quelques secondes particulièrement dérangeantes qui auraient pu laisser augurer un beau film malade.

 

 

The Omega Man

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