Commando Léopard
Titre original: Kommando Leopard
Genre: Guerre
Année: 1985
Pays d'origine: Allemagne / Italie / Suisse
Réalisateur: Antonio Margheriti (Anthony M. Dawson)
Casting:
Lewis Collins, Klaus Kinski, Cristina Donadio, Manfred Lehmann, John Steiner, Hans Leutenegger, Thomas Danneberg...
 

Enrique Carrasco (Lewis Collins), également connu sous le pseudonyme de "El Leopardo," retourne dans son pays natal en Amérique Latine et le trouve sous le joug d'une dictature cruelle et corrompue. Avec l'aide de combattants indigènes, de Maria (Cristina Donadio), une étudiante en médecine et de Smithy (John Steiner), un mercenaire, il va tenter de rétablir la paix dans son pays. Suite à la destruction d'un barrage par les hommes de Carrasco, le chef de la police secrète, le Colonel Silveira (Klaus Kinski) reçoit l'ordre d'exterminer les rebelles par n'importe quel moyen.

 

 

Dans les années 80, Erwin C. Dietrich, producteur suisse germanophone, cherche un bon réalisateur pour son nouveau projet, un film de guerre inspiré de la superproduction anglaise produite par Euan Lloyd en 1978, "Les Oies sauvages". L'un de ses coproducteurs, Gianfranco Couyoumdjian, lui souffle le nom d'Antonio Margheriti avec qui il avait tourné quelques films de guerre comme "L'ultimo cacciatore" ("Héros d'apocalypse") ou "Tornado" ("Ultime combat"). Des micro budgets que le réalisateur contribua largement à revaloriser grâce à son savoir-faire et qui devinrent de gros succès à l'étranger. Avec un budget largement supérieur, Margheriti se retrouve alors aux commandes de Nom de code : Oies sauvages et signe un film d'action certes un peu décousu mais particulièrement spectaculaire et efficace qui surfe habillement sur la vague de la Vietsploitation. Contre toute attente, le film est un carton, surtout en vidéo : le succès est tel que le film finira par éclipser la vraie suite des "Oies sauvages" ("The Wild Geese") sortie en 1985. Impressionné par le résultat, Erwin C. Dietrich casse sa tirelire et demande au réalisateur de lui mijoter fissa une autre production du même genre.

 

 

Erwin C. Dietrich ne se moque pas du monde : grâce à la publicité de Nom de code : Oies sauvages, il pré-vend le film et débloque carrément son plus gros budget. Résultat : Margheriti nous en met plein la vue, il reprend les bases établies sur son film précédent et nous gratifie cette fois (avec l'aide de son fiston) d'effets spéciaux de grande qualité qui démarrent très fort avec l'explosion d'un barrage. Par la suite, le réalisateur recycle une idée déjà utilisée, les hélicoptères armés de lance- flammes. Cette fois ce sont carrément plusieurs appareils qui attaquent un village de rebelles : la scène tournée de nuit est incroyablement esthétique mais le meilleur arrive avec ce qui est peut être la meilleure séquence jamais filmée par le réalisateur : l'explosion et le crash d'un avion, et ce bien des années avant "Die Hard 2" ("58 Minutes pour mourir"). Ultime plaisir, Margheriti peut même se permettre de tourner quelques scènes au Venezuela pour plus de réalisme, ce qui ne l'empêchera pas de tourner une bonne partie du reste du métrage aux Philippines dans les décors (l'église) de son précédent film.

 

 

Pour Commando Léopard, Margheriti décide de mettre un maximum de budget dans les effets spéciaux, il déleste un peu son casting et ne garde que Lewis Collins et son vieux copain Klaus Kinski. Celui-ci n'avait pas particulièrement brillé sur le tournage de Nom de code : Oies sauvages, il donnait surtout l'impression de se foutre de la gueule des autres comédiens. Cette fois, le réalisateur a compris le message et Kinski se retrouve seul et peut enfin se lâcher dans un rôle de méchant comme on les aime. Notons l'arrivée de l'italienne Cristina Donadio, venue rejoindre un casting quelque peu viril. L'actrice est aussi atypique que sa filmographie : à la fois chaude comme la braise dans "La Peau" (1981) ou "Les Napolitaines" ("Libera") (1993) et féroce (elle est effrayante dans la saison 2 de "Gomorra" (2016) !), elle n'a aucun mal à faire oublier l'insipide Mismy Farmer.
Lewis Collins, de nouveau de la partie, est certes limité (il n'a en fait que deux expressions : serrer les dents et lever les sourcils) mais apporte une petite touche de réalisme (les militaires ne sont guère expressifs !). Il faut préciser que Collins menait une carrière militaire en parallèle avec celle d'acteur. Après le tournage de la série télé qui le rendit célèbre, "Les Professionnels" (1977), il s'engagea dans le 10th Parachute Battalion et tenta même de rejoindre les SAS mais recevra un refus poli car les hommes de cette unité doivent avant tout garder l'anonymat : raté pour Lewis ! Mais il se rattrapera plus tard avec le film "Who Dares Wins" ("Commando") où il interprétera le rôle d'un SAS. Au cours de ce tournage, le producteur du film, Euan Lloyd, repère le jeune homme et lui promet de signer un contrat, promesse qui restera vaine. Par dépit, Collins acceptera le tournage de Nom de code : Oie sauvages, fausse suite des "Oies Sauvages". Paradoxe ultime, Euan Lloyd avait promis à l'acteur de figurer dans la suite officielle prévue à l'époque avec Richard Burton ! Pour Collins, les trois films du duo Antonio Margheriti / Erwin C. Dietrich seront avant tout alimentaires et permettront à l'acteur de rester à flot malgré de nombreuses déconvenues professionnelles et artistiques.

 

 

Le point faible de Commando Léopard vient encore une fois du scénario (pourtant plus développé que celui de Nom de Code : Oies Sauvages) : les gentils révolutionnaires se battent contre le méchant dictateur et son homme de main sadique (devinez qui ?) et tout le monde joue à cache-cache pendant 103 minutes ! Lewis Collins a toujours la mâchoire carrée et le regard d'acier, Cristina Donadio fait de son mieux dans un rôle peu glamour mais s'en tire bien et n'a rien à envier à ses collègues masculins et Kinski est sadique à souhait et remplit son cahier des charges avec un certain plaisir. On notera aussi la belle prestation de Manfred Lehman en curé humaniste qui éclipse tant le reste du casting qu'il passera covedette sur le film suivant de Margheriti, Der Commander (Le Triangle de la peur).

Bref, tout cela reste sans prétention, le divertissement idéal pour combler une morne journée d'hiver !

 

 

The Omega Man

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