Hasta el viento tiene miedo
Genre: Thriller , Epouvante
Année: 1968
Pays d'origine: Mexique
Réalisateur: Carlos Enrique Taboada
Casting:
Marga López, Alicia Bonet, Norma Lazareno, Elizabeth Dupeyrón...
Aka: Even the Wind Is Afraid (titre anglais)
 

Le dortoir d'un collège pour jeunes filles une nuit de tempête. Claudia, l'une des pensionnaires, a le sommeil agité de cauchemars. Elle est alors réveillée par une étrange voix suppliante, celle d'une femme lui soufflant son prénom dans le vent. L'appel semble provenir du dehors. Une violente bourrasque fait s'ouvrir la fenêtre près du lit de Claudia tandis que, se redressant précipitamment, la jeune fille découvre avec horreur qu'un corps est pendu au dessus de sa tête...

 

 

C'est ainsi que débute l'un des films de fantômes les plus terrifiants jamais conçu, qui renvoie bouler sans difficulté dans leurs tombes toute cette armada de mauvais esprits nippons récents qui n'en finissent plus de chier leurs ectoplasmes sur nos petits et grands écrans.
Plutôt surprenant, ce parfait petit condensé d'effroi nous parvient du Mexique, pays autrefois très productif en matière d'horreur mais qui nous avait plutôt habitué à des oeuvres pas très sérieuses (hormis des films comme ceux de Juan Lopez Moctezuma ou bien le Muñecos infernales de Benito Alazraki et ses macabres pantins vivants), remplies à ras bord de monstres repoussants, de vampires, de savants fous, d'hommes-gorilles et surtout de bonnes rasades de catch.

Point de tout ceci ici. Juste de l'angoisse, rien que de l'angoisse avec cette histoire tétanisante de sept collégiennes qui, punies par la directrice impitoyable sont condamnées à passer les vacances scolaires dans l'établissement ; un établissement hanté par le spectre d'une ancienne pensionnaire qui a trouvé refuge dans une tour condamnée au beau milieu du jardin de l'école. C'est du haut de cette tour qu'elle appelle inlassablement Claudia pour une raison inconnue au départ, puis expliquée en cours de route.

 

 

Et puis, à dire vrai, c'est surtout l'attention apportée à l'ambiance générale et cette volonté de vouloir créer la peur parfaite qui emballe tant.
Avec de simples petits artifices, Carlos Enrique Taboada parvient à nous flanquer la frousse, que ce soit par le biais d'une ombre qui traverse l’écran, les hululements d'une chouette, une porte qui grince, les plaintes nocturnes du spectre ou bien les apparitions aussi furtives que marquantes de ce dernier. En particulier la toute première, véritablement effrayante, lorsque l'une des filles aperçoit le fantôme derrière une fenêtre de la tour abandonnée.

 

 

Pour désamorcer temporairement la tension que dégage son film, Taboada imagine quelques séquences plus guillerettes entre les jeunes protagonistes et notamment une mémorable séance de strip-tease (archi soft puisque pas même un soutif se détachera, si c'est pas malheureux) aux retombées lesbiennes camouflées mais néanmoins discernables.

 

Si l'on peut toutefois émettre un reproche, ce serait peut être au niveau de la seconde moitié du métrage qui bascule pour l'occasion en plein film de possession (sans escompter pour autant de l'Exorciste avant l'heure), puisque le spectre de la jeune femme investit le corps de Claudia, qui va ainsi changer progressivement de comportement.
Un petit passage à vide mais qui n'empêchera pas au film de retrouver de sa superbe en fin de bande et de se conclure de façon macabre et stressante.

Carlos Enrique Taboada, réputé en son pays pour être l'un des cinéastes les plus doués en matière d'épouvante, ne s'arrêtera pas en si bon chemin puisqu'il se rendra responsable par la suite d'autres bijoux de terreur comme "El libro de piedra" en 1968 ou Màs negro que la noche en 1975.

 

 

Aucun de ses films n'a été distribué en France pour le moment mais avec des éditeurs comme Bach films, peut-être peut-on espérer la distribution de quelques-uns de ses chefs-d'oeuvre en galette...

 

Throma

 

* Chronique écrite en 2006 sur le forum et mise en ligne ici 10 ans après pour la bonne cause.

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