Mission finale
Titre original: Final Mission
Genre: Action
Année: 1984
Pays d'origine: Philippines / États-Unis
Réalisateur: Cirio H. Santiago
Casting:
Richard Young, Christine L. Tudor, Jason Ross, John Dresden, Karen Ericson, Kaz Garas...
Aka: Last Mission / Ultima missione
 

Au Laos, en 1972 - Un commando dirigé par Vince Deacon attaque un camp de Vietcongs. Il y trouve Slater, un Américain passé a l'ennemi, qu'il laissera sur place. Aujourd'hui, Deacon fait partie du SWAT de Los Angeles. Lors d'un assaut contre un gang, Vince passe à la télévision. Peu de temps après, un groupe d'individus attaque sa maison.

 

 

Cirio H. Santiago (1936-2008) est un prolifique producteur/réalisateur/scénariste philippin dont la notoriété a largement dépassé les frontières de son pays, en grande partie grâce à sa collaboration avec Roger Corman. Durant les années septante, le duo a pu affiner leur association : Corman fournit les dollars, la distribution, le scénario, quelques acteurs occidentaux (Peter Fonda, Pam Grier...) et parfois un réalisateur. Santiago s'occupe de la logistique sur le terrain (aide de l'armée), des repérages et du recrutement de la main d'œuvre locale (évidemment bon marché !) et accessoirement réalise quelques films (TNT Jackson, Savage, The Muthers, Attaque à Main Nues, Vampire Hookers...).
Sa particularité : mettre souvent en scène des femmes, des nains ou des héros afro-américains. Durant les années 80, c'est la ruée vers l'or, les studios philippins tournent à plein régime, aidés par le dictateur Marcos et son armée. C'est l'époque des sous-Rambo et des pseudo Mad Max ; Santiago n'est pas le dernier à réagir et se lance à bras raccourcis sur les deux genres, le post-nuke (Stryker, Wheels of Fire, Equalizer 2000, Dune Warriors, The Sisterhood...) et le Rambo "light" (The Devastator, Eye of the Eagle, NAM Angels, Beyond the Call of Duty…). Santiago semble tellement inspiré qu'il en réalisera encore alors que les deux genres seront devenu obsolètes depuis longtemps !

 

 

Final Mission fait donc partie des premiers Vietsploitation réalisés par Santiago, en cette belle année 1983. L'inspiration vient le plus souvent de deux productions : "Rambo/First Blood" pour le vétéran, et "Apocalypse Now" pour l'assaut des hélicoptères. Santiago joue également la carte de la diversité en ajoutant un soupçon de "Death Wish/Un Justicier dans la Ville".
Le film démarre comme pas mal de films du genre, avec l'attaque d'un village Viet. C'est là que notre héros, Vince (Richard Young), tombe sur un compatriote qui est passé à l'ennemi. Une fois neutralisé et capturé, Vince décide de laisser le traître aux mains des militaires locaux. Des années plus tard, on retrouve le même Vince au sein de la SWAT. Une intervention musclée et un passage télé vont faire basculer le destin de Vince, qui ne se doute pas que son vieux copain est revenu du Vietnam et semble encore lui tenir rigueur de l'avoir laissé sur place. Au point d'envoyer une bande lui faire la peau chez lui ! Évidemment, cela ne se passe pas comme prévu, et après avoir exterminé la plupart de ses assaillants, le policier doit s'en aller prendre un peu de repos avec sa famille. Pas la peine de vous faire un dessin, le fils et la femme du héros ne verront pas le mot FIN. Devenu veuf par la force du destin, Vince part en chasse et atterrit dans une paisible bourgade (Pinesville), dirigée par le shérif Warren qui n'est autre que le frère du méchant. Tout est prêt pour le dernier acte, qui va s'avérer très champêtre et destructeur, alors que notre héros va se laisser entraîner dans une spirale meurtrière qui va l'amener à un final radical !

 

 

Santiago n'a jamais fait preuve d'un talent transcendant mais il peut compter sur une générosité sans bornes (malgré ses budgets réduits) et un professionnalisme reconnu. Le film aligne les scènes d'action avec la régularité d'un coucou suisse (ou philippin). Bien sûr, le script ne contient pas une once d'originalité, mais Santiago a justement basé sa carrière sur le recyclage rectificatif, en reprenant les gros succès du moment pour les assaisonner à son goût. Ainsi, au fil de ses adaptations, Santiago s'est bâti un monde parallèle dans lequel tout est permis, ou presque. Comme à son habitude, le réalisateur réussit à engager un acteur américain. Cette fois, il s'agit de Richard Young, acteur de télévision (Flamingo Road !), qui joua dans "Indiana Jones et la dernière Croisade", interpréta un sous Terminator dans "Assassin" face à Robert Conrad et fut un éphémère et oublié SAS. L'acteur nous offre carrément sa meilleure prestation, et donne à son personnage un côté insipide qui colle parfaitement au script. Face à lui, dans le rôle du shérif, Kas Garas (lui aussi acteur de télévision), qui alterne séries télé (L'Amour du risque, Wonder Woman, L'Agence tous risques...) et films aussi divers que variés avec pas mal de Santiago (Naked Vengeance, The Destructor, Fast Gun...).

 

 

Un héros qui s'enfonce dans sa folie guerrière au fur et à mesure de sa vendetta et des victimes qui s'accumulent, un shérif qui défend son frère coûte que coûte en sachant que celui-ci est une parfaite ordure, la femme du héros qui se retrouve nue avec un revolver pendant l'assaut de sa maison... pas de doutes, on est bien chez Santiago. Détournant les stéréotypes d'usage, il liquide un maximum de figurants, sauf qu'on est plus au Vietnam mais dans une Amérique profonde fantasmée par le réalisateur (chez Santiago, on trouve un marchand d'armes n'importe où !).
Le réalisateur ose tout et signe sûrement son meilleur film. Gros succès en salles en Allemagne, idem en vidéo aux États-Unis, le film est devenu un exemple de la rentabilité des petits budgets. Pas besoin d'avoir de grandes idées, il suffit de recycler de manière surprenante ou salace. C'est vrai que Santiago aurait dû en rester là, mais le bougre est un boulimique de la pellicule et il ne cessera jamais de refaire les mêmes films, ce qui aura pour effet de noyer cette petite production dans le tsunami de sa filmographie. Un film pourtant à voir et revoir, ne serait-ce que pour le côté nostalgique et régressif de la chose !

 

 

 

The Omega Man

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