Un Colt nommé Gannon
Titre original: A Man Called Gannon
Genre: Western
Année: 1969
Pays d'origine: Etats-Unis
Casting:
Anthony Franciosa, Michael Sarrazin, Judi West, Susan Oliver, John Anderson...
 

Gannon, un cow-boy expérimenté, prend sous son aile le jeune Jess après avoir voyagé de façon clandestine dans le même train que lui. Tous deux travaillent bientôt dans le ranch de Beth, une grande propriétaire. Lorsque Beth veut installer des barbelés, elle entre en conflit avec Gannon et les fermiers voisins...

 

 

Le problème de A Man Called Gannon est qu'il s'annonce comme un remake de "L'Homme qui n'a pas d'étoile" alors que, pour une fois, il se démarque de son modèle de manière évidente et presque totale.
Bien entendu, le fond de l'histoire est le même mais le traitement diffère et, historiquement parlant, le film de Goldstone est peut-être plus intéressant que le film de Vidor/Douglas.

Un Colt nommé Gannon se veut plus nonchalant, parfois humoristique, le ton est à la tragi-comédie ainsi qu'à la ballade lorsque le lyrisme fiévreux l'emportait en 1955.
Le résultat est toutefois moins réussi globalement, le "remake" pâtissant d'un traitement trop typé et trop ancré dans son époque. Ainsi les images en fondu se succèdent parfois de manière maladroite, que ce soit pour illustrer une beuverie ou certains déplacements dans un Ouest en pleine transition.

 

 

Il y a une dimension ludique dans celui-ci, mais aussi des rencontres dont une presque amitié par ambivalence avec le schéma classique du "grand frère" (Tony Franciosa) trouvant sur son chemin un plus jeune qui aurait pu être lui des années avant (Michael Sarrazin).
Le plus étonnant est la façon dont Goldstone, contrairement aux conventions Hollywoodiennes des années 50, fait oeuvre quasi documentaire par moment, restant toujours en demi-teinte et, surtout, montrant à une échelle impressionnante les tonnes de barbelés transitant dans les trains, eux-mêmes squattés par nombre de clandestins. On n'y trouve plus le manichéisme sauvage avec ces cow-boys prêts à dégainer pour tout et pour rien. En 1969, l'heure est aux longues discussions et aux transactions et la violence est le dernier recours.
Du coup, l'un des grands morceaux de bravoure de cette version 1969 par le futur réalisateur de The Gang That Couldn't Shoot Straight ou Le Pirate des Caraïbes/Swashbuckler (à noter que "Gannon" a, à la base, été restauré grâce aux bons soins justement de Swashbuckler Films) n'est ni un duel, ni un règlement de compte, mais une scène où Franciosa vide un wagon des rouleaux de fils barbelés qu'il contient en les jetant dans le fossé, jusqu'à se mettre en sang, les mains détruites, pour s'apercevoir peu après que son geste n'a servi a rien, les deux autres wagons étant eux aussi blindés de barbelés en train d'être acheminés pour être posés.

 

 

En dépit d'une filmographie squelettique, Judi West, en patronne de ranch, se montre convaincante. On la connait surtout pour son rôle dans "La Grande combine" de Billy Wilder, aux côtés de Jack Lemmon et Walter Matthau et, de manière plus Bis, elle venait de tourner "La donna, il sesso e il superuomo" sous la houlette du méconnu Sergio Spina : une science-fiction dans laquelle elle côtoyait Richard Harrison et Adolfo Celi.
Toujours côté femmes, Susan Oliver, ici en tenancière de saloon, offre une présence assez forte. Habituée à monter en selle, outre ses participations à une multitude de séries américaines des années 60 et 70 (dont Night Gallery) et ses rôles dans deux films avec Jerry Lewis dont l'excellent "Jerry chez les cinoques" du non moins excellent Frank Tashlin, elle s'essaiera à la mise en scène pour deux séries, en plus d'un court-métrage mettant en scène un acteur japonais se retrouvant à jouer les cowboys aux Etats-Unis ("Cowboysan" en 1978).

A noter que, s'il est peu affilié au genre, Michael Sarrazin a joué dans deux autres westerns à la même époque : "Le Shérif aux poings nus" et "La Brigade des cow-boys" (on ne compte évidemment pas "On achève bien les chevaux").
Quant à Anthony Franciosa, il évolue dans la peau d'un cowboy aguerri, à la lisière d'un cabotinage décontracté et s'y montre convaincant même s'il a moins de gueule et de charisme ici que dans l'excellent "Rio Conchos" de Gordon Douglas où il campait un mémorable bandit mexicain.

 

 

Enfin, un petit mot sur la présence assez phénoménale de John Anderson. Arborant une vigoureuse et oppressante présence, il fait forte impression ici encore. L'acteur est, il est vrai, rompu au genre. Outre que Un Colt nommé Gannon se situe entre ses prestations dans "Le Jour des Apaches" et "5 cartes à abattre", on citera ses rôles dans "Coups de feu dans la Sierra", "Soldat Bleu", etc., sans oublier ses bifurcations dans d'autres genres, notamment la Blaxploitation avec Cotton Comes to Harlem (Le Casse de l'oncle Tom).

 

Mallox

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