Crypt of Dark Secrets
Genre: Erotique , Fantastique , Exotisme , Sorcellerie
Année: 1976
Pays d'origine: États-Unis
Réalisateur: Jack Weis
Casting:
Ronald Tanet, Maureen Ridley, Herbert G. Jahncke (Herb Jahncke), Wayne Mack, Butch Benit, Susie Sirmen, Harry Uher, Barbara Hagerty...
 

Ted Watkins, de retour du Viêt Nam, décide d'abandonner sa société et d'élire domicile dans un coin reculé des marais de Louisiane. Persuadées qu'il cache tout son argent non loin, trois malfrats au vent de sa situation décident de trouver sa cachette et de le piller. Une fois le larcin effectué, ils assassinent le pauvre Ted de sang-froid. Toutefois, c'est sans compter sur la présence en ces mêmes lieux de Damballa, une sorcière pratiquant le vaudou. Témoin du coup-monté puis du meurtre, après s'être transformée en serpent, elle se fout à poil pour exécuter un rite vaudou, ramener Watkins à la vie, puis se venger des hommes qui l'ont tué.

 

 

Inutile d'emprunter des sentiers serpentés, bien que planté dans le généreux décor des bayous de Louisiane, Crypt of Dark Secrets n'est qu'un médiocre produit de série. Les mutations de l'héroïne se font dans le plus simple appareil et l'ensemble n'est qu'un prétexte à l'érotisme sur fond d'enquête criminelle pour le moins fantaisiste. Crypt of Dark Secrets a un énorme problème : celui d'être affublé d'un réalisateur médiocre, le dénommé Jack Weis à qui l'on devra deux ans plus tard le calamiteux Mardi Gras Massacre, remake façon sample monté en boucle de Blood Feast, œuvre elle-même précurseur, bien que largement surestimée, du sieur Herschell Gordon Lewis. Semble-t-il incapable d'instiller le moindre rythme à une quelconque bobine, celui-ci arrive à plomber un petit voyage au pays de l'exorcisme et de l'exotisme qui aurait pu s'avérer tout à fait charmant, agréable. Las, sur à peine 61 minutes de pelloche, la moitié est remplie de présentations entre les personnages et de conversations statiques entre quatre murs qui semblent durer une éternité.

 

 

Au même titre, les danses vaudou sont plaisantes cinq minutes et, en passant, on est bien content de comprendre enfin d'où vient cette étrange danse effectuée par Valérie Kaprisky dans "La Femme publique", mais elles s'éternisent de manière hypnotique sans pour autant parvenir à nous marabouter. Bref, charmant spectacle de base qui semble dépoter tous les deux mètres ses étrons d'ennui. Bien entendu, tout cela est fort dommage car Damballa, "girondement" jouée par Maureen Ridley ("Private Collection" de Keith Salvat et "Death Brings Roses" du même Weis), a de sacrés arguments pour faire dresser bien des serpents et l'histoire, aussi basique soit-elle, en vaut bien d'autres. En ancien du Vietnam, Ronald Tanet, lui aussi habitué aux petits budgets indépendants du sieur Weis, est moins bandant. Avec trois films à son actif comme acteur, il deviendra producteur d'adaptations pour la télévision de divers contes classiques aux débuts des années 80. Quoi qu'il en soit, en 1976 il était déjà atteint du syndrome de ptosis, le même que le célèbre Droopy. Quitte à pratiquer le hors-piste, c'est l'occasion peut-être de remémorer que de nombreux appelés furent transférés à Fort Polk, un camp d'entrainement en Louisiane baptisé "Tigerland". L'endroit était réputé pour sa végétation dense proche de celle du Vietnam, aidant ainsi les instructeurs pour la préparation des unités au cadre qu'ils allaient rencontrer plus tard en Asie du sud-est. Quoi qu'il en soit, notre Droopy de service a bien de la chance d'être initié à un autre service inédit, celui de se voir chevaucher par Pocahontas puissance 1000 pour ressusciter.

 

 

Dommage encore que Crypt of Dark Secrets tourne à l'eau de boudin car la panoplie vaudou pour les nuls avait quelque chose d'également chatoyant et d'a priori généreux. Du reste, les mutations à poil de Damballa en serpent sont ce qu'il y a de plus sympathique dans ce bidule manquant singulièrement d'allégresse pour ce qu'il montre (soit dit en passant, une danse à réveiller les morts !) ; des transformations, fruits véniels du hasard, en avance sur celles de Nastassja Kinski dans le remake érotisant de "La Féline" version Schrader, tourné en 1982 dans les mêmes parages. Ailleurs, la présence d'une grande prêtresse semblant avoir pris un abonnement dans un institut d'U.V. avant de venir et défonçant à coups de couteau une poupée de chiffon dans une cuisine, rallongée de nos trois pieds-nickelés à la recherche de la fortune, ainsi que des moustachus qui l'ont dans le cul, sont les seuls éléments à distiller un tant soit peu de saveur.

Au final, Crypt of Dark Secrets n'est rien d'autre qu'une succession de giclures précoces entre de longs moments de bite molle et recroquevillée, signe incontestable que le coït n'y est pas vraiment. Du coup, j'engage le lecteur à faire comme l'auteur des ces douces lignes, c'est-à-dire profiter de l'étirement des scènes pour se toucher la poupée vaudou durant les séquences de danse et de frottage de chatte sur des troncs d'arbres. Promis, le temps vous paraîtra moins long et la chiure filmique ici-présente, toujours meilleure à prendre que son Mardi Gras Massacre au-delà du calvaire, vous apparaîtra comme un sort qui vous veut du bien.

 

 

Mallox

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