Malédiction de la sorcière, la
Titre original: Superstition
Genre: Horreur , Maisons hantées , Esprits , Satanisme , Sorcellerie
Année: 1982
Pays d'origine: Canada
Réalisateur: James W. Roberson
Casting:
James Houghton, Albert Salmi, Lynn Carlin, Larry Pennell, Jacquelyn Hyde...
Aka: The Witch
 

En 1784, la sorcière Elondra Sharack est condamnée à mort par crucifixion mais, comme elle est fille de Satan, son esprit maléfique ne saurait être détruit. Après son exécution, l'église où elle a été jugée brûle et son accusateur meurt dans d'atroces souffrances. L'esprit démoniaque de la sorcière plane toujours en quête de vengeance. Deux cents ans plus tard, une série de meurtres non élucidés frappe la petite ville où vécut Elondra. Le révérend Thompson décide d'aider l'inspecteur Sturgess à mener son enquête...

 

 

Spectacle jugé obscène en son temps, La Malédiction de la sorcière eut droit à sa classification dans la liste des fameuses Video Nasties par les garants britanniques de la moralité et pour les Tas d'chair qu'on y trouvait. Ce n'est qu'en 1986 qu'il sortit sous un autre titre (The Witch) puis sous son titre original en 2005, chez Momentum. Entre temps, Superstition, grâce à sa relative popularité en vidéo, sortit dans quelques salles et fut donc projeté sur grand écran en 1984 sous son titre d'emprunt. A l'heure actuelle, les droits en France appartiennent à Studio Canal.

Quant à notre homme derrière la caméra, il s'agit de James W. Roberson, réalisateur de trois films pour le grand écran dont, plus tard, en 1991, "The Giant of Thunder Mountain", un drame familial à l'eau-de-rose qui a la singularité d'être entièrement scénarisé par son acteur principal, Richard Kiel. On connait davantage le travail de James W. Roberson comme chef-opérateur et, à cet égard, on ne manquera pas de citer Encounter with the Unknown ici chroniqué ou bien le fort réussi The Town That Dreaded Sundown de Charles B. Pierce (lequel eut droit à une séquelle tardive pas mal non plus, en 2014). Parmi les collaborations entre les deux hommes, on peut citer également "Le Faucon blanc" et "Grayeagle".

 

 

Superstition pourrait parfaitement correspondre à l'adage "C’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe" en plus d'un second venant le compléter : "Les restes, même légèrement faisandés, peuvent servir à concocter de bien bonnes recettes qui tiennent au corps".
En effet, le film de James W. Roberson apparait assez vite comme un opportuniste mais néanmoins pas mal réussi mélange de genres alors en vogue, mixés façon minestrone, nous servant au final un plat bien épais, de ce ceux qui calent l'estomac pourvu qu'on l'ait bien accroché. Superstition est donc une sorte de fourre-tout horrifique qui puise à diverses sources, élaborant une histoire aussi squelettique qu'invraisemblable afin de caser le plus d'ingrédients possible. Ainsi se retrouve-t-on avec une sorcière toute spectrale après avoir fait le tour d'une maison hantée, rencontré quelques esprits maléfiques errants, le tout agrémenté avec un timing de métronome, de meurtres horribles.

 

 

A ce niveau, La Malédiction de la sorcière commence sur les chapeaux de roues et balance - avant de caler plus ou moins - des morceaux de gore assez anthologiques. En à peine 30 minutes, le spectateur, ravi (?), assiste à pas moins de 5 meurtres, dont une décapitation avec la tête du défunt - on n'en est plus à quelques détails près - éclatant comme un ballon dans un four à micro-ondes. S'ensuivront au fil de la bobine (remplie au total d'une bonne douzaine de meurtres, on ne va pas s'en plaindre), une pendaison via les câbles d'un ascenseur, un personnage se faisant découper façon part de pizza à la scie circulaire, un autre scindé en deux par une fenêtre guillotine, un autre encore se retrouvant bloqué dans un pressoir à vin, bref, de l'imaginatif et du créatif à la mode Grand-Guignol dans lequel même les enfants ne sont pas épargnés.

Après une seconde partie moins échevelée (encore que les plus sensibles pourraient bien voir leurs cheveux se dresser sur la tête), durant laquelle le réalisateur semble vouloir donner corps à tout cela via une histoire tenant aussi bien debout qu'un zombie cul-de-jatte, Superstition se reprend dans son dernier tiers grâce aux assauts d'une sorcière de train-fantôme n'hésitant pas à faire voler les vitres en éclat, des scènes filmées de manière frontale, donnant ainsi l'impression de se faire rentrer dans le lard par un épouvantail.

 

 

La mise en scène reste globalement solide, correcte, honorable, même si elle dépend trop de ce qui est illustré (ou non) à l'écran. Heureusement que la musique de David Gibney, lorgnant elle-même sur celle de Harry Manfredini pour Vendredi 13, distille un peu de tension durant la seconde partie d'un film qu'on peut facilement segmenter en trois, sans quoi nous aurions pu nous assoupir durant ce qui ressemble à une mi-temps d'un match très inégal.

Mais comme souligné peu avant, quoiqu'un peu drôle selon l'angle sous lequel on l'aborde, la troisième partie voit La Malédiction de la sorcière se reprendre, sans balai, mais bien décidé(e) à nous jeter un sort : celui de faire en sorte de nous garder jusqu'à la fin avec le sentiment d'avoir assisté à un best of malin, généreux en hémoglobine et somme toute, plaisant et efficace.

 

 

Mallox



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