Night God Screamed, The
Genre: Horreur , Thriller
Année: 1971
Pays d'origine: États-Unis
Réalisateur: Lee Madden
Casting:
Jeanne Crain, Daniel Spelling, Alex Nicol, Michael Sugich, Barbara Hancock, Gary Morgan...
 

Le prologue voit un baptême d'une bien étrange nature s'opérer au coeur de la campagne. Billy Joe, le gourou mi-Jesus mi-Manson d'un groupuscule de fanatiques religieux hippies ordonne à l'un de ses lieutenants en soutane de noyer une disciple, accusée d'offenser le Seigneur. Billy Joe et sa clique n'en resteront certainement pas là. Une nuit, au coeur d'une église de fortune, ils crucifient sur une croix grandeur nature le révérend des lieux puis dérobent l'argent de la quête. Fanny (Jeanne Crain), l'épouse du révérend assiste à la scène de cauchemar. Sa place de témoin oculaire dans cette sordide affaire lui permet lorsque le procès s'ouvre d'envoyer à perpèt' les assassins de son mari, Billy Joe en tête. Mais ce dernier, à la tombée du verdict pète un boulard puis menace la veuve : "Vengeance est mienne" promet-il. La violence de ces propos affecte par la suite la santé mentale de Fanny qui, outre une poussée de paranoïa, se met à entendre des voix répétant sans cesse "Tuer ! Tuer !". L'un de ses proches amis, juge de profession, lui propose alors de se changer les idées en lui confiant une tâche de baby-sitting dans sa demeure huppée le temps d'un week-end. La voici chargée de garder les quatre moutards du juge, tous approchant leur majorité (bien qu'ils paraissent avoir la trentaine) et tous indisposés à l'idée de se faire chaperonner par Fanny. Au cours de la première soirée, la sonnerie du téléphone retentit. Au bout du fil, une voix glaçante, laissant échapper les paroles tant redoutées par la maîtresse de maison : "Vengeance est mienne", tandis qu'au dehors, des ombres rôdent autour de la propriété. Les mystérieux visiteurs, semble-t-il déterminés à éliminer Fanny prennent alors d'assaut la maison.

 

 

Bien malin Lee Madden qui, à force de brouiller les pistes et de changer la trajectoire de son film, finit par accoucher avec The Night God Screamed d'un véritable exercice de style dans la terreur. C'est qu'il aime la mener en bateau son audience le Lee, lui laissant penser dans un premier temps nager dans les eaux d'une énième bande exploitant les méfaits dégueulasses de Manson et sa bande de pieds crasseux, comme ce fut le cas par exemple avec "Le messie du mal" / "Sweet Savior" (Bob Roberts - 1972) ou "Snuff" (Michael & Roberta Findlay – 1976) pour ne citer qu'eux. Flirtant un peu aussi avec le filon satanique (messes détournées & processions en robe de bure) et à l'extrême rigueur avec le film de bikers (Billy Joe et ses zouaves se déplacent en bécane), le film mue brusquement dans sa seconde moitié en survival, en huis clos, en film de siège. Tout cela à la fois. Avec aussi un détour notable dans l'horreur psychologique et la comédie musicale (bon, ça j'avoue, c'est juste pour évaluer votre niveau de gobage de bobards). Tout comme dans le récent Ils du duo Moreau/Palud, la menace fondant sur les protagonistes assiégés relève quasiment de l'indicible, quelque part tapie dans les ténèbres, ne se résumant qu'à des formes passant en coup de vent dans le champ de la caméra. Une volonté d'en montrer le moins possible, renforçant par là même la tension distillée dans l'air, si vous voulez mon avis. Et comme dans Ils, il faudra attendre les cinq dernières minutes pour qu'éclate la vérité inenvisageable.

 

 

Reste qu'à mon sens, si je puis m'autoriser un petit aparté, le suspense chez Palud et Moreau pâtit d'une réalisation plutôt médiocre et d'acteurs pas toujours convaincants. Un reproche ne s'appliquant toutefois pas à Jeanne Crain qui, dans The Night God Screamed livre un portrait sans anicroche ni excès d'une femme tourmentée, psychologiquement amoindrie mais qui saura néanmoins se montrer courageuse en luttant jusqu'au bout contre ses exécuteurs. Starlette d'Hollywood assez prolifique dans les années 40, elle fréquentera Cinecitta au début des années 60 le temps de quelques films d'aventures historiques comme Par le fer et par le feu où elle croisera notre Pierre Brice national. D'autres visages plus ou moins connus au sein du casting font tilter le bissophile . C'est le cas d'Alex Nicol, dans le rôle du mari au sort peu enviable de Fanny, autrefois tête d'affiche dans l'étrange western de José Luis Borau et Mario Caiano "Et pour un whisky de plus" où il campait un pistolero gravement alcoolo. On se souvient aussi de lui au générique de l'incroyablement crétin "Ape" de Paul Leder. Quant à Gary Morgan, interprétant l'un des enfants du juge, on l'a déjà croisé en hippie ultra-violent dans "The peacekillers" (Douglas Schwartz - 1971) où captif de l'imposante mégalopole de L'âge de cristal. Lee Madden, lui, débuta sa carrière en signant deux films de bikers dont "Angels unchained" avec le génial Don Stroud puis trempera à nouveau dans l'horreur en 78 avec "Night creature" ("Les yeux de la jungle" par chez nous), aventure surnaturelle dans la jungle avec Donald Pleasence.

 

 

Sans trop prendre de risque, je dirais que The Night God Screamed apparaît comme sa meilleure oeuvre, encore faut-il se la procurer et là, inédit DVD partout dans le monde n'ayant jamais foulé le sol français oblige, pas d'autre alternative que de se tourner vers les sites de bootleg américains spécialisés dans la rareté pour espérer en dégotter une copie pas trop chéros.
Mais le film et sa fin surprenante en valent la chandelle.


Throma

Vote:
 
0/10 ( 0 Votes )
Clics: 976
0

Autres films Au hasard...