House of the Damned
Genre: Thriller , Epouvante
Année: 1963
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Maury Dexter
Casting:
Ron Foster, Merry Anders, Richard Crane, Erika Peters, Dal McKennon, Richard Kiel, Georgia Schmidt, Stacey Winters...
 

Scott Campbell (Ron Foster) est engagé pour effectuer une expertise architecturale au château de Rochester, situé près de la côte californienne. Il se rend donc sur les lieux où il devra y habiter quelques jours avec sa femme Nancy (Merry Anders), ce juste après s'être présenté au cabinet immobilier, notamment pour y prendre les clés.

 

 

Le couple, sitôt arrivé, a le sentiment d'être épié. Peut-être est-ce une vue de l'esprit puisque, à peine les valises défaites, il y trouve un chat noir, seul habitant de l'endroit qui comporte pas moins de cinquante portes, donnant toutes sur une pièce. Pour ouvrir ces cinquante portes, on leur fournit un jeu de treize clés, certaines en ouvrant plusieurs. Comme leur dit l'agent immobilier, à eux de les tester, cela fait trop longtemps que l'endroit est à l'abandon, presque en ruines, sans compter qu'il a une réputation funèbre. En effet, la légende raconte que le comte Rochester a été assassiné dans l'endroit même, peut-être par sa femme (Georgia Schmidt), celle-ci ayant été internée depuis dans un asile. Les voici en tout cas rejoints par Loy (Erika Peters), épouse du commanditaire de l'expertise, Joseph Schiller (Richard Crane), le couple faisant partie de leurs amis proches. Loy Schiller n'a qu'une envie, celle de prendre un bain de soleil sur le patio, aux abords d'une piscine jonchée de feuilles mortes. Sitôt Joseph Schiller arrivé, c'est l'heure des retrouvailles et des discussions autour d'un verre, dans le salon. Mais voilà qu'après l'intrigante impression, des faits pour le moins mystérieux se manifestent : le jeu de clés, posé sur la table de chevet de Scott est subtilisé en pleine nuit puis, peu après, Loy Schiller disparaît elle aussi après s'être aventurée dans l'un des sous-sols du château, se retrouvant nez à nez avec un homme étrange, sorte de géant surgissant de nulle part et la kidnappant. A moins, qui sait, que tout ceci ne soit que pure illusion d'optique...

 

 

Inédit en France, House of the Damned est une production à petit budget reposant sur un script plus astucieux qu'il n'y parait, signé Harry Spalding ("Witchcraft", The Earth Dies Screaming, Chosen Survivors,...) ; ce dernier surfe de manière apparente et sournoise sur un genre qui vient de connaitre quelques succès avec, pour le plus probant, "La maison du diable" (The Haunting, 1963) de Robert Wise.
Un scénario produit et illustré quant à lui par le méconnu Maury Dexter (les mauvaises langues diront que c'est justifié) auquel on doit plus d'une vingtaine de petites séries B durant les années 60, ne s'élevant que rarement au-dessus de l'honnête exploitation, et encore, en se montrant généreux à son égard. En témoignent sa participation à tout ce qui a le vent en poupe, des westerns américains tout d'abord ("Walk Tall", "The High Powered Rifle", "Young Guns of Texas"...) bifurquant même vers le plat garni western paëlla/spaghetti (Django le proscrit). A son (dis)crédit aussi, des SF bidulesques comme "The Day Mars Invaded Earth" (1963), des machins à la Yé-yé surf ("Surf Party") ainsi que des drames psychologiques mettant en lice la djeunesse rebelle, souvent motorisée, mais "without a cause" ("Maryjane", "Des filles à moto", "The Young Animals", "Hell's Belles",...), la plupart du temps en collaboration étroite avec Harry Spalding qu'il ne cesse donc d'illustrer.




House of the Damned, bien que doté d'un rythme trop nonchalant et d'un dynamisme aussi probant que Scoubidou aboyant après trois pétards de beuh sur la famille Addams, possède plusieurs atouts. Bien sûr, il y a sa courte durée (fait récurrent chez le sieur Dexter, dont les films n'excèdent l'heure de bobine inéluctablement que de quelques minutes, ce afin de ne pas se voir classés dans les moyens-métrages) qui en fait une œuvre qu'on regarde sans déplaisir jusqu'à son terme. Mais ce n'est pas sa seule qualité, et il est d'ailleurs envisageable que le metteur en scène livre ici son meilleur film. La raison de cette relative réussite n'est pas à chercher dans les tréfonds d'un château mais dans le talent à distiller un mystère qui, une fois n'est pas coutume, ne s'anticipe pas forcément. Et à votre humble scribouillard ici présent de se retrouver pris dans une toile d'araignée "spoilereuse" et d'expédier les monstrueux secrets de cette "Maison des damnés" en vous dévoilant ceci : imaginez que vous regardez La nuit de tous les mystères (House of Haunted Hill, 1959) de l'excellent William Castle et qu'on vous déplace tel un pion sur un échiquier chez Tod Browning et son inaltérable "Monstrueuse Parade" (Freaks, 1932) et vous ne serez pas loin de trouver la clé de l'énigme...

 

 

A propos de clés, House of the Damned évolue grâce à une succession de petites énigmes qui en font la "clé" de sa réussite (relative, comme dit avant) : tout d'abord ce chat (más negro que la noche, forcément...), bestiole annonçant une malédiction très souvent associée à ce type d'épouvante fantomatique lorgnant sur la Murder Party (Le Spectre du chat en Grande-Bretagne, Le Manoir du chat fantôme au Japon), ensuite une créature mystérieuse filmée en contre jour (grâce soit rendue au photographe John M. Nickolaus Jr.) dont on ne sait s'il s'agit d'un cul-de-jatte marocain ou d'un orang-outang, une clé bientôt manquante avec plusieurs pièces dès lors impossibles à visiter, une mystérieuse femme épiant nos protagonistes de l'intérieur d'un placard où elle semble rester sans jamais le quitter, un cadavre, celui du vieux Rochester, ressurgissant d'entre les morts, sa veuve pétant un câble dans l'asile qui l'héberge jusqu'à griffer jusqu'au sang l'infirmière en charge d'elle et qui, qui sait, se serait échappée pour venir hanter de façon réelle son ancienne demeure, l'apparition d'un géant, mentionnée juste avant, campé en la personne du déjà monstrueux Richard Kiel, le tout filmé dans un format scope généreux ayant comme bénéfice supplémentaire de pouvoir cadrer une chambre entière avec ses deux lits jumeaux.

 

 

Bref, House of the Damned, avec ses acteurs eux aussi de second plan (on reconnait surtout Richard Crane aperçu dix ans avant dans The Neanderthal Man ici chroniqué), n'est pas la perle méconnue ou perdue qu'il vous absolument visiter, mais demeure une bobine qu'on aurait tort de bouder outre-mesure. Rien que pour ses deux emprunts mentionnés ci-avant et qui font office de bon goût, il mérite à l'occasion son petit détour. Basé sur le mystère, pour une efficacité maximale, il est conseillé de ne rien en lire dessus au préalable. Ah, merde, trop tard !


Mallox

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