Duel à Las Vegas
Titre original: Cold Heat
Genre: Action
Année: 1991
Pays d'origine: États-Unis
Réalisateur: Ulli Lommel
Casting:
John Phillip Law, Britt Ekland, Robert Sacchi, Roy Summerset, Chance Michael Corbitt...
 

Par décision de justice, le petit David Malone est confié à la garde de sa mère. Le père, gros bonnet de la mafia n'accepte pas le verdict et fait enlever son fils. Sa mère, tenace elle aussi, décide de le récupérer par tous les moyens. Même les plus dangereux...

 

 

Cold Heat est produit par Joanne Watkins, proche de Ulli Lommel et habituée de son cinéma, tout du moins de cette partie de carrière peu stimulante pour l'intelligentsia ("Les Gradés de Top Gun", "The Big Sweat", etc.). Elle y joue, comme ici, régulièrement un second rôle. Quant à Ulli Lommel, il est surtout connu et fut loué en son temps pour "La Tendresse des loups" (1973), produit par Rainer Werner Fassbinder pour lequel il joue parfois (Le monde sur le fil). Il entame ensuite une carrière américaine avec des titres tels que Spectre ou The Devonsville Terror , plus ceux cités avant.

Duel à Las Vegas commence par quelques scènes sympathiques comme celle, en début de film, où la mère se fait attacher au réfrigérateur avant de se faire fourrer une banane (préalablement épluchée) dans la bouche par un gorille à moustache. Le ton est donné !

 

 

Le fameux sosie de Bogart, Robert Sacchi (The French SexMurders), plus Bogart que Bogart en homme de main de John Phillip Law, s'y voit même demander s'il a un problème d'identité. Quant à John Phillip Law, complètement hors-jeu de prime abord et qui semble avoir pris un forfait téléphonique, il s'y montre excessivement autoritaire mais aussi excessivement paternel. Ses dialogues sont "autres" - on dira "différents" par respect pour les gens taxés d'anormalité - dès le début de bobine : "Je la briserai elle et ses sbires [...] elle pleurera des larmes de sang !".
Sobriété, quand tu nous tiens !

Mais c'est justement cet aspect, que l'on pourrait croire involontaire au début, qui fait une grande partie du charme de Cold Heat. Du coup, petit à petit, à force d'outrance, de caricature, de situations saugrenues et de personnages allumés, la sauce finit par prendre.
Pour l'anecdote, le jeu de l'acteur de Danger : Diabolik ! devient carrément jouissif (choc et culte) à l'heure de film quand, après avoir joué dix scènes quasi identiques, toujours dans la même pièce, suspendu au téléphone, il appelle sa femme pour entamer une négociation en dégainant de manière on ne peut plus sérieuse : "Tu sais à quel point je déteste téléphoner !". De son côté, Britt Ekland, dans le rôle de l'épouse, contraste par sa décontraction : l'art de s'en faire pour son gamin en adoptant la zen attitude...

 

 

Bercé par une musique qui sent bon les synthés et les rythmes aérobiques de la seconde moitié des années 80 ainsi que les riffs hard-rock aussi basiques que péteux, Cold Heat est une sorte de partie de ping-pong aux airs de thriller, la balle étant remplacée par un gamin. C'est le fameux Duel à Las Vegas du titre français qui renvoie au traumatique souvenir d'un "Kramer contre Kramer" en version tarée (et c'est tant mieux !), bien plus ludique que le bidule Oscarisé mettant en scène le drame palpitant d'un papa devant préparer un petit-déjeuner. Les clins d'oeil à gros sabots affluent ici et le gamin, tout content de vivre une telle aventure, s'exclame : "On se croirait dans Mad Max !". Faut dire qu'au volant de sa voiture, l'énergumène qui vient de le récupérer pour le ramener à sa mère est particulièrement gratiné. Mettre autant en danger l'enfant que l'on veut sauver relève du génie et d'une imagination fertile.
Pour ce qui est de leurs poursuivants, majoritairement des policiers, même en avion ils font preuve d'un humour par radio tellement bas de caisse et de plafond que l'ensemble finit contre toute attente par devenir contagieux. À titre préventif, il convient de souligner que la vision de ce Duel à Las Vegas, très régressif, souvent débilitant, coincé entre les mondes de Hal Needham, des "Grande casse" et des "Police Academy", peut vous atteindre de façon extrêmement sournoise. Vous voici prévenus !

 

 

L'absurdité décomplexée de Cold Heat, spectacle renversant (pour tout véhicule motorisé) et complètement barré, est à l'image de ce flic mort de faim, aux trousses des fuyards, lâchant comme une éjaculation extatique : "Le feu est la plus belle invention de l'homme !".
Duel à Las Vegas est sorti en VHS en France chez les éditeurs Magical Moments et ANCA qui annonçaient "Un film d'action où les avions volent plus bas que les voitures". Vous l'aurez compris à la lecture de ce petit compte-rendu : l'humour y vole encore plus bas que les avions ! Et ce n'est pas là une critique, la capacité à savoir être con est une forme d'art trop souvent dépréciée (je sais de quoi je parle). Une sorte de chef d'oeuvre incompris à sa manière (sa moyenne de 2,7/10 sur IMDb atteste de son immense valeur) dans lequel même la fin laisse une "drôle" d'impression.
Cold Heat est un film avec des vroum-vroum et des boum-boum... bref, un vrai coup de pot d'échappement filmique pour tous les Omega Man qui s'aventureraient par là !

 

 

Mallox

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