Seuls sont les indomptés
Titre original: Lonely Are the Brave
Genre: Western , Drame , Action
Année: 1962
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: David Miller
Casting:
Kirk Douglas, Gena Rowlands, Walter Matthau, George Kennedy, Carroll O'Connor...
 

Au Nouveau-Mexique, Jack Burns, authentique cowboy perdu dans notre monde moderne, retourne volontairement en prison pour aider son ami Paul à s'échapper. Comme celui-ci a décidé de purger sa peine jusqu'au bout, Jack s'évade tout seul mais est poursuivi par le shérif Johnson...

 

 

C'est juste hallucinant de voir celui-là peu de temps après avoir revu Rambo (que j'aime bien également, là n'est pas la question ni le problème). Il tient de l'évidence que le bouquin de David Morell qui a servi de base au film de Ted Kotcheff a tout pris dans ce film en changeant les contextes. Tout. Le plus aberrant est que Morell s'est revendiqué d'un autre romancier, Geoffrey Household, l'auteur de "Chasse à l'homme" tourné par Fritz Lang. Ecran de fumée pour camoufler la véritable inspiration ? Probablement !

Au début des années 60, un type décalé vivant à l'ancienne arrive à cheval dans une petite ville du Nouveau-Mexique. Un ancien combattant manchot lui cherche des noises dans un bar car pour lui c'est un "lâche" qui n'a pas fait la seconde guerre mondiale ni la plus récente guerre de Corée. Jack Burns ne veut qu'une chose, avoir la paix, se souler peinard. Mais comme ça tourne à la rixe, c'est le marginal qu'on embarque au poste de police puis qu'on enferme.
Là, il rencontre George Kennedy en policier de garde qui, gratuitement, le tape, le harcèle (à l'image de Brian Dennehy avec Stallone) et cherche même à le tuer ensuite, lors de la longue poursuite qui s'ensuit. Jack Burns est libéré trop vite, il tape donc les flics pour se faire enfermer et aider son meilleur ami à s'évader mais ce dernier tient à purger sa peine entièrement pour retrouver une vie normale, sa femme notamment. Burns prend un an mais, ne tenant nulle part en place, il s'évade dès le premier jour, retrouve sa jument (Whisky) et tente de se mettre à l'abri en passant les montagnes rocheuses de la frontière mexicaine.

 

 

On convoque alors le shérif local, campé par Walter Matthau, qui va faire son boulot sans zèle aucun, avec même de la sympathie pour le rebelle. Le type est dans la région depuis son enfance, il comprend Burns, n'a pas de haine particulière envers lui (bonjour à Richard Crenna !) et arbore d'ailleurs un chapeau de cowboy.
La police militaire lui propose de dépêcher sur les lieux l'armée, des hélicoptères, il refuse mais accepte un hélicoptère pour localiser le fuyard à qui on ne reproche finalement qu'une chose : s'être enfui de la prison où il n'aurait jamais dû se trouver.

L'hélicoptère, ben, Kirk Rambo va le recevoir... quant à sa fuite dans les montagnes Rocheuses du nouveau Mexique, elle sera épique, belle, tragique aussi.

 

 

Quoi qu'il en soit, c'est un film remarquable, remarquablement écrit par Dalton Trumbo (le premier jet avait, chose rare, été jugé parfait, par Douglas comme par le romancier qui le trouvait meilleur que son livre) et qui, avec "L'homme qui tua Liberty Valence" de Ford annonce le western moderne, un changement de cap et de vision, les deux restant emblématiques d'une mutation de regard puis de l'orientation du western tout court.
La Route 66 du film séparant deux mondes annonce d'autres choses (l'autoroute de La longue nuit de l'exorcisme par exemple, hé hé ! ...)

Filmé dans un superbe noir et blanc, on peut comprendre, malgré ses désaccords avec David Miller qu'il trouvait "incompétent" (la légende veut que Douglas ait tourné en partie le film), qu'il reste, dans sa grosse filmographie, le film préféré de l'acteur-star-producteur (lequel rendit hommage en son temps à la "parfaite" et "magnifique" Gena Rowland et à "l'extraordinaire" Walter Matthau.)
Seuls sont les indomptés est un film riche, profond, et profondément attachant, même à le redécouvrir aujourd'hui. Je n'aime pas utiliser ce terme très galvaudé mais c'est bel et bien un chef-d'œuvre. Bien trop oublié aujourd'hui pour ce qu'il vaut et par rapport à d'autres bidules-enflures surfaites et dont la force s'est atténuée le temps passant.

 

 

Un dernier petit point commun entre Lonely Are the Brave et "First Blood" : son compositeur, l'inévitable Jerry Goldsmith qui, dans les deux oeuvres, livre de belles compositions, variées, tendues et... assez similaires.

D'un point de vue purement cynique, il est amusant de constater que Dalton Trumbo est, par ricochet, à l'origine d'un des héros symboliques des années Reagan, ce dernier ayant témoigné en son temps et avec zèle, contre ce même Trumbo.
Histoire d'en rajouter une dernière couche avant de conclure, le rôle du colonel Trautman dans "Rambo" devait quant à lui être tenu par Kirk Douglas qui finit par refuser la proposition pour la simple raison que les modifications scénaristiques qu'il demandait furent rejetées...

 

 

Mallox



P.S. : Bill Bixby (la série Hulk), non crédité, y tient le rôle du pilote de l'hélicoptère.

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